Durant le tragique incendie du «Constellation» le 1er janvier dernier, le CHUV était en première ligne pour soigner les grands brûlés. Mais dans sa gestion de crise, l'institution hospitalière vaudoise n'aurait pas été 100% parfaite, documente le pôle enquête de la RTS.
La Commission de gestion du Grand Conseil vaudois pointe quelques failles dans l'application du plan catastrophe (INCA), que le CHUV a déclenché pour la première fois lors du drame de Crans-Montana. L'institution se veut toutefois rassurante: ces erreurs n'auraient eu «aucune conséquence» sur les patients.
Une série de failles
Le rapport de la commission pour l'année 2025 indique une série de failles. A commencer par des alertes SMS mal interprétées par des soignants appelés en renfort. En effet, au vu de l'ampleur inhabituelle de l'incident, certains auraient cru à «un spam». Le CHUV assure que les équipes mobilisées étaient en nombre suffisant.
Autre faille: le nombre insuffisant de doses de Cyanokit, médicament utilisé pour traiter les intoxications au cyanure, qui se produisent fréquemment lors des incendies. A noter que l'hôpital disposait d'une quantité d'antidotes supérieure à ce qu'exige la loi.
Le CHUV estime de son côté avoir pu rapidement remédier à la situation, obtenant en quelques heures les quantités manquantes grâce à la solidarité du réseau de santé romand. L'hôpital reconnaît néanmoins qu'un registre national des stocks serait utile pour améliorer l'efficience.
La Commission de gestion du Grand Conseil vaudois estime que le CHUV aurait aussi pu mieux gérer la traçabilité des blessés. Un problème généralisé auquel est confronté l'hôpital. Celle-ci entend s'améliorer grâce à un outil numérique de suivi, qui devrait voir le jour d'ici l'automne.