Augustin Mettraux en route pour les WorldSkills en menuiserie
«C'est dans la tête que tout se joue»

En septembre prochain, Augustin Mettraux représentera la Suisse aux WorldSkills de Shanghai. Ce jeune menuisier neuchâtelois incarne ce que le métier exige au plus haut niveau: résilience, force mentale, confiance à toute épreuve.
Photo: Romain Wanner
Article rémunéré, présenté par SwissSkills.

À la Sagne, dans l'atelier de menuiserie de Loïc Santschi, le chrono tourne depuis mars. Augustin Mettraux, 20 ans, s'entraîne à plein temps pour les WorldSkills. Dans un coin, il a son établi et exerce sans relâche les gestes qu’il devra effectuer à Shanghai, en septembre prochain. Motivé et motivant, il veut faire briller la menuiserie suisse en Chine. 

Pourtant, à la base, le jeune homme n'avait pas prévu tout ça. En novembre 2024, Augustin Mettraux s'inscrit aux championnats cantonaux neuchâtelois de menuiserie «pour participer avec un copain». Il gagne et est qualifié pour les championnats romands, en mars 2025, où il termine troisième, dernière place qualificative pour la finale suisse.

À Berne, le format s'intensifie: le concours se déroule sur quatre jours, soit deux jours d'ébénisterie suivis de deux jours de menuiserie. Environ sept heures et demie de travail par jour. En ébénisterie, Augustin va un peu trop vite, il termine en avance mais avec une qualité en dessous de ce qu'il visait. Il termine troisième. Mais en menuiserie, il tient jusqu'au bout, littéralement. «La fin était vraiment serrée, explique-t-il. Il y avait beaucoup de boulot et très peu de temps. J'ai fini à la dernière seconde.» Il décroche la première place et se qualifie donc pour les WorldSkills. Il est ainsi le troisième Neuchâtelois de suite à représenter la Suisse en menuiserie aux WorldSkills.

Augustin Mettraux sur le podium des SwissSkills, où il a décroché sa qualification pour les WorldSkills.
Photo: Valerie Chetelat

Ce que cachent les pièces

Pour comprendre ce que représente cette performance, il faut savoir ce qu'on demande aux compétiteurs. En amont du concours, ils ne connaissent pas du tout les épreuves. Le plan de la pièce à réaliser leur est transmis le soir d’avant ou le matin même. Ils ont alors trente minutes pour l'étudier, puis le chrono part. Trente minutes pour décortiquer un plan inconnu, identifier les pièges, définir une méthode de travail et se projeter mentalement sur l'ensemble de la réalisation. Pas question de paniquer: celui qui perd la tête dans cette demi-heure-là perd le concours avant même d'avoir saisi un outil.

«On peut poser des questions aux experts si une information manque sur le plan, mais celui qui ne comprend pas le plan, c'est son problème», dit Loïc Santschi, qui a lui-même occupé ce rôle d'expert lors des championnats suisses, avant de devenir le coach dédié d'Augustin pour les WorldSkills.

Augustin Mettraux dédie désormais tout son temps à l'entraînement en vue des WorldSkills.
Photo: Romain Wanner

Les points, eux, sont partout: sur les assemblages intérieurs qu'on ne voit pas, sur les mesures, sur le ponçage, sur les assemblages extérieurs. «Ce n'est pas forcément celui qui a la plus belle pièce qui gagne. C'est celui qui a fait le plus de points. Il faut aller en chercher un maximum partout.»

Gérer l'erreur, gérer la pression

Dans un concours comme les WorldSkills, la résilience n'est pas une qualité accessoire. C'est une condition de survie. Lors d'une épreuve qualificative, Augustin a raté la coupe d’un pied de table. Résultat: son pied était trop court. L'erreur est faite, les points de la mesure sont perdus. Mais il lui faut réagir, et vite. Il coupe alors l'autre pied à la même longueur pour que la pièce soit au moins droite, puis se concentre sur tout le reste. «Ça ne sert à rien de pleurer. Il faut trouver une solution et faire en sorte que le reste soit irréprochable.» Il reprend le concours immédiatement. 

UBS partenaire principal de SwissSkills

42 jeunes talents représentent la Suisse et son système de formation professionnelle aux WorldSkills 2026 à Shanghai. UBS s'engage pleinement dans le cadre de toutes les plateformes SwissSkills, dont l'objectif est de renforcer durablement l'excellence professionnelle en Suisse.

Cela inclut le soutien à l'équipe nationale professionnelle SwissSkills. Ses membres bénéficient d'un accompagnement dans leur préparation aux championnats internationaux, afin de démontrer la compétitivité du système de formation suisse sur la scène mondiale.

Ringier Médias Suisse est partenaire médias officiel de SwissSkills.

42 jeunes talents représentent la Suisse et son système de formation professionnelle aux WorldSkills 2026 à Shanghai. UBS s'engage pleinement dans le cadre de toutes les plateformes SwissSkills, dont l'objectif est de renforcer durablement l'excellence professionnelle en Suisse.

Cela inclut le soutien à l'équipe nationale professionnelle SwissSkills. Ses membres bénéficient d'un accompagnement dans leur préparation aux championnats internationaux, afin de démontrer la compétitivité du système de formation suisse sur la scène mondiale.

Ringier Médias Suisse est partenaire médias officiel de SwissSkills.

C'est cette capacité à ne pas s'effondrer sur une erreur qui distingue les meilleurs candidats, selon Loïc Santschi. «Tout le monde fait des erreurs. Ce qui compte, c'est de réagir vite pour perdre le moins de points possible.»

Quant à la pression du temps, le public autour, Augustin arrive à en faire abstraction. «Dès que le concours commence, je suis hyper concentré, même s'il y a des gens qui me regardent.» Sa confiance en lui n'est pas de l'arrogance, c'est une discipline. Et si jamais le doute s'installe? «Il n’y a pas de place pour le doute. Si je me dis que je ne vais pas y arriver, c'est clair que je n'y arriverai pas. Donc je refuse d'avoir des pensées négatives.»

La tête avant les mains

Ce n'est pas une posture. Résilience face à l'imprévu, force nerveuse sous le chrono, confiance dans ses gestes: ces trois piliers structurent la préparation mentale d'Augustin autant que ses heures à l'établi. Depuis le début de sa préparation, Augustin est suivi par un coach mental individuel: une pratique systématique pour tous les candidats suisses aux WorldSkills, organisée par SwissSkills en parallèle des week-ends de préparation collective. Ces week-ends réunissent l'ensemble des compétiteurs suisses, tous métiers confondus, avec leurs expertes et experts et un staff de physios. Au programme: renforcement physique, cohésion d’équipe et dépassement de soi. Pour la partie individuelle, Augustin travaille avec son coach mental des techniques de respiration et des méthodes de recentrage rapide. «Si un outil m'est interdit au dernier moment, si je fais une erreur, il faut pouvoir se reconcentrer immédiatement. Ne pas s'énerver. Repartir.» Le coach apporte aussi un regard extérieur: là où Augustin ou Loïc voient un problème technique, lui peut identifier une autre cause, une autre solution.

Augustin peut se réjouir d’un petit avantage, il a la chance de disposer d'un terrain d'entraînement mental naturel: le tir sportif au pistolet. Il fait des compétitions régulièrement et a participé à plusieurs finales suisses et de nombreux championnats cantonaux. Il aura d’ailleurs encore plusieurs échéances avant septembre. «Le tir, c'est hyper mental.» Cela signifie qu'il pourra tester en conditions réelles les outils que son coach mental lui donne, chose impossible à reproduire autrement durant sa préparation.

Un encadrement préparé

C'est la force nerveuse qui fait la différence. Loïc Santschi le sait mieux que quiconque: c'est lui qui était le dernier candidat suisse en menuiserie, à Lyon en 2024, où il a terminé cinquième et été distingué par un «Medallion for Excellence». 

Loïc Santschi avait déjà proposé à Augustin de travailler à ses côtés avant les SwissSkills. Désormais, il l'encadre dans ses entraînements pour Shanghaï.
Photo: Romain Wanner

«Après deux ou trois jours de concours, on est épuisé. Il faut s'imaginer que c'est comme courir un sprint pendant quatre jours de suite. À ce moment-là, c'est dans la tête que tout se joue.» Le moment clé, selon lui, c'est la fin du troisième jour. «Il faut réussir à se remotiver pour repartir le lendemain avec encore plus d'énergie qu'au premier jour. C'est exactement là que ça se joue.» Pour y arriver, il faut, dit-il, «un objectif qui vient du fond de soi: pas juste «j'aimerais bien gagner», mais quelque chose qui vous pousse à dépasser vos limites physiques quand vous n'avez plus rien».

Un binôme proche

Les deux jeunes neuchâtelois représenteront la Suisse en menuiserie aux WorldSkills. En attendant, ils préparent le brevet fédéral de contremaître ensemble.
Photo: Romain Wanner

Loïc Santschi a 23 ans. C'est l'un des plus jeunes experts à accompagner un candidat suisse aux WorldSkills. Il a ouvert sa menuiserie début 2025, qu'il gère seul pendant qu'Augustin s'entraîne à temps plein dans son atelier. Loïc et Augustin se connaissaient déjà, Augustin avait rejoint l'atelier de Loïc à 80% après son apprentissage pour pouvoir s'entraîner pour les SwissSkills un jour par semaine. La suite s'est imposée.

L'avantage de cette proximité est concret: pendant les épreuves qui les attendent à Shangaï, experts et candidats n'ont pas le droit de communiquer. Ainsi, Loïc doit être capable de voir si quelque chose ne va pas, sans qu'Augustin ne doive le formuler, et ainsi intervenir au bon moment dans la limite de ce que le règlement autorise. «Il faut qu'on se connaisse le mieux possible pour que, au moindre signal, j'arrive à faire ce qu'il faut.»

À Shanghai, la compétition sera rude. Parmi toutes les nations présentes, il y en a une que nos menuisiers neuchâtelois redoutent particulièrement. «Les Chinois sont très forts partout, et en plus c'est chez eux», reconnaît Augustin. Mais les pays européens, Allemagne et Angleterre notamment, sont également très compétents. L'objectif d’Augustin est simple: ramener une médaille. Mais Loïc formule l'essentiel autrement: «Ce qui compte vraiment, c'est qu'à la fin du concours, Augustin soit convaincu d'avoir tout donné. Même si le résultat n’est pas là.» 

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Cet article a été réalisé par le Ringier Brand Studio à la demande d'un client. Les contenus ont été préparés de manière rédactionnelle et répondent aux exigences de qualité de Ringier.

Contact: E-mail à Brand Studio

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