Une scène d'horreur s'est déroulée mercredi dans un appartement de Birr, en Argovie. Un homme de 44 ans aurait tué son épouse de 36 ans, sous les yeux de plusieurs enfants «Ils ont probablement assisté à une grande partie de l'acte. C'est une situation terrible», a déclaré à Blick Bernhard Graser, porte-parole de la police «L'appel d'urgence provenait d'un enfant». Les enfants, traumatisés, bénéficient désormais d'un soutien psychologique.
Mais qu'est-ce que cela signifie exactement? Comment les enfants peuvent-ils surmonter un tel traumatisme? Quel impact cela a-t-il sur les plus petits? «Sur le plan psychologique, il ne s'agit pas seulement d'un événement traumatisant isolé, mais d'un bouleversement profond de tout l'univers de la vie d'un enfant», explique Gregor Berger, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie pour enfants et adolescents.
Troubles du sommeil, cauchemars ou énurésie nocturne
«Certains enfants semblent d'abord étonnamment calmes ou «fonctionnent» normalement, ce qui ne signifie pas qu'ils ne sont pas affectés. D'autres sont très agités, s'accrochent, crient, posent sans cesse les mêmes questions ou ont du mal à dormir». Chez les plus jeunes, on peut observer des cas d'énurésie, de succion du pouce ou un besoin excessif de contact. Ces derniers peuvent avoir du mal à comprendre ce que signifie la mort de leur mère ou de leur père et demandent alors sans cesse quand leur maman ou leur papa va revenir.
Gregor Berger souligne aussi: «Toute réaction forte observée dans les premiers jours n'est pas forcément signe d'un trouble psychique. Nombre de ces réactions sont d'abord des réponses compréhensibles à un événement anormal». C'est pourquoi il est crucial que l'enfant se sente à nouveau en sécurité. Cela passe par la présence d’une personne de confiance et un soutien adapté. «Il est important de ne pas pousser les enfants à parler des détails. Ils doivent savoir qu'ils peuvent parler, mais qu'ils n'y sont pas obligés».
«Colère, contrôle, méfiance»
Etre témoin d'un acte aussi horrible peut avoir de graves conséquences, notamment sur le développement émotionnel des enfants. «Les enfants peuvent développer des difficultés à faire confiance aux autres, à accepter la proximité, à réguler leurs émotions ou à percevoir les conflits comme étant résolubles. Certains deviennent excessivement dociles et cherchent à ne plus être un fardeau; d'autres réagissent par la colère, le besoin de contrôle, la méfiance ou le repli sur soi».
Pour conclure, Berger explique: «Après un tel événement, les enfants ont besoin non seulement d’être protégés contre toute nouvelle violence, mais aussi d’un environnement calme, rassurant et aussi peu accusateur que possible.»
L'horreur de Birr s'ajoute à une longue liste d'atrocités. Ces dernières années, la Suisse a connu à plusieurs reprises des homicides similaires, au cours desquels des enfants ont dû être témoins de l’horreur.
Une mère battue à mort devant ses quatre enfants
En mars 2020, un acte d'une cruauté inconcevable s'est produit à Oey (BE). Un homme a tué à coups de couteau la mère de ses quatre enfants. Ceux-ci ont assisté à ce crime brutal dans leur propre maison avant de prendre la fuite, complètement traumatisés.
Bain de sang dans une cage d'escalier à Wohlen (AG)
En août 2024, des coups de feu ont retenti dans un immeuble d'habitation. Un homme a tué un père de famille polonais dans la cage d'escalier. Sa fille de sept ans s'est retrouvée prise au piège. «La fillette a dû assister, impuissante, à la mort de son père», avait déclaré à l'époque le porte-parole de la police cantonale, Adrian Bieri. Blessée par balle, la fillette a survécu.
Un grand-père tue sa petite-fille par alliance
En 2021, un Serbe s'est rendu en Suisse avec une mission sanglante: tuer sa petite-fille par alliance. Trois mois plus tôt, celle-ci avait demandé le divorce et souhaitait élever ses enfants en Suisse. Mais l'homme, un agriculteur, n'a pas accepté cette situation. Il a assassiné la femme de 32 ans de six balles à son domicile de Winterthour.
Deux des trois enfants de la Suissesse se trouvaient en Serbie chez leur père au moment des faits. Le troisième, âgé de seulement 19 mois, a été témoin du meurtre brutal de sa mère. Le grand-père a été condamné en 2024 à 20 ans de prison pour meurtre. «Ce fut une exécution de sang-froid», avait déclaré le président du tribunal lors du prononcé du jugement.
Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.
En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.
Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.
- Solidarité Femmes Bienne
032 322 03 44
9-12h et 14-20h
Mercredi: 14-20h
Samedi: 10-12h
Dimanche: 17-20h - Solidarité Femmes et Centre LAVI Fribourg
info@sf-lavi.ch
026 322 22 02 9-12h et 14h-18h
Ligne de nuit 19h-7h
Weekends et jours fériés: 11–17h - AVVEC Genève
info@avvec.ch
022 797 10 10 - Au cœur des Grottes, Genève
022 338 24 80
Lu-Ve 8h30-12h - Ligne d’écoute en matière de violence domestiques Genève
0840 11 01 10 - Centre d’accueil Malley Prairie, Lausanne
021 620 76 76
Non—stop - Maison de Neuchâtel SAVI
savi.ne@ne.ch
032 889 66 49 - SAVI La Chaux-de-Fonds
savi.cdf@ne.ch
032 889 66 52 - Unité de médecine des violences (UMV)
Consultation médico-légale - Bureau fédéral de l’égalité
- LAVI. Aide aux victimes d’infractions
- Fédération solidarité femmes Suisse
- Brava – ehemals TERRE DES FEMMES Schweiz
076 725 91 21
Lundi à Mercredi 14h-16h
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