Mort par asphyxie confirmée
Les premiers résultats d'autopsie des victimes de Crans-Montana sont tombés

Plus de six mois après l’incendie du «Constellation» à Crans-Montana, les premières autopsies confirment que deux victimes sont mortes après avoir inhalé de la fumée.
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Contrairement aux autorités italiennes, le parquet valaisan n'a demandé l'autopsie que de deux victimes de l'incendie.
Photo: keystone-sda.ch
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Près de six mois après l’incendie qui a ravagé le bar du «Constellation» à Crans-Montana, les premiers résultats d’autopsie sont tombés, révèle la «Neue Zürcher Zeitung» mardi 16 juin. Sur les 41 victimes, seuls deux corps ont fait l’objet d’une analyse médico-légale ordonnée par le parquet valaisan afin d’établir les circonstances exactes des décès.

Le premier rapport transmis au parquet valaisan confirme les soupçons. Les deux victimes analysées sont décédées après avoir inhalé de la fumée. La première présentait un taux très élevé de monoxyde de carbone dans le sang, compris entre 69 et 70%. A titre de comparaison, ce taux est normalement inférieur à 1,5% chez les non-fumeurs. Au-delà de 40%, une personne perd rapidement connaissance.

Pas d'alcool dans le sang

Cette autopsie, demandée par les proches, a aussi montré que la victime n’avait pas consommé d’alcool. Elle présentait en revanche un taux élevé de caféine dans le sang. Selon la «NZZ», cet élément indique que sa perception de l’incendie et d’une éventuelle tentative de fuite n’a pas pu être altérée par l’alcool, mais pourrait au contraire suggérer un état de vigilance accru.

Le père de l’une des victimes autopsiées accuse Jacques Moretti, propriétaire du bar, d’avoir agi intentionnellement en installant la mousse isolante au plafond du sous-sol du «Constellation», et pas seulement par négligence. Lors de son troisième interrogatoire, le 20 janvier, Jacques Moretti a évoqué un test d’incendie réalisé en 2015 sur cette mousse insonorisante, celle qui a pris feu la nuit du Nouvel An. Selon lui, le matériau avait été chauffé avec un bec Bunsen, qui y avait immédiatement percé un trou. Quelques flammes étaient apparues, mais c’est surtout l’importante quantité de fumée qui l’avait marqué. On ignore pourquoi Jacques Moretti a malgré tout installé cette mousse au plafond du sous-sol du «Constellation»

Augmentation des charges demandée

Pour rappel, Jacques Moretti et Jessica Moretti sont accusés d’homicide involontaire, de lésions corporelles et d’incendie par négligence. Jessica Moretti fait également l’objet d’une enquête pour faux et usage de faux. Après la découverte d’anciens messages accablants attribués au couple, qui montreraient qu’il connaissait l’extrême inflammabilité de la mousse, une requalification des charges en meurtre par dol éventuel a été demandée par les parties plaignantes.

Le parquet de Rome a, lui, ordonné l’autopsie des six victimes italiennes décédées dans l’incendie de Crans-Montana. Aucune trace d’alcool ou de drogue n’a été retrouvée dans leurs corps. De son côté, le parquet valaisan n’a fait autopsier que deux des 41 victimes. Interrogée sur ce choix, la procureure générale Béatrice Pilloud assure qu’il s’agit d’une «décision stratégique».

La première réunion publique à Crans-Montana depuis le drame du Nouvel An est très attendue. Ce mardi à 19h, le président Nicolas Féraud, lui aussi visé par une enquête, fera face aux habitants. L'incendie figure à l’ordre du jour.

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