Les citoyens engagés font un travail formidable. Des engagements pour lesquels ils consacrent de nombreuses heures, et dont on n'entend pas beaucoup parler. L'un d'eux, en particulier, a été sous le feu des projecteurs cette année – et a accompli un travail presque surhumain: lorsque le village valaisan de Blatten a été enseveli sous les décombres, le maire de la commune Matthias Bellwald est intervenu jour et nuit. Toujours calme, toujours compétent. Il est le grand gagnant politique de 2025.
Il est sorti de l'ombre. Le conseiller fédéral UDC Guy Parmelin est longtemps resté discret. Sans être une figure marquante du gouvernement fédéral, il n'a pas non plus particulièrement brillé. En 2025, l'image du vigneron vaudois a pourtant radicalement changé: il a rapproché la Suisse d'un accord tarifaire avec les Etats-Unis, notamment grâce à des méthodes peu conventionnelles comme l'implication d'un groupe de milliardaires baptisé «Team Switzerland».
En Suisse, les hauts fonctionnaires passent souvent sous le radar. Mais lorsque le président américain Donald Trump a fait tomber le marteau tarifaire, l'état d'urgence a également régné à Berne. Entre-temps, une grande partie des Suisses connaît le nom d'Helene Budliger Artieda, la secrétaire d'Etat à l'économie de Parmelin. Elle a les pieds sur terre et négocie apparemment avec habileté. Outre l'accord douanier, elle a également fait avancer les accords de libre-échange.
Les critiques ont fusé lorsque quelques milliardaires suisses ont rendu visite à Trump à la Maison-Blanche, les bras chargés de cadeaux somptueux, afin que le président revoie ses taxes douanières à la baisse. Pourtant, force est de constater que cette rencontre a marqué un tournant. Alors que les autres participants sont restés discrets sur le sujet, Alfred Gantner, copropriétaire du Groupe Partners, s'est montré plus loquace. Et il a marqué des points. Gantner est considéré comme l'artisan de cette avancée. Il entend poursuivre son engagement dans la vie politique suisse, notamment à travers son initiative Compass, critique à l'égard de l'UE.
Martin qui? Au début, il était quasiment inconnu. Martin Pfister, homme politique centriste originaire de Zoug, a été élu à la surprise générale au Conseil fédéral en 2025, sans jamais avoir fait de politique à Berne. Il s'est pourtant imposé avec discrétion et pragmatisme, sans aucune ostentation. Sans doute aussi parce que personne au Parlement fédéral n'avait de comptes à régler avec lui. Il doit désormais remettre de l'ordre au ministère de la Défense.
Elles ont fait partie des perdants en 2025 – et figurent toutefois parmi les gagnantes. Noémie Roten était le visage de l'initiative sur le service citoyen, alors que la cheffe de la Jeunesse socialiste Mirjam Hostetmann a marqué l'initiative pour l'avenir concernant l'impôt sur les successions. Toutes deux ont essuyé un échec aux urnes. Mais la première a suscité un large débat sur la pertinence du système des milices, et la seconde a orchestré une lutte des classes habilement médiatisée, donnant du fil à retordre aux chefs d'entreprise suisses. Une chose est sûre: on entendra probablement encore parler d'elles sur la scène politique.
Coup de maître de la légende de la radio, Roger Schawinski: il a une fois de plus fait ses preuves. Le patron de Radio 1 a remporté la bataille politique contre l’arrêt de la diffusion FM. Grâce à un lobbying acharné, il a convaincu le Parlement et infligé une défaite significative à la SRG (Société suisse de radiodiffusion). «Le bon sens a triomphé!», a-t-il ensuite commenté.
Elle incarne les soldats de l'armée suisse. Cécile Klusák est corédactrice en chef du magazine «Schweizer Soldat» (Soldat suisse) et elle-même fantassin. Lorsque l'armée est critiquée, elle prend la parole. Publiquement, elle a défendu les troupes et appelé le Parlement à agir: «L'armée est dans un état merdique, et c'est volontaire!»
Pendant des décennies, toutes les tentatives d'abolir la valeur locative ont été vaines. En 2025, c'est chose faite: les Suisses ont massivement approuvé la fin de cet impôt mal-aimé. L'un des principaux artisans de ce changement (et gestionnaire d'un important budget de campagne) est Gregor Rutz, président de l'Association suisse des propriétaires. En 2026, le conseiller national UDC sera de nouveau fortement impliqué dans un vote majeur et sera fréquemment présent sur la scène publique. Il milite notamment pour une initiative visant à réduire de moitié le financement de la SRB (Société suisse de radiodiffusion). Selon les premières projections, un «oui» n'est plus à exclure.