Agata, survivante de Crans-Montana, nous raconte son combat
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6 mois après le drame:Agata, survivante de Crans-Montana, nous raconte son combat

Peau de poisson et mobilité
Au CHUV, nous avons suivi les soins d'Agata, 16 ans, grande brûlée de Crans-Montana

Agata, 16 ans, grande brûlée de Crans-Montana, fait face à un défi colossal au CHUV. Grâce à des greffes innovantes et des efforts quotidiens, elle progresse vers une meilleure mobilité. Reportage à ses côtés.
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Avec son accord et celui de sa mère, Blick a suivi au CHUV le rendez-vous médical d'Agata, 16 ans, grande brûlée du Constellation.
Photo: Léo Michoud / Blick

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Agata, 16 ans, gravement brûlée sur 65% de son corps au Constellation il y a six mois, poursuit son traitement intensif à Lausanne, au CHUV.
  • Le Pr. Anthony de Buys Roessingh, spécialiste des grands brûlés, salue les résultats «étonnamment bons» des greffes, réalisées notamment avec de la peau de poisson.
  • La jeune Valaisanne suit un programme intensif incluant massages, vêtements de compression et soins spécifiques pour récupérer sa mobilité. La période est cruciale.
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Léo MichoudJournaliste Blick

Dans la petite salle du CHUV, à Lausanne, Agata est entourée par tout une armada de soignants: deux médecins, une infirmière, une ergothérapeute et un physiothérapeute. Sans compter la maman de l’adolescente et les deux journalistes de Blick. Cela fait du monde pour inspecter minutieusement chaque centimètre de peau brûlée dans l’incendie du Constellation, six mois plus tôt à Crans-Montana.

Comme tous les dix à quinze jours depuis qu’elle s’est réveillée d’un mois de coma et un parcours de réadaptation à la SUVA, la jeune Valaisanne de 16 ans est de retour à l’Hôpital des enfants du CHUV. Plus précisément au sein du Service de chirurgie de l’enfant et de l’adolescent – en plus d’un suivi quasi-quotidien, à domicile et en cabinet.

Gravement brûlée sur 65% de la surface de son corps, elle a souhaité partager l’évolution de son traitement, que ce soit sur son compte TikTok ou avec la presse. Avec l’accord de sa famille, nous l’avions rencontrée chez elle il y a quelques jours.

Le suivi des greffes en peau de poisson

Agata est l’une des 11 grands brûlés, dont 5 mineurs, traités depuis le début janvier et toujours suivis au CHUV. Comme d’autres, elle a reçu des greffes de peau de cabillaud pour soigner ses blessures et cicatriser au mieux. Objectif de ces consultations? Vérifier le développement des greffes, des cicatrices, de la mobilité et du moral de l’ado. Courageuse et rieuse, malgré la fatigue, les plaies qui grattent et des difficultés à dormir, elle envoie pique sur pique aux soignants qu’elle commence à bien connaître.

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Certaines jeunes victimes de Crans-Montana peinent encore à voir autant de monde d’un coup
Professeur Anthony de Buys Roessingh, chirurgien pédiatre au CHUV
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Entre «six seven», «Ciao Kombucha» et autres références à TikTok, Agata est loin d’être timide. Avec son physiothérapeute, elle évoque même les messages de drague qu’elle reçoit sur Snapchat. «Tous ne sont pas encore dans cet état d’esprit. Certaines jeunes victimes de Crans-Montana peinent encore à voir autant de monde d’un coup», nuance le chirurgien qui se tient devant elle.

Greffe «de très bonne qualité» selon son médecin

Le Professeur Anthony de Buys Roessingh, coordinateur de la filière grands brûlés du CHUV, est très positif devant les résultats de la méthode qu’il a implémentée dans l’hôpital vaudois. «Ce n’est pas mal du tout; la peau de la prise de greffe est de très bonne qualité, tout comme les greffes sur les bras et le dos, observe le médecin chef qui l’a personnellement opérée en janvier dernier. Ta peau est beaucoup moins rouge que ce à quoi on pourrait s’attendre. Cela pourrait être plus compliqué. J’ai l’impression que tu réagis très bien.»

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Si on ne fait rien, la peau devient rigide et le patient reste prisonnier de son propre corps
Professeur Anthony de Buys Roessingh, chirurgien pédiatre au CHUV
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Les cicatrices d’Agata restent en «phase active», détaille le chirurgien pédiatre. Jusqu’à 6 mois après leur fermeture, l'inflammation peut atteindre son pic. Cela fait autour de septembre, neuf mois après l'accident. «D'ici là, c’est la période primordiale pour s’assurer que l’enfant puisse récupérer sa mobilité, que sa peau reste souple et qu’elle récupère ses fonctions. Si on ne fait rien, la peau devient rigide et le patient reste prisonnier de son propre corps.»

Efforts au quotidien, malgré la chaleur

Heureusement, l’adolescente et sa famille ne lésinent pas sur les efforts pour aller mieux. Massages, crème, vêtements de compression ou encore masque conformateur, physiothérapie et ergothérapie: tout est fait pour aplatir et assainir les cicatrices d’Agata, afin qu’elle retrouve la meilleure mobilité possible. «La collaboration peut être compliquée avec les adolescents, confie le Professeur de Buys. Ils n’ont pas toujours envie de suivre nos conseils, ce qu’ils doivent faire pour aller mieux. Parfois, ils préfèrent dormir jusqu’à midi puis sortir faire la fête la nuit, lorsque leurs cicatrices ne sont pas visibles et négliger le traitement quotidien.»

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On a dû acheter une climatisation
Aleksandra, la maman d'Agata, voit sa fille souffrir des canicules
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Ce qui pèse sur le moral et le corps d’Agata, ces dernières semaines, c’est surtout la chaleur souvent caniculaire et la transpiration qui l’accompagne. Elle raconte s’être endormie en tenant dans ses bras un paquet de nuggets congelés… qui n’avaient pas bonne mine le lendemain. «On a dû acheter une climatisation», déplore sa maman. Le docteur lui explique qu’une fondation peut rembourser ce genre de besoins, dits «de confort».

Pour la même raison, Agata avoue n’avoir pas porté toutes les nuits ses appareils d’extension (attelles), qui mobilisent ses articulations. Sans s’en alarmer, l’équipe de soignants tente de lui faire comprendre qu’il est préférable de les mettre malgré tout. «Un des grands problèmes de la brûlure, c’est qu’en travaillant l’extension, vous perdez en flexion, et inversement. C’est un travail quotidien», expose le Pr. de Buys.

Vers des soins à Lavey et le retour à l'école

Dès la mi-juillet, Agata se rendra quotidiennement aux Bains de Lavey, qui offrent des soins dédiés aux grands brûlés, entre cures et douches adaptées. De quoi soulager ses irritations et continuer ce parcours de soins qui demande de l’endurance.

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Il est important de se laisser le temps pour revenir un minimum à soi-même
Agata, grande brûlée de Crans-Montana
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Elle reprendra son parcours scolaire en septembre et espère que son histoire puisse inspirer d'autres victimes de la tragédie et leurs proches. «Je dirais qu'il ne faut pas s'en vouloir à soi-même, ni aux autres, poursuit la jeune fille. L'incendie a été causé par un mauvais entretien du bar, et pas parce qu'on était au mauvais endroit au mauvais moment. Et aux filles qui sont dans mon cas, je dirais qu'il est important de se laisser le temps pour revenir un minimum à soi-même. Et que c'est toujours possible de revenir en mieux.»

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