L'unique représentant de la droite à la Municipalité de Lausanne sera-t-il rejoint par d'autres? Le PLR s'accroche au siège obtenu par Pierre-Antoine Hildbrand en 2016… et espère en décrocher deux autres lors des élections à venir le 8 mars prochain.
Drogue, police, chantiers et commerçants mécontents: L’heure des élections approche à Lausanne, et la Municipalité a des dossiers chauds plein les bras. Ces dernières années, le collège actuel – six élus de gauche (3 PS, 2 Vert-e-s, 1 POP) pour un PLR – a essuyé nombre de critiques venues de tous bords. Face à l’immobilisme, certains se demandent s’il ne faudrait pas du sang neuf et des idées nouvelles.
Un élément pourrait changer la donne: le passage au bulletin unique. Depuis cette campagne, les électeurs et les électrices ne votent plus pour une liste complète mais doivent cocher les noms soutenus individuellement (7 choix). Une situation qui met à risque le siège obtenu grâce à l’alliance de gauche par le POP. Des formations du centre et de la droite de l’échiquier politique espèrent en profiter.
A cinq semaines du premier tour (le 8 mars), Blick publie sa série d’interviews de candidates et de candidats à l’exécutif du chef-lieu vaudois. De gauche à droite de l’échiquier politique, nous avons isolé cinq profils qui espèrent insuffler un vent de fraîcheur à Lausanne… et qui ont des chances de récolter des voix.
Dans l’ordre du tirage au sort des listes, nous avons commencé la semaine dernière par la Vert’libérale Virginie Cavalli. Viennent ensuite Guillaume Matthey chez Ensemble à Gauche, puis Valentin Christe pour l'UDC et Mathilde Maillard côté PLR. Enfin, nous terminerons une semaine avant le premier tour par un représentant de l’alliance de gauche (PS/Vert-e-s/POP).
Drogue, police, chantiers et commerçants mécontents: L’heure des élections approche à Lausanne, et la Municipalité a des dossiers chauds plein les bras. Ces dernières années, le collège actuel – six élus de gauche (3 PS, 2 Vert-e-s, 1 POP) pour un PLR – a essuyé nombre de critiques venues de tous bords. Face à l’immobilisme, certains se demandent s’il ne faudrait pas du sang neuf et des idées nouvelles.
Un élément pourrait changer la donne: le passage au bulletin unique. Depuis cette campagne, les électeurs et les électrices ne votent plus pour une liste complète mais doivent cocher les noms soutenus individuellement (7 choix). Une situation qui met à risque le siège obtenu grâce à l’alliance de gauche par le POP. Des formations du centre et de la droite de l’échiquier politique espèrent en profiter.
A cinq semaines du premier tour (le 8 mars), Blick publie sa série d’interviews de candidates et de candidats à l’exécutif du chef-lieu vaudois. De gauche à droite de l’échiquier politique, nous avons isolé cinq profils qui espèrent insuffler un vent de fraîcheur à Lausanne… et qui ont des chances de récolter des voix.
Dans l’ordre du tirage au sort des listes, nous avons commencé la semaine dernière par la Vert’libérale Virginie Cavalli. Viennent ensuite Guillaume Matthey chez Ensemble à Gauche, puis Valentin Christe pour l'UDC et Mathilde Maillard côté PLR. Enfin, nous terminerons une semaine avant le premier tour par un représentant de l’alliance de gauche (PS/Vert-e-s/POP).
Mais pour ce 4e épisode de nos interviews de campagne dans le chef-lieu vaudois, intéressons-nous à la plus jeune des trois libéraux-radicaux qui se présentent: la conseillère communale de 32 ans Mathilde Maillard.
Rares sont les jeunes engagés qui se tournent vers le PLR à 20 ans, l'avocate est de ceux-ci. Pour celle qui ne jure que par le pragmatisme, c'est souvent dans un rire que se cache une critique acerbe de la majorité de gauche aux commandes de sa ville.
Mathilde Maillard, beaucoup estiment que le PLR se droitise lors de cette campagne. Qu’est-ce qui vous différencie de l’UDC?
Notre force au PLR, c’est une approche du terrain communal très pragmatique. C’est un peu faux de dire que le PLR se droitise. C’est vrai qu’on parle beaucoup de sécurité lors de cette campagne, un enjeu majeur pour notre ville. Mais on n’a pas attendu ni les élections, ni l’UDC, pour se positionner sur la question.
Sur la répression du deal et de la consommation de drogue, le PLR ne drague pas à sa droite?
L’ajout des critères d’accessibilité à l’Espace de consommation (ECS) est en réalité une mesure phare du PLR, que j’ai longtemps portée au Conseil communal. On reste tout à fait conscient qu’on ne peut pas fermer le local d’injection d’un coup. Cela reporterait les problèmes dans la rue. Une situation comme celle-ci ne se résout pas à coups de slogans. Notre démarche de terrain est évolutive, c’est ce qui nous différencie à la fois de la gauche, très idéologique, et de l’UDC.
Reste que la décision de la Municipalité de réserver aux seuls Vaudois cet espace de consommation (ECS) vous a convaincus…
On a apprécié à moitié. Ce qu’on voulait, c’était réserver ce lieu seulement aux Lausannois. Disons aux habitants du Grand Lausanne, si on reste pragmatique. A titre personnel, je suis assez favorable à la mise en œuvre concrète des quatre piliers, ce qui implique aussi la réduction des risques. Depuis que je m’engage au PLR Lausanne, j’ai toujours soutenu ce type de dispositifs. Malheureusement, il a été mal fait à Lausanne, par notre chère Municipalité de gauche. L’ECS a créé un appel d’air et c’est là-dessus qu’on veut travailler. On s’est battu pour faire entendre raison à la gauche majoritaire, maintenant il faut appliquer ces critères d’accès.
Et au-delà du local de consommation, que proposez-vous?
Les mesures qui visent à mettre des policiers 24 heures sur 24 dans l’hypercentre étaient nécessaires. Maintenant, ce n’est pas une solution à long terme. Il faut résoudre ce problème à sa source, par la répression ferme du trafic. Par exemple à la Rue de Genève 85 et au Sleep-In de Renens. Il faut réaliser que la police arrive en bout de course pour gérer des situations d’urgence et des infractions. On ne peut pas se plaindre après coup qu’elle fait mal son travail, ce dont ne se prive pas la gauche. La police est sous pression parce qu’on a laissé la situation s’envenimer. La Riponne est devenue une zone de non-droit et de chaos, et notre police fait le maximum dans un contexte compliqué. La prévention a aussi un rôle à jouer, et je compte y travailler.
La Municipalité travaille justement à une large réforme de la police…
Il y a un énorme travail à faire sur une réforme, c’est une évidence. Mais si on veut qu’une réforme fonctionne, il faut qu’elle soit faite par et avec le corps de police. A l’heure actuelle, il faut à tout prix rétablir un dialogue entre policiers, représentants syndicaux et Municipalité. Les rapports montrent clairement des lacunes. Il en ressort un vrai besoin du corps de police de se sentir soutenu par les autorités politiques. On aimerait travailler là-dessus en renforçant la place du PLR à la Municipalité.
Municipal PLR, Pierre-Antoine Hildbrand a justement la charge de la Sécurité. Sur le timing des communications concernant la police et l’affaire des groupes WhatsApp racistes et discriminatoires, qu’auriez-vous fait différemment à sa place?
La position de la Municipalité et de notre parti – de condamner fermement les propos racistes, sexistes, antisémites et autres pénalement répréhensibles – est juste. Il y a un devoir d’exemplarité de la part des fonctionnaires, qui plus est s’ils sont détenteurs de la force publique. J’ai un reproche, que j’adresse à tout le collège municipal à majorité de gauche: c'est d’avoir précipité sa communication. Conséquence? Le syndic a dû faire le tour des médias pour faire son mea culpa et expliquer ce qu’il entend par «racisme systémique».
Pour vous, il n’y a pas de système favorisant des comportements discriminatoires?
Qu’il y ait des cas problématiques contre lesquels des procédures sont ouvertes, c’est une chose. Mais l’écrasante majorité des agents fait son travail de manière exemplaire, de jour comme de nuit. Le corps de police a manqué de soutien et la Municipalité a failli à sa responsabilité d’employeur. On n’a pas beaucoup entendu la gauche syndicaliste défendre les droits des travailleurs, sur ce coup-là. La crise de confiance, qu’agite la gauche, n’existe pas. Fort heureusement, les gens ont continué d’appeler la police quand ils se sentaient en danger ou étaient victimes d’infractions.
Le PLR insiste sur le sentiment d’insécurité. Est-ce que vous le vivez personnellement lorsque vous traversez Lausanne?
Comme beaucoup de Lausannois, et surtout de Lausannoises, j’ai été confrontée à des actes de violence. J’ai aussi subi des tentatives d’agression. Les chiffres montrent que Lausanne compte en 2024 le plus haut taux de délits violents du pays. Donc oui, il y a un climat d’insécurité. Après, bien entendu, ce n’est pas tous les jours. Quand je vais au travail le matin, je n’ai pas non plus l’impression d’être dans la banlieue nord de Marseille. Mais en habitant durant 10 ans près de la Riponne, j’ai vu la situation se dégrader. Des jeunes mamans et papas évitent le secteur. Je ne veux pas qu’on puisse être comparés à une ville en France, gangrenée par le narcotrafic et la violence.
Peut-être que les travaux n’ont pas aidé…
C’est clair que les travaux à répétition peuvent participer au manque de sérénité. Mais ils n’engendrent pas l’insécurité. Il faut aussi être conscient que les travaux, dans une ville qui se développe, c’est un mal nécessaire. A la Riponne, des travaux urgents devaient avoir lieu. Ce qui manque, par contre, c’est une vraie planification des chantiers sur 10 ans. A l’époque d’Olivier Français et de sa Direction des travaux, c’était mieux organisé. A la Riponne, il a fallu que les commerçants et les riverains se fassent entendre dans les médias pour faire avancer les choses sur la sécurité et sur l’éclairage public. Même lorsqu’il y a des imprévus, il faut un minimum de dialogue en amont avec les acteurs et la population concernés.
Est-ce que vous pensez vraiment que la majorité de gauche actuelle n’en a que faire de ses commerçants?
Je n’y suis pas, alors j’ai du mal à comprendre comment ils pensent. Je constate qu’il faut toujours attendre un point de rupture pour qu’ils commencent à écouter les représentants des commerces. Par exemple pour le tram, c’est la pression judiciaire des commerçants qui a finalement obligé la Municipalité à les écouter et dialoguer, et finalement à la levée des oppositions. C’est toujours pareil. On l’a encore vu récemment avec la campagne d’affichage «Stop! On en a marre», celle des mains rouges sur les commerces. Je m’engage à commencer par dialoguer avec les gens du terrain.
On a parlé des grands thèmes actuels de Lausanne. Est-ce qu’il y en a un autre que vous souhaitez mettre en avant?
Oui, et c’est aussi lié à l’attractivité de Lausanne. Nous sommes dans la ville vaudoise dans laquelle on paie le plus d’impôts. Cela porte atteinte au pouvoir d’achat de la classe moyenne. Et cela décourage des entreprises de venir s’installer à Lausanne. Au final, ça péjore l’attractivité économique de notre ville. Dans ma tranche d’âge, il y a une réalité qui me frappe. Dans mon entourage, beaucoup songent à fonder une famille ou à lancer une entreprise. Mais personne ne voit ces projets se faire à Lausanne. J’aimerais renverser cette idée qu’il faut fuir Lausanne.
Comment?
Cela passe par des baisses d’impôts, mais aussi par la suppression de toutes les taxes inutiles qu’on doit payer. Je cite souvent la taxe sur le divertissement. Comme catholique, j’aime blaguer sur ce sujet en disant qu’il n’y a que des protestants pour soutenir qu’il faut taxer le divertissement. Lausanne est aussi dans le top 5 des communes de Suisse qui taxent le plus l’électricité (ndlr: selon le décompte 2026 de la Commission fédérale de l’électricité ElCom). Et pour le logement, bien sûr qu’il faut travailler avec le secteur privé pour proposer des logements abordables à une partie de la population. Mais il faut aussi permettre à la classe moyenne d’acquérir un bien à Lausanne. Des gens quittent la ville parce qu’ils ne peuvent pas devenir propriétaires. Je le regrette amèrement.
Sur le plan politique, y a-t-il un risque pour l’unique siège PLR lors de ces élections?
Non, ce n’est pas du tout mon optique. On cherche clairement à conquérir trois sièges, pour rééquilibrer les forces politiques. Une partie de la population exprime son ras-le-bol. Il y a ce sentiment de ne pas être entendu par la gauche en place. On ne revendique pas non plus la majorité. On a lancé trois candidats, parce qu’on estime qu’avec trois PLR au sein de cette Municipalité, on peut changer l’orientation politique de la Ville, qui stagne depuis 20 ans. A un contre six, c’est impossible.
Au centre droit, la liste Vert’libéraux-Le Centre espère récupérer les voix les plus modérées. Est-ce que vous le craignez?
Pas vraiment. Je pense qu’on a la capacité de convaincre les électeurs qu’on sait conduire des projets ambitieux. On a démontré, dans la composition du Conseil communal actuel, qu’on est une force de proposition. Les urnes le diront. Mais aujourd’hui, on est la seule alternative à l’ultra-majorité de gauche. Avec un programme clair et des propositions concrètes.
Qu’est-ce qui vous donne un avantage sur vos deux colistiers PLR?
Je ne vais pas vous faire la liste de leurs défauts, ni des miens. Je suis heureuse de faire campagne à leurs côtés. A nous trois, on porte un projet commun pour cette ville. Mon engagement politique est entier, je pense l’avoir démontré durant la législature qui se termine au Conseil communal. J’ai envie de mettre cette énergie que j’ai au profit des Lausannois. J’ai une bonne capacité d’écoute et de dialogue. Avec la population et les acteurs de terrain, mais aussi avec tout l’échiquier politique. Mon tempérament fait que je ne baisse pas les bras, je continue jusqu’à convaincre. L’exemple qui le montre bien, c’est l’obtention de critères d’accès au local d’injection. J’ai tellement insisté, je crois qu’au bout d’un moment, Emilie Moeschler (ndlr: la Municipale socialiste chargée de l’ECS) n’en pouvait plus de moi!
Si la gauche écrase presque tout au premier tour, quelle serait votre stratégie pour le second tour?
On fera les comptes au soir du premier tour, et notre Assemblée générale décidera de la suite de la stratégie. Des retours que j’entends sur le terrain, je suis persuadée qu’un espoir de changement peut naître après le premier tour et que nous maintiendrons nos trois candidatures.