La Région Lombardie a choisi lundi d'envoyer à la justice valaisanne, une requête en constitution de partie civile dans la procédure pénale ouverte à la suite de l'incendie de Crans-Montana. Sa défense juridique a été confiée à l'avocat tessinois Paolo Bernasconi.
Ancien professeur de droit pénal économique international à l'Université de Saint-Gall et chargé de cours à l'Université de Zurich, l'avocat tessinois (83 ans) est considéré comme un expert international en droit pénal économique, dans la lutte contre la corruption et la criminalité financière.
Des refus puis une acceptation
«Jusque-là, j'avais refusé, à plusieurs reprises, de représenter des familles de victimes, estimant que c'était davantage à mes confrères valaisans et romands de les défendre, notamment pour limiter les coûts», a expliqué mardi à Keystone-ATS Paolo Bernasconi.
«Après avoir apporté une aide d'urgence considérable, la Région Lombardie mérite une représentation juridique lui permettant de préserver non seulement ses intérêts financiers, mais aussi ses intérêts institutionnels, au-delà du cadre de la procédure pénale elle-même», poursuit le Luganais pour expliquer son choix d'avoir répondu favorablement à la sollicitation lombarde.
Et d'avouer: «naturellement, un avocat exerçant en Suisse sera plus familier avec la procédure suisse et ses pratiques juridiques».
Volonté d'accéder au dossier
Depuis janvier, onze patients ont notamment été transférés à l'hôpital Niguardia de Milan, spécialisé dans la prise en charge de grands brûlés où, notamment, trois adolescents suisses ont été soignés.
«Par son action, la Région Lombardie cherche, concrètement, à pouvoir accéder au dossier - et potentiellement à participer directement à la procédure pénale - et ce afin d'évaluer au mieux et en pleine connaissance de cause, les mesures nécessaires pour protéger les intérêts institutionnels et financiers», poursuit Paolo Bernasconi.
Le Ministère public tranchera
Interrogé sur la qualité du travail du Ministère public valaisan (MP) depuis plus de six mois, l'homme de loi dit «partager les critiques formulées par des juristes et anciens magistrats suisses concernant les premières étapes de l'enquête menée par le MP.»
La Région Lombardie enverra prochainement une requête formelle en constitution de partie civile. Elle sera ensuite étudiée par le MP, organe apte à désigner qui peut être partie civile ou non dans ce dossier. Une demande identique de la part de l'Etat italien, envoyée fin avril, n'a - pour l'heure - pas été tranchée par le MP.