En bref
- En 2025, Lausanne a été marquée par deux décès tragiques impliquant des courses-poursuites avec la police. Camila, 14 ans, est décédée le 1er juillet après un accident de scooter, et Marvin, 17 ans, a perdu la vie à Prélaz le 24 août. Ces incidents ont suscité une vive émotion dans la population.
- Des émeutes ont éclaté à Prélaz à la suite de la mort de Marvin, amplifiées par la révélation par la Municipalité de Lausanne de messages discriminatoires échangés dans des groupes WhatsApp de policiers.
- Une marche blanche rassemblant environ 1000 personnes a eu lieu à Lausanne en mémoire de Marvin. La police, critiquée pour sa gestion, a tenté de rétablir le dialogue avec les habitants via des «cafés police», mais les résultats restent mitigés.
La ville de Lausanne a été secouée par des événements tragiques en lien avec la police en 2025. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, Camila, 14 ans, perd la vie après un accident de scooter sur les hauts de Lausanne alors qu’elle était poursuivie par un policier à moto. La police affirmera être intervenue à la suite d’un «rodéo urbain».
Le 24 août, c’est au tour de Marvin, 17 ans, de succomber à Prélaz, après une course-poursuite avec une voiture de police. L’adolescent d’origine congolaise, qui portait un casque, aurait été pris en chasse par une patrouille qui recherchait les auteurs d’un brigandage (avec lequel Marvin n’avait rien à voir). La police aurait découvert après coup que le jeune homme conduisait un scooter volé, on ne sait pas par qui.
Des émeutes éclatent
Au lendemain de son décès, une conférence de presse donnée par la Municipalité de Lausanne révélait que des policiers s’échangeaient des messages racistes, sexistes, antisémites ou discriminatoires sur des groupes WhatsApp.
Le dimanche de la mort de Marvin déjà, des émeutes éclatent à Prélaz dans la soirée. Des jeunes du quartier descendent crier leur révolte dans la rue, où ils sont rejoints par des jeunes d’autres régions et des militants antifascistes. Ces morts s’inscrivent en effet dans une série de décès de personnes racisées dans le cadre d’interventions de la police vaudoise et lausannoise. Les émeutes prennent encore plus d’ampleur le lendemain, avec des gens «venus pour casser», selon des témoins.
Le samedi suivant, une marche blanche en hommage à Marvin réunit près d’un millier de personnes dans les rues de Lausanne. Depuis, la police a tenté de renouer le dialogue, notamment par le biais de «cafés police» à la rencontre des habitants de Prélaz. Avec des résultats mitigés, selon nos confrères de 24 heures.