Les gérants du «Constellation» semblent persister dans le déni. Selon les dernières révélations de la RTS ce vendredi 12 juin, qui a pu consulter le procès-verbal du dernier interrogatoire, Jacques et Jessica Moretti ont fermement contesté avoir eu conscience du danger mortel lié aux bougies scintillantes.
C’est la ligne de défense qu’ils ont opposée le vendredi 5 juin aux procureures valaisannes lors de leur première audience de confrontation conjointe à Sion. Un face-à-face intense de dix heures durant lequel les magistrates ont sorti une pièce maîtresse: un SMS envoyé le 13 décembre 2019 par la patronne à ses employés.
«Vous êtes sûres que c’est moi?»
Dans ce message, Jessica Moretti écrivait mot pour mot de surveiller les clients munis des bougies car s’ils «crament la mousse, le Constel brûle». C’est pourtant ce terrible scénario qui s’est produit le 1er janvier 2026.
Confrontée à ses propres écrits, la gérante a d’abord réagi par l’incrédulité: «Vous êtes sûres que c’est moi qui ai écrit ça?», avant de plaider une formulation au «second degré» visant uniquement à protéger son mobilier, précise la RTS.
Lors de l’audience, Jacques Moretti n’a pas non plus été en mesure d’expliquer pourquoi personne n’avait utilisé l'issue de secours, même pas ses employés. «Je ne le comprends pas. Pour moi, c’est invraisemblable. Dans la panique, ils ont oublié la sortie de secours», s'est défendu le gérant.
La menace d’une requalification
Malgré le scepticisme affiché des magistrates, le couple a martelé son ignorance. Jacques Moretti a soutenu que l’établissement respectait toutes les normes en vigueur. Selon les exploitants, les consignes données au personnel visaient exclusivement à éviter la détérioration des tables ou des canapés, et non à prévenir un embrasement général meurtrier.
Ces justifications ont provoqué l’indignation des avocats des parties plaignantes. Estimant que les écrits des patrons prouvent qu’ils ont sciemment accepté le risque d’un sinistre, deux avocats de familles de victimes ont officiellement demandé au Ministère public d’alourdir les charges.
Ils réclament que la qualification d’homicide par négligence soit commuée en meurtre par dol éventuel. Si les magistrates valident cette requalification, les époux Moretti encourront jusqu’à 20 ans de réclusion.