Un long défilé dans les rues de Lausanne en mémoire de Marvin
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Marche blanche:Un long défilé dans les rues de Lausanne en mémoire de Marvin

«Toujours dans nos cœurs»
Une foule immense a rendu hommage à Marvin ce samedi à Lausanne

Ce samedi 30 août à Lausanne, une marche blanche a été organisée à la mémoire de Marvin, 17 ans, mort après une course-poursuite avec la police. Environ 1000 personnes ont défilé, parfois en silence, parfois en rendant de vibrants hommages.
Publié: 11:32 heures
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Dernière mise à jour: 16:09 heures
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A Lausanne, une foule a rendu hommage ce samedi à Marvin.
Photo: DR

Une marche blanche pour un ado décédé à la suite d’une course-poursuite avec la police. Environ 1000 personnes se sont réunies ce samedi 30 août dès 10h à Lausanne, pour rendre hommage à Marvin, direction le quartier de Prélaz.

Point de départ? La rue de la Borde, lieu d’une permanence jeunes (PJB) où le rappeur en herbe avait l’habitude de venir enregistrer des sons avec son groupe, ses «frères» de la 2septG. Parmi les participants, bon nombre de jeunes et d’adultes venus du quartier de Prélaz, mais pas seulement. Des représentants politiques de gauche, des éducateurs et éducatrices ou des Lausannois émus par ce décès sont également venus soutenir la famille en silence.

Une déambulation pacifique, menée par la famille et les proches tenant une banderole «Marvin, pour toujours dans nos cœurs». Derrière, sur les pancartes, il est écrit «Tu es parti trop tôt», «Aimons-nous vivants» ou «Repose en paix». Pour fermer la marche, une sono est posée sur une camionnette et passe de la musique, principalement du rap et des morceaux signés Marvin. 

«Montrons aux autorités de Lausanne qu’on est une grande famille très digne», scande au micro l’oncle de l’adolescent, Justin Bonga-Schärli, très touché. «Des parents ne devraient pas avoir à faire le deuil de leur enfant. Merci de nous honorer de votre présence.» Apolitique, son discours est centré sur la mémoire du jeune homme. «Marvin était une bonne personne, très bien éduquée par ses parents. C'était un enfant de 17 ans. Soyons vigilants, protégeons nos enfants.»

Un enfant «qui rigolait tout le temps»

Dans le cortège, se trouve par exemple Françoise, une éducatrice qui raconte avoir accueilli Marvin et ses frères à la crèche de la Cité quand ils étaient petits. Des boucles aux couleurs palestiniennes aux oreilles, elle explique que le Lausannois était un enfant «qui rigolait tout le temps. Je le compare à Obéron, le roi des fées dans «Le songe d'une nuit d'été» de Shakespeare. Je suis triste, surtout pour sa famille et particulièrement pour son grand frère, que je connais bien.»

Plus loin, on aborde Patrice, un habitant du quartier de Chailly, qui n'a pas de liens avec Marvin et sa famille. Suisse d'origine camerounaise, il dit: «Je suis là parce que je suis un papa. Marvin est d'origine africaine, donc c'est aussi mon fils. La peine et la douleur, c'est quelque chose qu'on peut partager.» 

D'autres participants au cortège sont venus parce qu'ils se sentent concernés par les questionnements que soulève ce drame autour du racisme. «Je suis fille de policier, confie une participante à la marche, qui donne des cours à des adultes sur le racisme et la diversité. Je sais que parfois, les policiers, comme les éducateurs sociaux par exemple, ont besoin de décharger le stress et peuvent dire des choses affreuses sans les penser. Mais réaliser qu'en Suisse, un gamin de 17 ans peut avoir peur de la police au point de se lancer dans une course-poursuite, je trouve ça terrifiant.»

Mort de Marvin: ce que l'on sait à ce stade
  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

«Une grande famille digne»

Arrivé dans le quartier de Prélaz, sur l’avenue de Morges, le cortège ralentit. A chaque avancée de quelques mètres, la foule s’arrête. L’oncle de Marvin reprend la parole pour expliquer les raisons de la marche – «honorer la mémoire de Marvin Shalom Manzila» – aux personnes qui regardent le cortège depuis la rue ou leur fenêtre, et remercier les personnes présentes. L’occasion aussi de passer de nombreux morceaux écrits par l’adolescent qui «aimait manier les mots». Celles et ceux qui connaissent sa musique entonnent les paroles et bougent la tête en rythme, avant que la déambulation ne reprenne.

Des centaines de personnes déambulent dans Lausanne en l'honneur de Marvin
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Marche blanche:Des centaines de personnes déambulent dans Lausanne en l'honneur de Marvin

Après avoir emprunté l’avenue de Sévery où s’est déroulé l’accident qui a été fatal à Marvin, le foule s’arrête devant le mur de garage où ont été déposés les fleurs, bougies et mots en hommage au garçon. Un chant monte en lingala, une langue parlée en République démocratique du Congo, d’où la famille du jeune Lausannois est originaire. La foule est ensuite invitée à applaudir en mémoire de l’adolescent. 

Le papa de Marvin s'exprime brièvement. Puis ses amis diffusent une musique qu’ils viennent d’enregistrer en son honneur. Les paroles: «On a tous le cœur déchiré»; «Sourire aux lèvres, j’fais comme Marvin.» Pour finir, les hauts parleurs diffusent un son que Marvin a sorti récemment, et qui s’intitule «Adieu».

Arrivée du cortège sur le lieu du drame et dernier hommage à Marvin
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Marche blanche:Arrivée du cortège sur le lieu du drame et dernier hommage à Marvin
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