Attention, pertes massives
Ce que Trump redoute plus que tout s'il frappe encore l'Iran

Le président des Etats-Unis sait qu'une nouvelle phase de frappes pourrait entrainer des pertes encore plus massives. Car un en mois de guerre, son aviation a, dans les faits, été rudement touchée. Un rapport du Congrès le détaille.
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Des avions américains abattus au dessus de l'Iran: si les frappes reprennent, ce scénario redeviendra très plausible.
Photo: AFP
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Richard WerlyJournaliste Blick

Le Congrès des Etats-Unis n'a pas été consulté par Donald Trump avant de lancer la guerre aérienne contre l'Iran le 28 février. Depuis, le président a fait savoir par courrier aux parlementaires que les hostilités ont «pris fin», afin de ne pas avoir à solliciter leur aval. Mais cela n'empêche pas les commissions de la Chambre des représentants et du Sénat de continuer à travailler et à compiler les informations sur ce conflit, à l'issue duquel, de toute façon, Trump confirmera la «victoire totale» qu'il a déjà plusieurs fois annoncée.

Or, ces compilations d'informations, fournies par l'armée américaine, montrent la vulnérabilité de l'armada aéronavale déployée dans le golfe Persique dans le cadre de l'opération Epic Fury («Fureur épique»). La preuve? Lors d’une audition le 12 mai 2026, le contrôleur par intérim du Pentagone, Jules W. Hurst III, a confirmé que l’estimation des coûts des opérations militaires en Iran avait augmenté à 29 milliards de dollars. Une somme liée au montant des pertes militaires enregistrées, en particulier dans le ciel. 

Selon le rapport mis en ligne par le service de recherches du Congrès, 42 aéronefs à voilure fixe ou tournante, y compris des drones, ont été signalés comme perdus ou endommagés par le commandement central des États-Unis (CENTCOM). Un volume de pertes assuré d'augmenter si les hostilités reprennent.

Quatre avions F-15 au tapis

Quelles sont ces pertes américaines que Donald Trump redoute de rendre publiques, même si le nombre de soldats morts depuis le 28 février demeure, lui, très bas, avec 13 victimes et 380 blessés? Du côté des pertes, quatre avions de chasse F-15E Strike Eagle ont été détruits, dont trois par des tirs amis au-dessus du Koweït au début de la guerre. Le F-15E abattu au-dessus de l'Iran était celui dont les deux membres d'équipage ont été récupérés sains et saufs lors d’opérations distinctes de recherche et de sauvetage.

Autre révélation: un F-35A, similaire à ceux que la Suisse a achetés, a été endommagé par des tirs au sol iraniens lors d’opérations de combat au-dessus de l’Iran. Un avion A-10, spécialisé dans l'attaque au sol, a aussi été touché par des tirs ennemis avant de s'écraser. Mais les deux chiffres qui font le plus mal sont ceux des sept avions ravitailleurs KC-135 Stratotanker détruits, ainsi que la perte de l'avion de détection et de commandement aéroporté E-3 Sentry (AWACS) sur une base en Arabie saoudite. Vingt-quatre drones MQ-9 Reaper à moyenne altitude et longue endurance ont enfin été soit détruits, soit forcés d'atterrir.

Point important: les parlementaires n'excluent pas que le département de la Défense ait minimisé ces pertes aériennes. «Le Congrès pourrait évaluer s’il dispose de suffisamment d’informations et de temps pour mesurer les effets potentiels des pertes aériennes sur les opérations militaires américaines et sur les éventuels plans ou programmes visant à développer ou acquérir des remplaçants», note le rapport.

Capacité de survie

Et d'ajouter: «Ces pertes affectent certaines plateformes très sollicitées, vieillissantes et disponibles en nombre limité, comme l’E-3 Sentry, et créent des lacunes capacitaires ou augmentent les risques dans d’autres théâtres d’opérations (...) Elles fournissent des indications sur la capacité de survie des aéronefs américains dans des environnements contestés. Le Congrès devra déterminer si ces évolutions nécessitent d’adapter les concepts opérationnels américains, les tactiques, les techniques, les procédures ou encore le déploiement des bases militaires.»

Avis à Donald Trump et à son administration: plus l'Iran est frappé, plus les forces militaires de la première puissance mondiale se retrouvent fragilisées et vulnérables.

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