Mort de Marvin, émeutes, police, racisme
Semaine extrême à Prélaz: «Les petits ont crié leur peine en espérant que les choses changent»

Après le décès du jeune homme et les émeutes, les jeunes du quartier ont été invités à une réunion de soutien et d'écoute. Des membres de la famille de Marvin étaient là. Blick a pu y assister. Retour sur les enjeux de ce traumatisme collectif avant la marche blanche.
Publié: 06:26 heures
|
Dernière mise à jour: 09:57 heures
Partager
Écouter
Marvin, 17 ans, est décédé dans le quartier de Prélaz dans la nuit du 23 au 24 août.
Camille Krafft_Blick_DSC_1396 (1) copie.JPG
Camille KrafftJournaliste Blick RP

Il y a eu la première soirée d’émeutes, celle «de l’émotion» des «jeunes contre la police». Puis la seconde, qui n’avait «pas lieu d’être». C’est ainsi que Mohammed, un apprenti domicilié dans le quartier lausannois de Prélaz, décrit avec le recul les événements de ce début de semaine, dont la presse internationale s’est fait l’écho. 

Comme lui, ils étaient 80 ou 100 à rejoindre, ce mercredi 26 août au soir, la grande salle du centre socioculturel de Prélaz-Valency, dans l'ouest de la capitale vaudoise. Beaucoup de garçons mais aussi des filles, des adultes et des enfants plus petits. Tous marqués par le décès, à quelques rues de là dimanche dernier, de Marvin, 17 ans, dans le cadre d’une course-poursuite avec la police. Et par la révolte de rue inédite qui a suivi.

Répondant à l’appel de différents collectifs et associations, les jeunes ont été invités à un espace de parole, de soutien et de conseil, auquel Blick a eu la possibilité de se joindre. La couverture de cet événement cathartique, compilée aux nombreuses interviews que nous avons menées dans le quartier ces derniers jours, nous offre la possibilité de revenir sur les grands enjeux de cette folle semaine à tête (un peu) reposée.

Anatomie d'une révolte

«Dimanche soir, on était dans la rue pour dénoncer la mort de notre frère», explique Mohammed. Selon plusieurs témoignages de ce type récoltés depuis le début de la semaine, c’est un sentiment de flou autour de la mort de Marvin et le manque d’informations qui aurait mis le feu aux poudres du côté de certains «petits» de Prélaz. Une situation accentuée par le fait que Camila, une adolescente de 14 ans décédée cet été dans des circonstances similaires aux Plaines-du-Loup, était aussi connue des jeunes du quartier. 

De nombreux hommages ont été déposés sur les lieux de l'accident.
Photo: keystone-sda.ch

Dans le premier communiqué de presse, diffusé dimanche en fin de journée par la police, il était écrit que le jeune homme circulait en sens interdit lors de l’accident. Par ailleurs, certains habitants du quartier étaient alors persuadés que le scooter de l’adolescent avait été heurté par la voiture de police, ce qui avait provoqué sa chute. Le témoignage d’une maman, relayé par un média, laissait croire en outre que le corps de la victime avait été découvert «plusieurs heures» après le drame. 

Ces rumeurs et fausses informations ont été démenties au fil des jours. 

Contenu tiers
Pour afficher les contenus de prestataires tiers (Twitter, Instagram), vous devez autoriser tous les cookies et le partage de données avec ces prestataires externes.

Mais en début de semaine, dans la tête de nombreux jeunes du quartier que nous avons rencontrés dès lundi, c’était un tourbillon de chagrin et d’incompréhension. «Le fait que la police ne veuille pas en dire plus nous paraissait suspect, résume Mohammed. Malheureusement, un bus a été incendié. Mais notre but premier était de faire du bruit, pas de casser des trucs.»

Plusieurs jeunes plus âgés avec qui nous avons échangé nous ont expliqué avoir voulu calmer le jeu, sans succès. «Les petits ont crié leur peine en espérant que les choses changent», résumait un vingtenaire croisé sur l’avenue de Morges. Outre des jeunes de Prélaz, la présence de militants antifascistes et de personnes venues d’autres quartiers a été décrite par différents témoins dès dimanche. 

Mort de Marvin: ce que l'on sait à ce stade
  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

Deuxième acte: des gens « venus pour casser»

Et rebelote lundi soir. Baroudeur expérimenté de la presse romande, Valdemar Verissimo a couvert de nombreuses manifestations. Selon ce photographe mandaté par Lausanne Cités, les principaux auteurs des tirs de mortier, incendies et déprédations du deuxième soir faisaient partie d’un groupe organisé. «Ils étaient habillés en noir et cagoulés. Certains étaient très jeunes. Ils sont tout de suite venus vers moi et m’ont demandé de m’identifier. Une espèce de chef m’a ensuite permis de les suivre et de prendre des photos. Pour moi, ce n’étaient pas des gens du quartier. Les autres personnes présentes se contentaient pour la plupart de regarder et de filmer.» 

A Prélaz, Mohammed et d'autres témoins ne disent pas autre chose: «Des gens sont venus qui ne soutenaient pas vraiment la cause. Ils étaient vraiment là pour casser. Nous, on ne s’en serait jamais pris à la garderie de notre quartier. Ce serait complètement stupide.»

Lundi soir, dans le quartier de Prélaz.
Photo: Marvin Merkel

Dans le cadre de cette seconde nuit d’émeute, qui n’a fait aucun blessé, sept personnes ont été interpellées, d’après un communiqué diffusé le lendemain par le Ministère public. Mercredi, au micro de la RTS, le conseiller d’Etat en charge de la police, Vassilis Venizelos, a précisé que des jeunes venus d’autres cantons avaient participé aux émeutes. Et ce vendredi, on a appris qu'un homme de 19 ans originaire de Serbie et domicilié dans la région lausannoise avait été incarcéré. Il est accusé d'avoir commis des violences et des incendies.

Sur place: de nombreux appels au calme

Durant la journée de lundi, de nombreuses personnes ont enjoint les jeunes à ne pas partir dans une nouvelle soirée d’émeutes. La maman de Marvin, notamment, s’est exprimée dans ce sens devant des habitants. C’est également le cas d’autres membres de la famille de l'adolescent décédé, qui ont réitéré leur position ce mercredi soir à Prélaz. Un cousin du jeune homme remercie ainsi l’assemblée pour l’immense soutien que les proches ont reçu, tout en précisant: «Casser votre quartier, ça sert à rien, même si l’amour que vous transmettez en faisant ça nous touche. Ici, on est tous croyants, que l’on soit chrétiens ou musulmans. Dieu rendra justice.» 

<p>Des messages d'amour ont aussi été tagués</p>
Photo: keystone-sda.ch

Également présent dans la salle, un oncle de Marvin va plus loin. Après avoir fait venir près de lui la copine du jeune homme décédé, il dit: «A ceux qui brûlent, Marvin n’aurait jamais cherché ça. Quand vous faites ça, c’est nous que vous brûlez.» Il y a aussi ces mots d’une maman du quartier, voilée, qui s’adresse aux jeunes: «Partout dans le monde, on parle en mal du quartier de Prélaz. Pensez à l’avenir, demain quand vous chercherez du travail. Vous êtes des Suisses, ici c’est votre pays!» 

Des mamans témoignent des émeutes à Lausanne
1:13
Mort de Marvin:Des mamans témoignent des émeutes à Lausanne

Marvin aussi était Suisse: grandi à Lausanne, ancien élève du collège de Saint-Roch, où certains enseignants ont échangé avec les enfants dès lundi au sujet du décès du jeune homme. Domicilié du côté du Tunnel, il avait de nombreux amis, ainsi qu'une amoureuse, dans ce quartier de Prélaz où il est décédé tragiquement. Rappeur reconnu, une mère travaillant dans le social, un père dans la santé. 

Contrairement à plusieurs autres personnes racisées décédées lors d’interventions policières ces dernières années, il ne pouvait pas être qualifié de «migrant». «Cette fois, on parle de notre pote, de notre cousin, de notre frère», résume le vice-président de l’association A qui le tour? (co-organisatrice de la soirée de mercredi) Nodjii Ndeurbelaou, originaire du quartier de Prélaz. 

Convergence des luttes

A qui le tour?, fondée en 2016 à la suite du décès par balles d’un Congolais lors d’une intervention policière à Bex, dénonce une forme de racisme systémique au sein de notre société. Une réflexion portée par l’actualité: au lendemain de la mort de Marvin, on apprenait qu’un nouveau rapport remet en question la légitime défense des agents dans l’affaire Nzoy, du nom de cet homme noir décédé à la gare de Morges en 2021. 

Et en début d’après-midi le même jour, les autorités lausannoises ont révélé une série d’échanges à caractère raciste, sexiste, antisémite ou discriminatoire partagés par des policiers sur des groupes WhatsApp. 

«On est nés en Suisse, mais on nous fait toujours comprendre qu’on est pas d’ici», relève Chancel Soki, président de A qui le tour?, face aux jeunes ce mercredi soir. «A un moment donné, le seul moyen de réagir est d’aller dans les rues pour faire exploser sa colère et son incompréhension. Les médias vous font passer pour des teubés et des sauvages alors que vous transmettez un vrai message.»

Nodjii Ndeurbelaou ajoute: «Je vous trouve très courageux malgré ce que disent les médias (ndlr: qui en prendront pour leur grade ce soir-là). Ce que vous avez fait, c’est de l’autodéfense, de la révolte. Vous avez voulu rendre justice à Marvin et Camila.» 

Le Fribourgeois Chancel Soki, président de l'association A qui le tour?
Photo: DR

Arguant que «dehors, c'est chaud quand on est renoi ou arabe», Chancel Soki veut «offrir des armes» aux jeunes présents pour se défendre. Outre un soutien psychologique, des avocates participent à l'échange pour expliquer notamment comment réagir face à la police: «Si un policier vous interpelle, regardez le numéro d’agent. Vous avez le droit de demander le matricule.»

Amalgames dénoncés

Quel est le lien entre la lutte antiraciste et ce cas particulier? Selon les premiers éléments de l’enquête, les policiers ont poursuivi Marvin car, le voyant fuir «à vive allure», ils auraient estimé qu’il pouvait être l’un des auteurs d’un brigandage qui venait de se dérouler dans le quartier de Chauderon. Mais l’adolescent portait un casque et il faisait nuit, ce qui questionne la thèse de la motivation raciste des policiers au moment de le prendre en chasse. 

De nombreux tags ont été effacés au lendemain de la seconde nuit d'émeute.
Photo: keystone-sda.ch

Certains proches de Marvin estiment surtout que l’adolescent a été chargé a posteriori dans les communiqués et les médias, ce qui a engendré quantité d’amalgames et de commentaires racistes, notamment sur les réseaux sociaux. «A partir du moment où on parle de quelqu’un comme d’un criminel, cela peut justifier plein de choses», résume un adulte présent dans la salle, faisant référence notamment à la communication autour du scooter volé que conduisait l'adolescent décédé. «Ils ont précisé ça pour faire passer Marvin pour un méchant», commente un jeune. 

Ce que l’on sait pour sûr à ce stade, c’est que la police ne pouvait pas savoir que le deux-roues était volé lorsqu’elle a pris l’adolescent en chasse. Par ailleurs, on ignore qui a dérobé ce deux-roues et comment il s’est retrouvé entre les mains de Marvin. Dans la salle, un jeune commente ce point du scooter, avec un débit rapide: «Le matériel, ça se rachète. Là, on parle d'une famille qui a perdu son enfant, d'un frère qui a perdu son frère.»

Pourquoi fuir la police?

C’est la question, lancinante, que posent les parents et les journalistes aux adolescents après ce drame. «Personnellement, j’aurais fait comme Marvin et j’aurais fui, parce que j’aurais eu peur. Je n’ai pas l’habitude d’être contrôlée», nous a expliqué une amie du défunt jeune homme à Prélaz en début de semaine. 

«Depuis qu’on est petits, on a vu des interventions musclées de la police, ajoute Mohammed, rencontré en marge de la soirée de mercredi. Du coup, on se méfie.» Le jeune homme au ton posé confirme que la suppression des agents de référence spécialisés dans le quartier, au profit de postes mobiles, a peut-être accru une forme de défiance envers l’uniforme: «Avant, il y avait une police de proximité, on allait à leur contact et eux aussi. Je suis souvent allé dialoguer dans leur caravane devant la Coop. Aujourd'hui, on ne connaît plus les têtes des policiers.» 

A la RTS, l'oncle de Marvin a affirmé qu'à ce stade, il ne pouvait pas en vouloir à la police.
Photo: DR

Mais il n'y a pas que cela. Dans la salle ce mercredi soir, 15 ou 20 mains se lèvent lorsqu'il est question d'«expériences chelous» vécues avec des policiers. Si les jeunes présents sont timides lorsqu'il s'agit de s'exprimer en public, une journaliste d'origine palestinienne, Chancel Soki ainsi que le cousin de Marvin font le récit d'expériences humiliantes, voire de menaces, qu'ils ont subies. Au cours de la semaine, plusieurs personnes nous ont en outre fait état d'insultes. 

Résultat, relève un ami de Marvin à l'origine de cette réunion du mercredi: «Il y a un problème avec toutes les figures d’autorité. La police, les contrôleurs... J’aimerais savoir si on peut changer quelque chose chez eux. Vous dites que vous voulez nous donner des armes. Mais ce n’est pas toujours à nous de devoir changer.»

Mort de Marvin: ce que l'on sait à ce stade
  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

  • Les policiers de la police municipale de Lausanne étaient en observation après un brigandage ayant eu lieu dans le quartier de Chauderon dont ils venaient d'être informés, lorsqu’ils ont croisé le scooter conduit par Marvin qui circulait sur l’avenue Recordon, non loin de Prélaz

  • Lors du brigandage, deux personnes avaient été dépouillées par trois inconnus et une victime avait été blessée à l'arme blanche

  • A la vue du véhicule de police, Marvin aurait «pris la fuite à vive allure», selon le Ministère public, ce qui aurait déclenché la prise en chasse des policiers, lesquels recherchaient alors les auteurs du brigandage en fuite

  • L’adolescent portait un casque

  • D’après ses proches, il avait un permis de scooter. Mais le Ministère public a précisé qu’il n’avait pas de permis correspondant à la catégorie de scooter qu’il conduisait ce soir-là (puissance de 300 cc)

  • La voiture de police qui poursuivait Marvin circulait avec les feux bleus allumés

  • Marvin n'a pas pris de sens interdit

  • Selon les témoignages recueillis par le Ministère public, aucun contact entre la voiture de police et le scooter n’a eu lieu au moment de l’accident, le véhicule des policiers circulant à «distance significative» du deux-roues

  • L’hypothèse d’une perte de maîtrise du scooter par Marvin est donc privilégiée à ce stade

  • Après l’accident, la police aurait découvert que le scooter avait été signalé comme volé à Lausanne le 23 août

  • On ne sait pas à ce stade qui a volé le scooter, ni comment Marvin s’est retrouvé au guidon de ce véhicule 

  • Le Ministère public confirme que Marvin n'est pas soupçonné aujourd'hui d'avoir participé au brigandage qui occupait les policiers ce soir-là

Ce mercredi soir, l'oncle de Marvin avance aussi une autre explication au délit de fuite: celle de la peur des parents, et de leur réaction.

Le chagrin, d'abord

Mais ce qui a le plus marqué cette semaine, ce qui transpirait dans les regards, dans les voix fatiguées de beaucoup d'habitants du quartier, dans les photographies et les témoignages d'amitiés disposés un peu partout, c'est le chagrin. «Hier soir, on était rassemblés, on parlait un peu, mais au fond on était tous mal», nous a écrit mercredi une jeune fille faisant partie du groupe d'amis de Marvin. Au sortir de la réunion ce même jour, une habitante du quartier commente: «Le quartier sera marqué pendant longtemps par ce qui s'est passé.» 

Une marche blanche aura lieu le samedi 30 août à 10 heures en mémoire de Marvin, au départ de la Borde. 

Partager
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la
Articles les plus lus
    Articles les plus lus