En bref
- Le phénomène météorologique El Niño pourrait entraîner des records de températures mondiales dès l'automne 2026 et jusqu'au printemps 2027.
- Ce «super El Niño», probablement le plus intense depuis le début des observations, réchauffe massivement le Pacifique, modifiant les systèmes climatiques à l'échelle mondiale
- On anticipe jusqu'à dix mois de températures record, tandis que l’impact en Europe, notamment pour l’été 2027, reste incertain selon les prévisions actuelles
L'air est à peine devenu plus respirable que le terme «super El Niño» nous fait déjà suer pour l'été prochain. C'est presque absurde: la revue «Nature» annonce une année 2027 «la plus chaude jamais enregistrée». Le prestigieux «Washington Post» promet des «records de températures» avec une augmentation des canicules l'année prochaine. «The Times», de son côté, craint «un été 2027 plus chaud que d'habitude», avec des pics possibles à 40 degrés au Royaume-Uni. Oui, au pays du thé et des cirés.
Ces promesses sont-elles le fruit d'une écoanxiété attisée par des semaines ininterrompues de nuits tropicales, par le bruit blanc presque constant du ventilateur ou par la tendance défaitiste bien humaine à vouloir toujours anticiper le pire, juste au cas où?
C'est quoi, un «super» El Niño?
Impossible de le savoir. Mais ce fameux «super El Niño» semble bien réel, dans la mesure où des records de température pourraient effectivement être battus, au moins jusqu'au printemps prochain. Pour rappel, ce phénomène survient lorsque les alizés s'affaiblissent, laissant l'eau du Pacifique se réchauffer de manière excessive et inhabituelle, pour se déplacer vers l'est. Le réchauffement d'une conséquente masse d'eau (on parle alors de «canicule marine») modifie tout le système météorologique, et impacte les températures de la planète entière, en libérant énormément de chaleur.
D'après «Nature», on parle actuellement d'un «super» El Niño, parce que ce phénomène est particulèrement puissant, cette année, et que ses conséquences pourraient effectivement se répercuter sur l'année 2027. «A l'échelle globale, on observe bien un 'super' El Niño, sachant que de possibles records de températures pourraient être battus sur l'ensemble de la planète, dès la fin de l'automne», confirme Nicolas Borgognon, météorologue chez MeteoNews.
Il est trop tôt pour parler de l'été 2027
En revanche, il semble un peu audacieux d'émettre des projections sur la prochaine saison estivale, alors que celle de 2026 ne s'est même pas encore achevée. «Ces annonces sont à prendre avec des pincettes, rassure notre interlocuteur. Le phénomène de 'super' El Niño pourrait fortement impacter l'automne et l'hiver, mais les corrélations avec le climat européen ne sont pas encore établies pour l’été prochain.»
Notre expert admet toutefois que des vagues de chaleur estivales restent largement plausibles: «Mais il semble peu probable, au niveau statistique, que nous verrons, deux années de suite, de tels enchaînements de canicules», note-t-il. En observant les données de la dernière décennie, Nicolas Borgognon prévoit effectivement qu'un été plus humide devrait probablement survenir ces prochaines années, invitant davantage d'inondations que de sécheresses.
Un impact prononcé ces prochains mois
Alors, de quoi seront faits ces prochains mois, puisque la saison «froide» sera très certainement impactée par El Niño? «Il s'agit d'un phénomène très intense, sans doute le plus marqué depuis le début des observations, ajoute encore notre expert. Il faut s'attendre à neuf ou dix mois de records de températures, à l'échelle mondiale, avec des effets probablement jusqu'au printemps prochain. S'il est plus difficile de prédire les effets directs de l'Europe, on sait que tout le système météorologique sera influencé, surtout sur le Pacifique-est, depuis les côtes de l'Equateur jusqu'à la Colombie.»
Dans certaines régions, par exemple, El Niño peut mener à des automnes particulièrement pluvieux et humides, précise encore la revue «Nature». Ainsi, avant de trembler pour l'été 2027, traversons déjà l'automne et l'hiver. Sans trop s'attacher à ce que notre expert décrit, pour l'instant, comme de simples «spéculations». C'est bon, on peut respirer.