Je vous le dis d’emblée: c’est n’importe quoi. Mon corps ne comprend plus rien à ce qu’il se passe. Mon estomac se demande: «mais pourquoi ce combo vin blanc-café-gyros à 2h du matin?» Cette semaine, j’ai tellement mangé de trucs différents et gras: mon bide croit que je suis invité à un apéro canadien body positive.
Et ce n’est pas tout. Je me suis réveillé avec une voix si grave que j’aurais pu enregistrer un épisode de Crimes suisses. J’ai avalé assez de poussière pour transformer ma gorge en grenier. Je ne serais pas surpris que Sophie Davant vienne y chercher une commode pour la vendre dans Affaire Conclue. Et sur mon visage, c’est pas beaucoup mieux. J’ai une tronche d’enterrement; mais celle du mort. Pour vous dire, j’hésite à déclarer mes cernes au registre foncier.
Parce que non, on ne rigole pas avec les lois en Suisse. La preuve avec un mail lunaire envoyé par le service de presse, dont je suis obligé de vous partager un extrait:
Oui, vous avez bien lu, la Confédération a dû intervenir pour ça:
Apparemment, Daniel Rossellat accroché à une montgolfière Temu à 20m du sol représente une menace pour l’Office fédéral de l’aviation civile. Pourquoi pas. Mais bon, on a déjà laissé Bertrand Piccard voler avec un melon beaucoup plus gros que ce ballon.
Où il est question de bar à champagne
Peu d’ambition sur le plan musical ce soir. Je suis rapidement allé écouter le début du concert de Roxane. Après avoir lu son portrait dans Le Temps où j’ai appris qu’elle était genevoise et qu’elle faisait de la musique triste, je voulais soutenir la culture locale (et m’assurer qu’elle ne se coupe pas les veines). Puis, il ne me restait qu’à attendre Orelsan (je vous rappelle que je suis un blanc fragile).
Il y a 20 ans, je serais allé voir le concert de Keny Arkana. Parce que oui, adolescent, je chantais «La rage du peuple» depuis ma chambre du 6 pièces et demi familial (hauts plafonds avec moulures) de l’Avenue de Rumine à Lausanne (un quartier où les gens ont plus peur des impôts que de la police).
Mais aujourd’hui je parle troisièmes piliers dans le bar à champagne du Paléo. Tout le public de Julien Clerc est là. Et les fans sont chauds (on entendrait presque les prothèses de hanches frétiller). Il faut le savoir: mes jours de Paléo consistent à décliner des invitations à me bourrer la gueule depuis que j’ai fait croire à tout le monde que je passais mon temps à boire. Alors que je passe mon temps à boire et à écrire (ça n’a rien à voir).
La nasse de l’Asse
Je reçois aussi beaucoup de remarques sur mes retours en Uber. Comme si c’était fun d’attendre un train depuis l’Asse, compressé dans une foule de gens de gauche. Si j’avais voulu me faire nasser, je serais allé manifester contre le G7 à Genève.
Ma pote du skinny bitch me propose de venir au stand RTS (où elle travaille) pour y gagner un coussin, histoire de profiter des concerts sans avoir mal aux fesses. Je décline l’invitation: ce goodie sera plus utile aux fans de Patrick Bruel. (là j’aurais bien fait une vanne sur Darius Rochebin, mais mes collègues de Blick étaient pas très chauds).
Cela étant, j’ai quand même été professionnel (j’ai regardé le programme du soir). Mentions spéciales à Björn Again et Dj Schnake qui ont su satisfaire ma passion pour les jeux de mots nuls. Je suis jute déçu que Céline Fion ait encore annulé sa venue.
Bref, je vous laisse, je dois aller voir Orelsan (super concert juste dommage l’explication d’un film qu’on n’a pas vu au milieu) et trouver que Mosimann c’est «un peu plus qu’un DJ» juste parce qu’il est sur France Inter. C’était une chouette semaine à vous chroniquer. Dès demain soir au Paléo, je me concentre sur ce que je sais faire de mieux: boire sans écrire.