Les eaux à la surface du Pacifique subissent l'équivalent d'une canicule, alors qu'un nouveau phénomène El Niño semble se mettre en place, petit à petit. Au large du Mexique, jusqu'au Sud de la Californie, les températures de l'océan ont dépassé la moyenne de quatre degrés, ces derniers jours, battant des records inquiétants. En effet, durant les quatre premiers mois de l'année 2026, la surface de l'océan a présenté, le temps de 36 jours suffocants, la hausse de températures marines la plus importante depuis le début des mesures, en 1916.
«Le phénomène El Niño, qui correspond à un réchauffement inhabituel des eaux de surface de l’océan Pacifique, notamment au large du Pérou, survient généralement tous les 3 à 7 ans, précise Vincent Devantay, météorologue à MétéoNews. Mais le prochain épisode pourrait être l’un des plus intenses observés depuis plusieurs décennies.»
A noter que les répercussions sur la faune marine pourraient être dévastatrices, déplore CNN: alors que plusieurs espèces, dont les requins marteau et le thon rouge pourraient être contraints de migrer vers des régions inédites, potentiellement hostiles, d'autres espèces seront forcées de voyager vers le nord, en quête d'eaux plus fraîches.
Des conséquences en cascade
La météo internationale, de son côté, pourrait également être impactée, avec de probables pics de chaleur particulièrement marqués aux quatre coins du globe:
«Ce réchauffement des eaux entraîne une augmentation de l’évaporation, ce qui provoque une série de conséquences en cascade à l’échelle mondiale, poursuit notre expert. Le phénomène modifie la circulation des vents à l’échelle globale, notamment les alizés qui influencent le climat de nombreuses régions du monde. Comme cet épisode s'avère particulièrement fort, les conséquences pourraient être d'autant plus intenses.»
Or, son impact précis au cours des prochains mois reste incertain, pour le moment, dans la mesure où le phénomène est encore en formation: «On peut néanmoins prévoir une intensification des événements extrêmes, tels que des sécheresses ou des inondations, même si ces prévisions restent encore spéculatives», indique Vincent Devantay.
Des effets jusqu'en Europe
Ainsi, sécheresses et incendies pourraient survenir de manière plus fréquente dans certaines régions du monde, dont l'Asie du Sud-Est, l'Australie et certaines régions d'Afrique, tandis que certaines parties de l’Amérique du Sud, dont le Pérou et la Colombie, pourraient connaître des précipitations plus abondantes: «Tout est lié, rappelle Vincent Devantay. Les courants marins, les courants atmosphériques, la température des océans... Dès lors que ces équilibres sont modifiés, c’est l’ensemble du climat mondial qui peut être affecté, avec des conséquences en chaîne, à la façon d'un 'effet papillon'.»
Si l'Europe n'est pas directement touchée, ce réchauffement marin risque d'augmenter les températures de l'été 2026: «Il ne s'agit que de prévisions, assure le météorologue. Mais on observe déjà que ces derniers étés ont dépassé les normales saisonnières: cette tendance pourrait être accentuée, cette année.»
Alors que certains évoquent un «super El Niño», le compte X Extrême Météo se veut rassurant: «Les modélisations générales des modèles s'orientent majoritairement vers un phénomène modéré et fort certes notable, mais pas forcément vers un «super El Nino», peut-on lire. Pas de panique, donc, pour le moment. Si la canicule marine californienne est un signe avant-coureur du phénomène, rien n'est encore sûr.