La Terre se réchauffe, on le sait. Depuis plusieurs décennies, les records de chaleur s'enchaînent presque aussi vite que fondent les calottes glaciaires. Alors que la Suisse respire enfin, après un été hors normes marqué par une succession de canicules et une sécheresse extrême, une nouvelle inquiétante vient de tomber. L'année 2027 risque d'être encore pire.
Dès le printemps, les climatologues avaient prévenu que l’année 2026 serait particulièrement chaude. Les températures ont notamment été propulsées à la hausse par un puissant El Niño. Et aujourd’hui, les experts tirent à nouveau la sonnette d’alarme. Même le très respecté Met Office, l'agence météorologique britannique, évoque maintenant un scénario des plus extrêmes.
Des répercussions jusqu'en Europe
«Je n'ai jamais vu un tel phénomène se dessiner dans nos prévisions (...) nous nous attendons à l'épisode El Niño le plus intense depuis plus d'un siècle, avec un pic dépassant les trois degrés (d'augmentation de température à la surface de la mer dans une zone référence du Pacifique), ce qui est inédit dans les relevés climatiques modernes», a indiqué sur la BBC Adam Scaife, responsable des prévisions de long terme au Met Office.
L'expert a souligné que les conséquences seront «particulièrement fortes autour des tropiques», avec des sécheresses drastiques en Amérique du Sud et dans l'ouest du Pacifique, mais que les perturbations se feront sentir jusqu'au Royaume-Uni.
«Nous décelons d'ailleurs déjà des signes annonçant une intensification des précipitations et des tempêtes ici, au Royaume-Uni, vers le mois de novembre», tout comme dans toute l'Europe du nord-ouest, a ajouté Adam Scaife. Selon les prévisions du Met Office et d'autres experts, l'ampleur du phénomène El Niño pourrait faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée, son impact étant principalement ressenti l'année après sa survenance.
Selon les calculs des climatologues Zeke Hausfather et Andrew Dessler, El Niño provoquerait une hausse moyenne des températures de 0,3°C en 2027 à l'échelle mondiale. «C'est comme un aperçu du futur», explique à l'AFP Andrew Dessler, professeur à l'Université A&M du Texas. Une telle hausse sur le long terme ne serait autrement attendue que pour 2037.
Quel impact sur la Suisse?
Sur le plan météorologique, les effets d’El Niño sont moins perceptibles chez nous que dans les régions tropicales. Ce phénomène pourrait toutefois se faire sentir sur le portefeuille des Suisses.
Selon la SRF, les années où El Niño a été particulièrement intense ont entraîné d’importantes pertes de récoltes dans les régions fortement touchées. Cela a notamment engendré une pénurie de nombreux produits commercialisés à l’échelle mondiale, tels que le sucre, le café ou le cacao, ce qui a à son tour provoqué une hausse des prix.
En conclusion, même s'il est impossible de prévoir le temps qu'il fera plusieurs mois, voire une année à l'avance, les perspectives avancées par la quasi-totalité des experts n'ont rien de très réjouissant.
El Niño est une variation naturelle du climat, qui se produit à intervalles irrégulierset réchauffe les températures de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial. Il survient quand les vents d'est qui retiennent en temps normal les eaux chaudes dans l'ouest du Pacifique faiblissent temporairement, permettant à celles-ci de remonter à la surface et de se déplacer vers l'Est.
Lorsque les températures en surface se maintiennent au-dessus de la normale pendant plusieurs mois, cela provoque plus de tempêtes au-dessus de la région, «ce qui a des répercussions sur toute l'atmosphère terrestre», explique Emily Becker, climatologue à l'université de Miami. En conséquence, le climat devient plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d'autres.
El Niño est une variation naturelle du climat, qui se produit à intervalles irrégulierset réchauffe les températures de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial. Il survient quand les vents d'est qui retiennent en temps normal les eaux chaudes dans l'ouest du Pacifique faiblissent temporairement, permettant à celles-ci de remonter à la surface et de se déplacer vers l'Est.
Lorsque les températures en surface se maintiennent au-dessus de la normale pendant plusieurs mois, cela provoque plus de tempêtes au-dessus de la région, «ce qui a des répercussions sur toute l'atmosphère terrestre», explique Emily Becker, climatologue à l'université de Miami. En conséquence, le climat devient plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d'autres.