Un rapport explosif
Pour la Cour des comptes, la Comédie de Genève doit sérieusement se reprendre en main

Dans un audit dévoilé ce vendredi, la Cour des comptes dresse un constat sans appel sur la gouvernance de la Comédie par la FAD: cadre légal inadapté, compétences insuffisantes et recrutements contestables. Elle formule des recommandations pour un redressement.
La Cour des comptes estime que le modèle de gouvernance est dépassé et doit être revu de fond en comble.
Photo: Toan Izaguirre
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Nouvel épisode dans le thriller théâtro-politique de l'affaire Chavrier. La Cour des comptes a dévoilé ce vendredi son audit sur la gouvernance de la Comédie par la Fondation d'art dramatique genevoise (FAD). Résultat: le modèle de gouvernance est dépassé et doit être revu de fond en comble. Pour la magistrate Nathalie Brender, qui a piloté l'audit, le conseil de fondation n'avait pas les compétences de gestion humaine et financière, en somme pas les épaules pour traverser la tempête.

La Cour avait été sollicitée par Joëlle Bertossa, la conseillère administrative de la Ville de Genève chargée du Département de la culture et de la transition numérique (DCTN), pour mener un audit. Dans une salle de la Cour des comptes, où une vingtaine de journalistes étaient amassés, les magistrats ont présenté leur audit, avec ses constats et recommandations, à la presse. Etaient également présents Joëlle Bertossa et, bien sûr, Philippe Juvet, élu à la présidence de la Fondation pour l'art dramatique (FAD) en pleine crise. La Cour dresse différents constats: le cadre légal et réglementaire de la FAD n’est pas adapté à une bonne gouvernance, par exemple, les rôles des différents organes et leurs responsabilités ne sont pas clairement définis.

Un manque de compétences au Conseil de fondation

Autre point qui a largement occupé la conférence de presse: le nombre trop important de personnes au Conseil de fondation. De plus, les compétences de ses membres ne sont pas adaptées aux défis. D'autre part, des recrutements posent problème: la Cour note deux recrutements abusifs, dont un n'a pas fait l'objet d'un entretien. La Cour recommande donc de formaliser les processus de recrutement.

L'institution a donc émis 12 recommandations; signe de la crise, la quasi-totalité ont une «priorité» jugée «très élevée» ou «élevée». Ces dernières ont toutes été acceptées par les différents acteurs impliqués.

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