Reprise des frappes
L'Iran a fait cette énorme erreur (et Trump en profite)

La reprise des frappes américaines sur l'Iran répond officiellement aux tirs de Téhéran sur des navires marchands. Mais le régime iranien paie une autre erreur: avoir mobilisé les foules pour les funérailles de son Guide suprême.
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Les funérailles du Guide Suprême Ali Khamenei ont donné à Trump une occasion de riposter.
Photo: AP Photo/Hadi Mizban

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Donald Trump a ordonné de nouvelles frappes américano-israéliennes sur l'Iran.
  • Le président américain a justifié ses frappes par les attaques iraniennes contre des navires marchands dans le détroit d'Ormuz.
  • Son objectif : réaffirmer sa puissance en plein sommet de l'OTAN à Ankara, alors que le cours du pétrole reste très bas.
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Il ne faut jamais provoquer Donald Trump. Jamais. A chaque fois que le président des Etats-Unis trouve en face de lui une résistance, il s’emploie à la faire taire par tous les moyens. Les Européens le savent au sommet de l’OTAN à Ankara qui se tient ce mercredi 8 juillet, où l’Espagne est à nouveau dans le collimateur du locataire de la Maison Blanche. Et les Iraniens viennent de l’apprendre à leurs dépens alors que s’achèvent, à Mashhad (nord-est du pays), les funérailles nationales du Guide suprême Ali Khamenei, tué par les premières frappes américano-israéliennes sur Téhéran, le 28 février.

Pourquoi l’Iran a commis cette erreur? Et quelle est, derrière le motif officiel d’une riposte aux attaques iraniennes contre des navires marchands naviguant dans le détroit d’Ormuz près des côtes omanaises, la raison de l’avalanche de frappes américaines cette nuit dernière? La réponse tient en trois images. Et toutes proviennent des obsèques de Khamenei, dont le successeur au siège de Guide suprême de la révolution islamique, son propre fils Mojtaba Khamenei, n’est toujours pas apparu.

Ahmad Vahidi, la cible

La première image date du dimanche 5 juillet. Elle montre le chef des forces armées des Gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, en train de s’adresser à la foule à Téhéran. Vahidi, qui se cachait jusque-là pour ne pas être ciblé, a pris un énorme risque: celui de se montrer entouré de ses gardes. L’occasion, pour les services de renseignement israéliens et américains, de scanner tous les visages de son entourage, et d’entamer un énorme travail de recoupement pour parvenir à le localiser.

Pourquoi? Parce que Vahidi a d’emblée mis la pression sur le négociateur en chef iranien Mohammed Ghabibaf, le président du Parlement qui était présent au Bürgenstock, en Suisse. Vahidi ne veut pas d’un accord. Israël et les Etats-Unis ont donc besoin d’une nouvelle séquence d’affrontements pour l’éliminer.

La deuxième image date du lendemain, lundi 6 juillet. Une foule immense est alors mobilisée à Téhéran pour les obsèques du Guide, avant que la dépouille de celui-ci parte vers la ville sainte de Qom, puis fasse une escale à Nadjaf, en Irak. Ce jour-là, le nom de Trump est insulté. Son portrait est lapidé. Les États-Unis sont à nouveau l’objet d’une colère populaire instrumentalisée.

Le résultat: cela a rendu furieux le locataire de la Maison Blanche qui avait dit, quelques heures plus tôt, avoir laissé les Iraniens organiser ces funérailles car «les Américains sont des gens sympas». Cet affront populaire, retransmis par les chaînes de télévision aux Etats-Unis, est la preuve de sa double défaite. Défaite militaire puisque le régime iranien continue de l’insulter. Défaite morale puisque le peuple iranien, le vrai, celui qui n’assistait pas aux funérailles, est toujours asservi par le régime. Là aussi, il fallait frapper pour laver cet affront.

Mojtaba Khamenei, l’absent

Troisième image: celle du cercueil du Guide suprême transporté ce mercredi 8 juillet à Mashhad, sa ville natale. Ce jour-là, son fils Mojtaba aurait dû apparaître. Or il est resté absent. Le moment est donc propice pour rappeler au régime que la fiction de sa nomination ne tient pas. L’homme a été gravement blessé aux côtés de son père le 28 février. Il est peut-être mort. Il faut donc exploiter la situation pour acculer le régime iranien et les Gardiens de la Révolution. Le moment est opportun pour reprendre les frappes sur les installations militaires de la République islamique.

Ormuz, l’enjeu

Trois images et un risque d’escalade majeur car rien n’est réglé, loin s’en faut. Pas de progrès sur le règlement de la question nucléaire militaire iranienne. La volonté intacte de Téhéran d’instaurer un péage sur le détroit d’Ormuz. Le choix des Gardiens de la Révolution de s’en prendre à des navires marchands dans les eaux du sultanat d’Oman.

Pour toutes ces raisons, Donald Trump a souhaité repasser à l’action en bombardant et en rétablissant les sanctions sur le pétrole, pile au moment du sommet de l’OTAN. Cela lui permet, face à ses alliés européens, de réaffirmer sa puissance. Le cours du pétrole, autour de 72 dollars, est assez bas pour que Trump frappe sans remettre en danger l’économie mondiale. La moralité: Trump ne veut pas reprendre la guerre, mais il ne veut pas que son échec soit mis en scène. Ne pas le provoquer reste la règle. Y compris pour l’Iran.

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