On vous résume la situation
Six mois après le drame de Crans-Montana, où en est l'enquête?

En ce mercredi 1er juillet, exactement 6 mois se sont écoulés depuis le drame de Crans-Montana, qui a endeuillé la Suisse. On vous résume les points clés de l'enquête, toujours en cours, et des accusations accablant le couple Moretti.
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Alors que quatorze personnes sont prévenues, l'enquête pénale autour de l'incendie du bar «Le Constellation» est toujours en cours.
Photo: keystone-sda.ch

En bref

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  • Six mois après l'incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés, l'enquête se poursuit. Quatorze personnes sont inculpées, dont les époux Moretti, gérants du bar, accusés notamment d'homicide par négligence.
  • Jessica Moretti est également accusée de «faux dans les titres» pour avoir falsifié une facture liée à des matériaux inflammables utilisés dans le bar. Son mari Jacques, incarcéré brièvement, doit pointer quotidiennement au poste de police, une mesure confirmée par le Tribunal des mesures de contraintes.
  • Le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, refuse de démissionner malgré son inculpation et promet des contrôles dans tous les établissements publics d'ici fin 2026.

Six mois se sont écoulés, depuis le terrible incendie survenu dans le bar «Le Constellation», le 1er janvier 2026. Depuis six mois, les proches des 41 victimes et des 115 blessés tentent de conjuguer le verbe «vivre», alors que le monde semble avoir cessé de tourner. Six mois que les jeunes personnes gravement brûlées luttent chaque jour pour reconquérir, pas à pas, une vie dévorée par les flammes. 

Si le choc initial s'est peu à peu dissipé, une Suisse endeuillée garde les yeux rivés sur l'enquête bouleversante qui continue de rassembler des éléments quant à cette terrible soirée. Le couple Moretti attend toujours son procès, tandis que le Ministère public valaisan poursuit auditions, contrôles et expertises techniques, en quête de nouveaux éléments susceptibles d'éclairer l'origine de la tragédie. 

Tout début juin, les époux Moretti se sont, pour la première fois, retrouvés face aux magistrates, pour l'une des audiences les plus importantes de l'instruction pénale. De nouveaux éléments sont apparus, notamment en ce qui concerne Jessica Moretti, inculpée de «faux dans les titres». Voici un résumé des faits, en ce sombre anniversaire.

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Quatorze personnes sont prévenues

Depuis le mois de janvier, la liste des prévenus a été rallongée à plusieurs reprises, au fil de l'enquête pénale. Actuellement, quatorze personnes sont inculpées par le Ministère public valaisan, dont Jacques Moretti, le gérant du bar «Le Constellation», accusé d’homicide par négligence, d’incendie par négligence et de lésions corporelles graves par négligence. Il est le seul prévenu à avoir été incarcéré pour une durée limitée, afin de minimiser le risque de fuite. Son épouse, Jessica Moretti, n'a toutefois pas été considérée comme étant susceptible de fuite. Elle n'avait donc pas été placée en détention provisoire, comme son mari.

Contraint de pointer quotidiennement ses heures au poste de police, Jacques Moretti avait formellement demandé à s'y rendre seulement trois fois par semaine. Cette requête avait été immédiatement refusée par le Tribunal des mesures de contraintes (TMC), le 1er mai 2026. 

Les autres prévenus comptent également Nicolas Féraud, président de Crans-Montana, interrogé quant aux manquements de contrôles sécuritaires, dans l'établissement des Moretti. Sept employés communaux (dont l'identité n'est pas connue) sont aussi inculpés, tout comme Jeremy Rey, conseiller communal en charge des constructions de Chermignon entre 2013 et 2016, Jean-Claude Savoy, président de Chermignon de 2009 à 2016, Patrick Clivaz, conseiller communal chargé du Service de sécurité publique de Crans-Montana en fonction depuis le 1er janvier 2025, ainsi que Kevin Barras, qui occupait le même poste entre 2021 à 2024. 

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Jessica Moretti est inculpée de «faux dans les titres»

Lors de l'audience du 5 juin, devant les magistrates en charge de l'enquête, la RTS avait révélé de nouvelles inculpations à l'encontre de Jessica Moretti: l'épouse du gérant a effectivement été accusée, en plus d’homicide par négligence, d’incendie par négligence et de lésions corporelles graves par négligence, de faux dans les titres. 

En d'autres termes, elle aurait falsifié une facture reçue en 2015, concernant l'installation des mousses acoustiques qui tapissaient le plafond du bar. D'après l'enquête, ces éléments auraient pris feu durant la soirée, menant au terrible et violent incendie meurtrier. Les détails quant à la nature, les risques et les particularités de ce matériel spécifique auraient donc été cachés. 

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Des messages privés accablent les Moretti

Toujours le 5 juin, lors de leur longue audience à Sion (VS), les époux Moretti ont vu leur défense blêmir, lorsqu'ont été révélés certains messages privés, trouvés dans leurs smartphones. Datant de fin 2019, l'un de ces messages ordonnait notamment la surveillance des «bougies scintillantes», afin que les clients ne «crament la mousse au plafond». A en croire cette conversation, la gérante savait donc pertinemment que le risque d'incendie était réel, en raison de ce dispositif. 

Dans un second échange, Jacques Moretti demandait à un employé si l'issue de secours située près des toilettes était «toujours bloquée». Lorsque son interlocuteur lui avait indiqué que, oui, la porte était toujours verrouillée, le gérant des lieux s'était contenté de manifester son approbation, au moyen d'un émoji «pouce levé». Cela suggère donc que Jacques Moretti aurait non seulement au courant du blocage de cette issue, mais qu'il n'aurait pas souhaité qu'elle soit réouverte. Le Ministère public a pris ces éléments en compte et devra décider des conséquences à leur donner. 

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Nicolas Féraud ne démissionnera pas

Mi-juin, le président de Crans-Montana Nicolas Féraud avait brisé un silence très remarqué. Alors que la population et les médias s'interrogeaient quant à une éventuelle intention de se retirer, en raison de l'enquête pénale en cours, il ne s'était plus exprimé depuis le fiasco de la conférence de presse du 6 janvier où il avait assuré vouloir rester en poste. Après s'être formellement excusé, cette fois, l'élu avait proposé une minute de silence, en hommage aux victimes de l'incendie.

Affirmant que sa démission «ne ferait que compliquer les choses», Nicolas Féraud avait alors annoncé son intention de rester: «Je veux continuer à servir Crans-Montana», avait déclaré le PLR, sous des salves d'applaudissements. Auprès du journal «Le Temps», l'élu avait également précisé qu'il «faudrait environ six mois pour le remplacer» et que «cette perte de temps serait préjudiciable».

Durant la même assemblée primaire, Patrick Clivaz (l'un des 14 prévenus) avait également promis que «tous les établissements publics seront contrôlés avant la fin de l'année», afin de répondre aux «lacunes constatées». Un total de 56 contrôles se sont déjà déroulés dans la commune.

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«Le Vieux Chalet» ne rouvrira pas ses portes

La chaine de télévision italienne Rai annonçait fin avril que le couple Moretti prévoyait de rouvrir son restaurant «Le Vieux Chalet» le 1er mai. Leurs informations se basaient notamment sur le témoignage d'une voisine. Les images montraient également l'intérieur du restaurant qui semblait prêt pour l'ouverture. Le parquet aurait alors bloqué la réouverture du lieu la veille. 

Mais le 30 juin, «Le Parisien» indiquait que selon des documents du canton du Valais, l'ancien cuisinier du «Vieux Chalet» avait créé le 25 mai une société, domiciliée à l'adresse du restaurant. Cette société viserait notamment l’exploitation de restaurants, bars, hôtels, chambres d’hôtes, boulangeries et autres établissements similaires. Sa création récente et son objet interrogent, alors que des projets de réouverture semblent se dessiner.

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L'Italie estime que «la page est tournée»

Six mois après l’incendie du Constellation, les tensions entre la Suisse et l’Italie se sont apaisées. L’ex-ambassadeur italien à Berne Gian Lorenzo Cornado estime que «la page est tournée» et salue le travail de la justice valaisanne, jugé rapide et solide.

Il rappelle toutefois les critiques initiales venues d’Italie, notamment après la libération de Jacques Moretti, qui avait suscité une vive incompréhension politique. L’épisode est désormais refermé, tout comme le différend lié à l’envoi de factures à des familles italiennes, abandonné d’un commun accord entre les deux pays.

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