«Les festivaliers savent quand l'activer»
Cinq ans après son lancement, le dispositif Angela a trouvé sa place à Paléo

Lancé en 2021 pour offrir une prise en charge discrète des personnes en difficulté, le dispositif Angela est désormais bien installé à Paléo. Les festivaliers connaissent mieux le mot de code et l'utilisent, dans un festival où les incidents restent très rares.
Amandine (à gauche) et Caroline (à droite) gèrent le dispositif Angela, qui «accompagne la fête» et propose de l’aide aux festivaliers.
Photo: DR

En bref

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  • Cinq ans après son lancement, le dispositif Angela est désormais bien identifié par les festivaliers de Paléo, qui savent mieux quand et comment l’activer.
  • Les personnes en difficulté sont rapidement mises à l’écart, écoutées par des professionnels et, selon les cas, orientées vers la sécurité, la police, la LAVI ou une cellule psychologique.
  • Malgré cette organisation, les responsables soulignent que les incidents restent très rares et que l’ambiance du festival demeure largement respectueuse et bon enfant.
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Cinq ans après son lancement, le dispositif Angela a trouvé sa place dans les habitudes des festivaliers de Paléo. Les affiches sont omniprésentes sur le site, le mot de code est désormais identifié et les demandes qui arrivent correspondent de plus en plus à l'objectif initial du dispositif. 

«Nous remarquons que les festivaliers savent à quel moment activer le dispositif. Il répond clairement à un besoin», observe Amandine Massy, coresponsable du département Accueil et sécurité.

Eviter de répéter son histoire en boucle

Pour rappel, toute personne qui se sent en insécurité, harcelée, victime d'un comportement déplacé ou témoin d'une situation qu'elle juge intolérable peut demander «Angela» à un membre du personnel ou d'un bar. L'objectif est de déclencher une prise en charge sans avoir à s'expliquer devant tout le monde.

«Le but du mot Angela est justement d'éviter aux personnes de devoir raconter leur histoire cinq fois, explique Caroline Cingria, responsable du dispositif Jeunes et Prévention. Les personnes qui interviennent sont habituées, dans leur métier, à gérer ce type de situation. Elles savent s'adapter à chaque cas. Cela évite aussi de faire porter ce poids à des bénévoles qui n'ont pas cette expérience professionnelle.» En effet, certaines réactions peuvent être fortes, à l'image de crises d'angoisse, et impressionner.

Un verre d'eau, pas de questions

La première prise en charge est généralement assurée par les équipes présentes sur le terrain, notamment dans les bars. «Le personnel suit une procédure très claire. Il met la personne à l'écart, dans un endroit calme, lui offre un verre d'eau et contacte immédiatement la centrale, sans lui poser plus de questions», détaille Amandine Massy.

Une intervention ne signifie pas automatiquement qu'une agression a eu lieu. «Lorsque nous nous déplaçons, nous ne savons jamais ce qui nous attend. Nous évaluons la situation sur place et décidons ensuite vers quel service orienter la personne», précise Amandine Massy.

Dans bien des cas, une écoute attentive suffit. «Une personne qui se sent victime, que ce soit de harcèlement ou d'autre chose, a avant tout besoin d'être écoutée et soutenue. Nous allons à sa rencontre, nous prenons le temps de l'écouter. Souvent, cela suffit et elle peut poursuivre sa soirée. Elle avait simplement besoin de parler», explique Caroline Cingria.

Du besoin de parler à la plainte

Le dispositif repose sur sept personnes spécialement formées, issues des métiers de l'urgence ou du social. Toutes occupent une autre fonction au sein du festival et interviennent uniquement lorsqu'elles sont appelées. La centrale coordonne leurs déplacements.

Selon les situations, plusieurs suites sont possibles. «En fonction des cas, un rapport interne peut être transmis à la sécurité, la personne peut être orientée vers la police, vers un centre LAVI ou encore bénéficier de notre cellule psychologique interne», détaillent Caroline Cingria et Amandine Massy.

Très peu d'incident

Au-delà de la prise en charge, Angela véhicule aussi un message plus large. «Nous voulons encourager les gens à signaler toute situation qui ne leur paraît pas normale, quelle qu'en soit la raison. Et, en filigrane, rappeler que nous comptons aussi sur chacun pour adopter un comportement respectueux», résume Caroline Cingria. Le dispositif est d'ailleurs accessible aussi bien au public qu'aux collaborateurs du festival.

Malgré cette organisation, les responsables insistent sur le fait que Paléo reste un événement particulièrement calme. «Nous avons vraiment un chouette public, avec des comportements très raisonnables, estime Caroline Cingria. Le travail de prévention, le dispositif Accueil et sécurité et la visibilité d'Angela y contribuent certainement. Mais, surtout, nous avons extrêmement peu d'incidents. L'ambiance reste très bon enfant et les gens savent faire la fête de manière responsable.»

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