Lionel Dugerdil défend sa candidate
«Aucun candidat n’a la moindre chance face à Céline Amaudruz»

Première candidate déclarée à la succession de Guy Parmelin, Céline Amaudruz veut défendre le siège romand de l’UDC. Son président cantonal prévient les autres prétendants romands: se lancer affaiblirait l'UDC et serait contre-productif. Lionel Dugerdil s'explique pour Blick.
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«Les Alémaniques, je crois qu’ils sont déjà largement représentés au Conseil fédéral. Notre parti doit comprendre l’enjeu de garder une place romande au Conseil fédéral», affirme Lionel Dugerdil.
Photo: keystone-sda.ch
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Elle est la première à se lancer, et elle est genevoise. Céline Amaudruz a annoncé ce matin 15 octobre sa candidature à la succession de Guy Parmelin au Conseil fédéral. A ses côtés, Lionel Dugerdil, président de l’UDC genevoise et député au Grand Conseil, ne laisse planer aucun doute: elle est, selon lui, la seule chance pour son parti de conserver son siège romand.

Et il adresse un avertissement à ses collègues alémaniques: si les dernières initiatives de l’UDC ont échoué, c’est en Suisse romande qu’elles ont perdu. Céder ce siège, ce serait renoncer à conquérir des voix de l’autre côté de la Sarine. Blick s'est entretenu avec le vigneron et chef de l'UDC du bout du lac.

Lionel Dugerdil, quel est votre état d’esprit après cette annonce de Céline Amaudruz?

Aujourd’hui, c’est le sentiment d’un président qui est fier de sa candidate, qui est fier de représenter surtout la meilleure candidature romande et, à vrai dire, la seule chance romande de garder le siège au Conseil fédéral pour notre parti. Donc évidemment, c’est une fierté, mais c’est aussi une responsabilité que je mesure. Et ce qui est certain, c’est qu’on n’en est qu’au début. Comme l’a dit Céline Amaudruz, ça peut paraître court, deux mois, mais ça va être un marathon.

Vous êtes agriculteur, Céline Amaudruz ne l’est pas. Pour un parti agrarien, ça ne pose pas problème?

C’est peut-être plutôt mon rôle de convaincre la frange plus agrarienne, mais je crois que ça a été répété: ce qui est important pour notre parti, c’est d’avoir une représentativité large. Céline Amaudruz connaît très bien le milieu agricole. Qu’elle ne soit pas issue du monde paysan, ce n’est absolument pas une difficulté pour elle. On le voit avec Guy Parmelin, qui est issu de l’agriculture: il a été victime de sa collégialité. En tout cas, ma branche économique a été victime de la collégialité de Guy Parmelin. Donc ce n’est pas parce qu’on est paysan qu’on favorise sa profession au Conseil fédéral.

Pourquoi est-il important de garder ce siège romand?

Les Alémaniques, je crois qu’ils sont déjà largement représentés au Conseil fédéral. Pour nous, ce qui est important, c’est que notre parti comprenne l’enjeu de garder une place romande au Conseil fédéral. Je rappelle quand même qu’on est le parti qui lance le plus d’initiatives populaires. On l’a vu avec les trois dernières grandes initiatives qu’on a perdues devant le peuple: les parts de marché à gagner, elles sont en Romandie. Je crois que ce serait un très mauvais message pour la suite si on enlevait ce siège aux Romands et qu’ensuite on espérait gagner en votation populaire. Je crois que notre parti doit entendre ça aussi. En enlevant le siège romand, on se prive clairement d'élargir notre électorat de ce côté de la Sarine.

Si Céline Amaudruz ne figure pas sur le ticket de l’UDC le 20 novembre et qu’elle se lance en solo, est-ce une trahison?

Ce n’est pas le rôle de Céline Amaudruz de se lancer seule, et elle ne le fera pas, j’en suis certain. Si nous devions être balayés du ticket officiel, il faudra alors envisager la suite. Je ne peux pas vous en dire plus, mais il est clair que c’est à nous, les présidents romands, d’envisager la suite, et pas à Mme Amaudruz.

Parmi les autres candidats romands potentiels, lequel vous fait le plus peur?

C’est une très bonne question. Aucun candidat n’a la moindre chance face à Céline Amaudruz. C’est bien tout l’enjeu de cette candidature unique romande. En fait, c’est la responsabilité du candidat de se lancer ou pas. Mais ensuite, c’est la responsabilité de son président d’accepter sa candidature et de la porter. Et je pense qu’un président de section qui présenterait un candidat serait là pour faire perdre le siège romand. On a d’autres bonnes candidatures, mais qui seront sérieuses dans quelques années, dans quelques législatures. Aujourd’hui, elles ne le sont pas: ce serait clairement parasiter les chances romandes de garder ce siège. Quel président serait d’accord de porter cette responsabilité?

C’est un message clair que vous envoyez aux autres présidents de section romands?

Le message a déjà été envoyé depuis longtemps. Et là, je ne parle pas égoïstement en tant que Genevois, je parle en tant que Romand. Lors de nos discussions sur la candidature romande entre présidents romands, il a été clairement reconnu que présenter quelqu’un d’autre que Mme Amaudruz, c’était affaiblir la candidature de la Romandie.

Mais un candidat comme le Fribourgeois Nicolas Kolly ou Yvan Pahud, géographiquement plus proches de Berne?

Nicolas Kolly n’a pas encore terminé sa première législature. Ce sera une excellente candidature, et il a une chance d’accéder au Conseil fédéral. Il le sait, selon moi. Mais ce n’est pas pour aujourd’hui. Ce n’est pas son tour, dans le sens où les étoiles ne sont pas alignées pour lui. Etre candidat aujourd’hui prétériterait clairement une candidature future.

Donc Yvan Pahud et Nicolas Kolly ne se présenteront pas?

Je pense qu’ils sont assez intelligents pour comprendre que s’ils se présentaient, ce serait pour offrir le siège à un Alémanique qui aurait plus d’expérience, et qu’ils auront vraiment l’intelligence politique de ne pas le faire.

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