En bref
- Six mois après l'incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana le 1er janvier 2026, les familles des victimes continuent de faire face à une douleur immense. Certaines ont créé des fondations pour honorer la mémoire de leurs proches et soutenir des causes humanitaires ou sociales.
- Parmi les initiatives, la Fondation Dalia aide les enfants et jeunes adultes en Suisse et à l'étranger, tandis que la Fondation Alix Perroud soutient les victimes et leurs familles. Des cagnottes de soutien ont également été lancées par certaines familles pour couvrir les frais liés à la tragédie.
- Six mois après, 25 victimes restent hospitalisées, dont 9 en Suisse. Agata, gravement brûlée, témoigne de son combat pour reconstruire sa vie après quatre greffes de peau et un mois de coma, appelant à la résilience et à l'entraide.
Six mois doivent sembler à la fois longs et dérisoires, lorsqu'il s'agit d'un drame comme celui qui a brisé le coeur de la Suisse entière, à Crans-Montana. Longs, parce que la moindre seconde passée en l'absence ou au chevet d'un être cher peut sembler interminable. Dérisoires, parce que la douleur peut s'avérer aussi intense qu'à l'aube du 1er janvier 2026.
Mais le temps est passé, comme il a le culot de le faire, même si l'univers des familles touchées ne sera plus jamais le même. Comment vont-elles, en ce 1er juillet, sombre anniversaire d'une tragédie qui n'aurait jamais dû survenir? La question est infiniment complexe et délicate. Il n'est pas vraiment possible d'y répondre, d'ailleurs. Tout ce qu'on peut vous dire, c'est que les quelques récits que nous avons accueillis, depuis le drame, évoquent un énorme soutien.
Honorer les victimes, en aidant autrui
Depuis le terrible incendie ayant ravagé le bar «Le Constellation», certains proches des victimes ont trouvé la force de bâtir des fondations, afin d'honorer la mémoire de ces vies perdues trop tôt, au travers d'une aide apportée à autrui. C'est notamment le cas de la famille de Dalia, 15 ans, malheureusement décédée le 1er janvier, dont l'organisation éponyme, la Fondation Dalia, «protège la santé, la dignité et les conditions de vie de ceux qui en ont le plus besoin, en Suisse et à l'étranger», avec une attention particulière pour le bien-être des enfants et des jeunes adultes.
La fondation créée en mémoire d'Alix Perroud, grande amie de Dalia et également partie le 1er janvier, s'attache, de son côté, «à offrir de la douceur dans le parcours des victimes et de leurs familles, en leur apportant du confort, du bien-être, des activités et la création de liens, à l'image de ce qu'aurait aimé Alix».
Des cagnottes de soutien pour les parents de victimes
Pour Sefkat, la Maman de Dalia, toutes ces organisations d'aide se complètent, vu les besoins immenses. «Et c'est beau, car Dalia et Alix étaient très proches, elles s'aimaient profondément, nous avait-elle confié, dans un précédent article. Au travers de ces actions, elles continuent à faire le bien autour d'elles, autrement.»
D'autres parents de victimes, dont Laetitia Brodard-Sitre, Maman d'Arthur, se sont également vus contraints de lancer des cagnottes de soutien, afin de les aider à financer les frais d'avocats, de soins médicaux ou d'obsèques, suite à la tragédie. Ces crowdfundings, ouverts sur des plateformes telles que HappyPot ou GoFundMe reçoivent systématiquement d'importantes marques de soutien, avec plusieurs centaines de contributions.
«Je n'arrive pas à accepter ce qu'il s'est passé»
Du côté des personnes gravement brûlées, le chemin vers le rétablissement s'avère long et douloureux. Ainsi que le confirme «Le Temps», 25 victimes de l'incendie sont toujours hospitalisées, dont 9 en Suisse, et se battent pour reconstruire, petit à petit, cette vie bouleversée par l'incident. Après le coma et les opérations, elles doivent encore suivre de nombreuses de thérapies, dans l'espoir de reprendre une scolarité ou des études, et de rebâtir leurs repères, peu à peu.
Nos collègues vidéastes ont notamment rencontré Agata, brûlée sur 65% de son corps. La jeune fille vient de rentrer chez elle, à Sion (VS), après une longue hospitalisation au CHUV et plus d'un mois dans le coma, juste après l'incendie. Elle a notamment subi quatre greffes de peau de poisson, une méthode dont les résultats sont extraordinairement prometteurs, selon les experts.
Comment va-t-elle, six mois après? «A l'heure actuelle, c'est difficile pour moi de décrire comment je me sens, explique Agata. Je n'arrive pas à accepter ce qu'il s'est passé. Je n'ai pas accepté ce que j'ai dû subir à cause de ce bar et, pour le moment, je me sens vraiment mitigée.»
«Il faut se laisser le temps de revenir à soi-même»
Ayant perdu un ami proche dans l'incendie, Agata insiste sur l'importance de ne pas culpabiliser les jeunes présents dans «Le Constellation»: «Je trouve qu'on ne parle pas assez de cette distinction, mais l'important n'est pas de savoir où ils sont morts, estime-t-elle. On doit se focaliser sur le fait qu'ils sont décédés à cause d'un incendie. Et pas parce qu'ils se trouvaient dans un bar ce soir-là.»
La jeune fille espère pouvoir reprendre son cursus scolaire en septembre. Souhaite-t-elle faire passer un message aux autres jeunes touchés par l'incendie, et à leurs proches? «Je dirais qu'il ne faut pas s'en vouloir à soi-même, ni aux autres, poursuit Agata. L'incendie a été causé par un mauvais entretien du bar, et pas parce qu'on était au mauvais endroit au mauvais moment. Et aux filles qui sont dans mon cas, je dirais qu'il est important de se laisser le temps pour revenir un minimum à soi-même. Et que c'est toujours possible de revenir en mieux.»