La Suisse serait-elle en retard sur la France, la Belgique et surtout le Québec? Malgré la trentaine de témoignages de victimes et les trois procédures pénales ouvertes contre Patrick Bruel, le chanteur français reste programmé aux festivals de Pully (VD) et Bellarena Indoor (FR), les 25 et 26 juin. Et les organisateurs se murent dans le silence.
Pour le collectif lausannois «Nous serons le feu», c’est absolument scandaleux. «C’est énorme et nous ne comprenons pas pourquoi les directeurs des festivals s’entêtent à vouloir absolument mettre leur staff face à Patrick Bruel», assène Myriam Fijani, membre du collectif. Pour rappel, ce dernier a lancé une pétition appelant à la déprogrammation du chanteur de ces deux festivals, après l’envoi d’une lettre aux directeurs, restée sans réponse.
En parallèle, trois de ses concerts ont été annulés au Québec et les maires de Paris et Forest en Belgique ont appelé l’artiste à annuler sa tournée le temps de l’enquête. Malgré tout, les festivals romands maintienent leur programmation. «C’est honteux», enrage Myriam Fijani.
Pire encore: pour le collectif, ce manque de réaction est une mise en danger du personnel, directement confronté au chanteur lorsqu’il viendra en Suisse. «D’un point de vue extérieur, les directeurs ne semblent se soucier ni de leur staff, ni de leurs bénévoles, parmi lesquels se trouvent de très jeunes personnes», poursuit Myriam Fijani, avant d’ajouter: «On dit qu’il ne faut pas laisser des femmes seules avec lui.»
«La Suisse sera à la traîne»
Le collectif appelle au dialogue pour comprendre le maintien de cette programmation controversée. Dans un second temps, les militantes demandent la création de clauses particulières dans les contrats avec les artistes, afin que, face à ce type d’accusations, le chanteur puisse être déprogrammé sans que les finances du festival s’effondrent. «D’autres festivals en France ont déclaré que s’ils annulaient la venue de Patrick Bruel, ils feraient faillite, parce qu’ils devraient quand même le payer», explique Myriam Fijani.
Au-delà du silence des festivals, le collectif déplore aussi le manque de réation politique en Suisse romande. «Ça montre le mépris et le fait que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en Suisse n’est pas un vrai sujet politique de fond», tranche Myriam Fijani. Elle appelle donc les responsables ayant apporté leur soutien à la pétition à se manifester d’avantage pour débloquer la situation.
«En Belgique et en France, la pression commence à monter très fortement et c’est très bon signe. Peut-être que la Suisse est à la traîne, mais pour toutes les victoires remportées dans les pays voisins, c’est déjà très positif.»
- Police: 117
- Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)
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Et pour les jeunes:
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