Le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, dont les funérailles nationales débutent samedi, a incarné durant quatre décennies l'un des visages les plus connus de la République islamique instaurée en 1979. Voici les moments les plus marquants de sa vie.
Jeunesse
Khamenei est né le 19 avril 1939 à Machhad (nord-est de l'Iran), où il a demandé dans son testament à être inhumé. Il a suivi dans cette ville sainte des séminaires religieux avant de poursuivre sa formation en Irak à Najaf, puis de revenir en Iran à Qom, autre ville sainte de l'islam chiite.
Révolution
Khamenei est emprisonné à de nombreuses reprises dans les années 1960 et 70 pour son activisme contre le chah Reza Pahlavi, soutenu par les Etats-Unis. Il rencontre dès les années 50 l'ayatollah Rouhollah Khomeini, qui deviendra en 1979 le fondateur de la République islamique après la révolution qui renversera la monarchie.
Présidence
Khamenei devient le troisième président de l'Iran entre 1981 et 1989, en pleine guerre contre l'Irak. En juin 1981, avant son accession à la présidence, il survit à un attentat à la bombe revendiqué par des opposants, les Moudjahidine du peuple, après l'explosion d'un magnétophone piégé pendant un discours.
Guide suprême
Après la mort de Khomeini le 3 juin 1989, Khamenei est désigné guide suprême par l'Assemblée des Experts, l'institution chargée de cette procédure. N'étant pas «marja», ou grand ayatollah avec une haute autorité religieuse, Khamenei accède à la fonction suprême grâce à un amendement de la Constitution.
Contestations
Les trois décennies de pouvoir de Khamenei sont marquées par des crises et tensions internationales mais aussi des vagues de contestations durement réprimées. En 2009, le «Mouvement vert» représente le premier défi majeur à son autorité lorsque des manifestants accusent le vainqueur de l'élection présidentielle, Mahmoud Ahmadinejad, d'avoir truqué le scrutin.
Dix ans plus tard, l'Iran connaît de nouvelles manifestations après une forte hausse du prix du carburant décidée par les autorités. Des centaines de personnes sont tuées et, pour la première fois, une coupure totale d'internet est imposée. En 2022, le mouvement «Femmes, Vie, Liberté» éclate après la mort en détention de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendument enfreint le strict code vestimentaire en vigueur.
Ces manifestations sanglantes, qui durent plusieurs mois, constituent l'un des plus grands défis pour la République islamique. Khamenei y voit «un complot» de l'étranger. En décembre 2025, un mouvement de contestation lié à la hausse des prix atteint son paroxysme en janvier avec la mort, selon les autorités, de plus de 3.000 personnes, y compris des forces de sécurité. Khamenei dénonce un «coup d'Etat».
Nucléaire
Après 12 ans de tensions avec les Occidentaux autour du programme nucléaire iranien, l'Iran conclut un accord historique avec les grandes puissances, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Union européenne.
Aux termes de cet accord, l'Iran accepte des restrictions sur ses activités nucléaires en échange d'un allègement des sanctions internationales. L'accord vole en éclats en 2018 lorsque le président américain Donald Trump, durant son premier mandat, retire Washington de l'accord et rétablit les sanctions contre Téhéran.
Qassem Soleimani
En janvier 2020, Donald Trump ordonne une frappe en Irak contre Qassem Soleimani, puissant et charismatique commandant de la Force Qods, la branche extérieure des Gardiens de la Révolution. Khamenei apparaît en larmes à ses funérailles.
Guerres
Ennemis jurés depuis des décennies, la République islamique et Israël entrent en guerre directe pour la première fois en juin 2025, après des frappes israélo-américaines, en pleines négociations sur le nucléaire. Un cessez-le-feu entre en vigueur après 12 jours.
Le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël frappent de nouveau l'Iran et visent à Téhéran le complexe où vit Khamenei. Il décède à 86 ans et son fils Mojtaba lui succède pour devenir guide suprême.