Sommet à Ankara
Le chef de l'OTAN tente de rassurer les alliés secoués par les attaques de Trump

Malgré ses critiques envers l’OTAN, Donald Trump a été encensé par le secrétaire général Mark Rutte à Ankara. Les tensions persistent avec les Européens, tandis que l’Ukraine appelle à son intégration dans l’alliance transatlantique.
Mark Rutte a montré sa reconnaissance envers Trump pour son engagement au sein de l'OTAN.
Photo: IMAGO/Anadolu Agency
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AFP Agence France-Presse

Le chef de l'OTAN s'est efforcé mercredi de rassurer sur l'engagement américain au sein de l'Alliance, au moment où les alliés européens attendent, inquiets, l'entrée en scène de Donald Trump au deuxième jour d'un sommet sous tenson à Ankara.

Quelle en sera la tonalité? Conciliante comme en 2025 à La Haye où il avait célébré un «succès monumental» après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité? Grinçante, voire franchement menaçante, comme au cours des derniers mois où il a fustigé l'absence de soutien des Européens dans son opération militaire contre l'Iran?

Le président américain Donald Trump a toutefois affirmé à ses alliés européens que les Etats-Unis entendaient rester avec eux dans l'OTAN, lors de la séance plénière du sommet d'Ankara mercredi, selon une source ayant participé à cette réunion. «Nous voulons rester avec vous», a déclaré le président américain, cité par cette source, ayant requis l'anonymat.

Trump couvert de louanges

Interrogé sur les critiques répétées, y compris mardi à Ankara, de Donald Trump contre l'Alliance, son secrétaire général Mark Rutte a, comme à son habitude, écarté mercredi l'idée que cela mettait en danger cette dernière. «Il y a un engagement complet» des Etats-Unis au sein de l'Alliance, a-t-il martelé, louant le rôle joué par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.

«Soyons honnêtes: le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens (à dépenser plus) a vraiment aidé», a-t-il avancé. «C'est une grande victoire pour le président américain», a-t-il ajouté, dans une formule qui devrait être douce aux oreilles du locataire de la Maison Blanche.

Au programme mercredi pour Donald Trump: la traditionnelle photo de famille avec les 32 dirigeants des pays de l'Alliance, une brève séance de travail, et une rencontre très attendue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

A son arrivée dans la capitale turque mardi après-midi, Donald Trump a dit beaucoup de bien de son hôte, le président turc Recep Tayyip Erdogan, et un peu de mal de ses alliés européens, accusés de ne pas avoir répondu présents lors de l'offensive américaine en Iran.

«J'ai été très déçu par l'OTAN», a-t-il lancé, laissant entendre que si le rassemblement n'avait pas été organisé en Turquie par son «ami», il n'aurait même pas pris la peine de traverser l'Atlantique.

Tête-à-tête avec Zelensky

Sur l'Ukraine, la tête-à-tête du président américain avec son homologue ukrainien sera scruté avec attention, quelques jours après une «très bonne conversation» avec le président russe Vladimir Poutine. «Je pense qu'ils veulent tous les deux conclure un accord», a-t-il affirmé mardi, comme il l'avait déjà fait par le passé.

En l'absence d'indications tangibles en ce sens, les Européens veulent pour l'heure réaffirmer leur engagement derrière Kiev. Ils vont s'engager, avec le Canada, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, dont 30 milliards pour chacune de ces deux années, déjà prêtés à Kiev par l'Union européenne.

Conscient que les portes de l'Alliance étaient, pour l'heure, fermées à son pays en raison notamment de l'opposition américaine, Volodymyr Zelensky a cependant rappelé à son arrivée à Ankara la spectaculaire progression de l'Ukraine en matière de défense. «Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense?», a-t-il lancé.

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