Le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a fait le point sur le drame du bar «Le Constellation», lors de l'assemblée primaire communale de mardi qui a réuni 378 citoyens. L'élu n'avait plus pris la parole publiquement depuis la conférence de presse du 6 janvier.
«Au nom du Conseil communal, je présente nos excuses, aux familles, aux victimes et à leurs proches pour la douleur et le deuil qu'elles affrontent», a précisé Nicolas Féraud, ému, avant de passer à une minute de silence, en début d'assemblée.
«Cette tragédie a profondément marqué notre communauté», a rappelé le président. «Nous témoignons toute notre affection aux personnes touchées, soit: les victimes, les familles et les blessés, notamment celles toujours hospitalisées et celles qui en portent encore les stigmates.» Et d'ajouter: «cette blessure a meurtri notre commune et ses habitants. Elle ne disparaitra jamais totalement de nos mémoires.»
«Tous les établissements publics seront contrôlés»
Responsable de la cellule de crise, Sébastien Rey a fait le point sur le dossier et a rappelé les éléments factuels gérés par les autorités locales, depuis la nuit du drame. Le Conseil communal a confirmé que la commune de Crans-Montana serait partie prenante de la Table ronde mise sur pied par la Confédération. Concernant la mise sur pied d'un mémorial permanent, des discussions ont débuté avec le Canton du Valais. Une commémoration aura lieu le 1er janvier 2027.
«Tous les établissements publics seront contrôlés avant la fin de l'année. Il s'agit de la réponse du Conseil communal aux lacunes constatées», s'est engagé Patrick Clivaz, le municipal en charge de la sécurité publique, parmi les 14 prévenus du drame du bar «Le Constellation». Cinquante-six contrôles ont déjà été effectués.
Vers un Conseil général
«Concernant la gouvernance, se doter d'un conseil général devient impératif. La démarche est désormais lancée au niveau du Conseil, en vue de la prochaine législature», a révélé, mardi soir, Nicolas Féraud.
«En résumé, nous souhaitons préserver la mémoire des victimes, renforcer durablement la sécurité et optimiser notre gouvernance et notre organisation», a encore précisé le président. Au niveau financier, des réserves de politique budgétaire débuteront dès les comptes 2026, a annoncé le politicien. «Notre avenir n'est pas en danger pour les 10-15 prochaines années. Nous n'augmenterons pas les impôts.»
Quelques parents présents
Choisie pour l'occasion, la salle polyvalente des Martelles à Chermignon-d'en-Bas n'a pas affiché complet (580 places prévues en trois salles). Trois-cents-septante-huit citoyens – 80 à 100 de plus qu'habituellement –, se sont tout de même déplacés. Plusieurs dizaines d'autres personnes ont suivi l'assemblée, dehors, devant un écran géant.
Egalement présentes, quatre membres de familles de victimes ont choisi de coller des affiches A4 de visages de victimes, juste avant le début de l'assemblée, afin de personnifier le drame. «Par notre présence, nous avons voulu représenter toutes les familles qui n'ont pas pu se déplacer notamment italiennes et françaises"» ont-elles précisé à Keystone-ATS.
«Une communauté meurtrie»
Comme il s'y était engagé lors d'une interview donnée à Canal 9, début juin, le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud a plaidé pour une assemblée, ouverte aux médias (20 journalistes triés sur le volet). Aucun citoyen n'a demandé que les débats aient lieu à huis clos. Ceux-ci ont posé une dizaine de questions.
Dans une lettre d'une mère de Crans-Montana, dont la fille fait partie des victimes et lue mardi soir, celle-ci a demandé vérité, dignité, humilité, respect et appelé à assumer ses responsabilités.
Appels à la démission
Lors du temps des questions et des prises de parole, un habitant s'est questionné si les citoyens ne devaient pas s'exprimer sur le maintien de certains conseillers, en poste (ndlr: en clair les deux prévenus, Nicolas Féraud, surtout et Patrick Clivaz). Un autre citoyen a demandé au président de «bien réfléchir« (ndlr: s'il doit démissionner ou pas). Ce dernier a refusé de démissionner, s'attirant les applaudissements de la salle. Enfin, d'autres personnes ont mis en exergue une communication chaotique de l'Exécutif.
Revivez l'assemblée primaire communale dans les conditions du direct:
Les questions liées à l'incendie du Nouvel An sont terminées
La séquence de l'assemblée dédiée à l'incendie du 1er janvier est désormais close. Débute maintenant la partie formelle de l'assemblée générale, consacrée notamment aux comptes communaux.
Ce direct est à présent terminé. Merci de nous avoir suivis.
Nicolas Féraud exclut de démissionner... et se fait applaudir
Nicolas Féraud explique que la question de sa démission a été soulevée à plusieurs reprises depuis le 1er janvier. «Mais cela ne ferait que compliquer les choses, alors je reste. Je veux continuer à servir Crans-Montana», affirme-t-il. Immédiatement après l'annonce, de vifs applaudissements retentissent dans la salle.
«La communication était déplorable.»
Une nouvelle intervention porte sur la communication des autorités communales après le drame. «C'était déplorable, surtout le fait que les autorités ne soient pas directement adressées aux victimes», déplore un spectateur.
Ce dernier se demande en outre si Nicolas Féraud pourra encore exercer ses fonctions, tout en faisant face à une enquête criminelle dirigée contre lui. «Il en va aussi de l'image de notre commune!»
«Est-ce qu'on pourra s'en sortir financièrement?»
Une habitante souhaite savoir comment cette tragédie affectera la situation financière de Crans-Montana. «Pourrons-nous nous en sortir financièrement?» demande-t-elle.
Nicolas Féraud explique que l'impact financier est pour l'instant inconnu. «Nous allons constituer des réserves dans la limite de nos moyens», promet-il. Une grande incertitude réside quant à l'éventuelle indemnisation des victimes, qui pourraient se chiffrer en millions.
«Et si cela avait été vos enfants?», lance le père d'une victime
C'est maintenant au tour des spectateurs de s'exprimer. Eric Bonvin, père d'une victime de 18 ans prend le Conseil communal à partie: «Et si cela avait été vos enfants?» L'homme assure qu'il ne s'agit pas de vengeance, mais de prendre ses responsabilités et d'assumer ses erreurs. «Chaque décision a des conséquences.»
Et Eric Bonvin d'exiger: «Les mots ne sont plus nécessaires, il faut maintenant agir.»
Crans-Montana devrait se doter d'un Conseil général
Nicolas Féraud annonce que décision été prise de constituer un Conseil général pour la prochaine législature, afin de garantir une gouvernance plus forte. Cette demande avait été formulée à plusieurs reprises. «Nous voulons être une commune qui assume ses responsabilités.»
Un mémorial permanent devrait être construit, annonce la commune
Marielle Clivaz, également membre du collège exécutif, explique que différents monuments commémoratifs sont en train d'être érigés à divers endroits de la commune. «De plus, nous collaborons avec le canton à la construction d'un mémorial permanent», précise-t-elle.
Au tour de Patrick Clivaz, conseiller communal en charge de la sécurité, de prendre la parole. «Depuis la tragédie, nous avons mené 56 inspections dans la commune», déclare-t-il. Le responsable promet que tous les bâtiments publics seront inspectés d'ici à la fin de l'année. «Nous allons standardiser les contrôles de sécurité et améliorer toutes les procédure », ajoute-t-il, en référence aux Championnats du monde de ski alpin qui auront lieu l'année prochaine dans la stations.
Et Patrick Clivaz d'affirmer: «La sécurité est notre priorité absolue»
«Nous n'avons pas la liste des victimes»
Sébastien Rey, conseiller communal (exécutif) de Crans-Montana, prend maintenant la parole. «La municipalité collabore pleinement avec le système judiciaire dans le cadre de l'enquête criminelle», déclare-t-il.
Il l'assure: l'exécutif communal n'a jamais reçu de liste officielle des victimes. «Par conséquent, nous n'avons pas pu prendre contact avec plusieurs victimes et familles de victimes.» Sébastien Rey répond ainsi aux critiques selon lesquelles la municipalité se serait montrée réticente à parler aux proches des victimes.
Le Conseiller communal promet enfin de préserver la mémoire des victimes, d'améliorer la sécurité dans la communauté et d'optimiser les processus internes.
«Nous sommes désolés»
Nicolas Féraud présente une nouvelle ses excuses aux victimes et à leurs proches. «Nous sommes profondément désolés. Une telle tragédie est incompréhensible», déclare-t-il, de la buée dans les yeux. Le public se lève pour observer une minute de silence.
L'assemblée tant attendue commence
Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a officiellement ouvert la séance. Contrairement à ce qui était attendu, la salle n'est pas pleine, ce qui laisse penser que l'intérêt des habitants pour cette assemblée est limité.
«Il ne s’agit pas d’une réunion publique ordinaire, la tragédie du 1er janvier a profondément marqué notre communauté. Mes pensées vont aux victimes», a déclaré Nicolas Féraud lors de son propos liminaire. L'édile a ensuite remercié les secouristes mobilisés au soir du Nouvel An. «Ils ont accompli un travail remarquable.» Et l'élu de rappeler que cette tragédie resterait à jamais gravée dans la mémoire de la commune.