Photo: Blick / Léo Michoud

Féminicide d’Epagny (FR)
Le Ministère public classe les procédures contre le tueur

Le Ministère public fribourgeois a clos les deux procédures ouvertes contre l’auteur du féminicide d’Epagny. Le classement intervient en raison de son décès, après qu’il a tué son épouse avant de se suicider.
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Lucie FehlbaumCheffe de la rédaction Actualité de Blick Romandie

Le volet pénal du féminicide d’Epagny (FR) se referme. Le Ministère public fribourgeois a annoncé avoir classé, par ordonnances datées du 1er juin 2026, les deux procédures pénales ouvertes contre l’homme qui a tué son épouse le 10 avril 2025 dans une villa de ce village gruérien.

La première procédure concernait directement les faits survenus ce jour-là. Selon l’instruction, désormais terminée, l’homme s’était introduit vers 9h dans une villa où son épouse effectuait un ménage. Il était porteur d’un fusil de chasse modifié et d’un récipient contenant de l’essence.

Sur place, il avait surpris son épouse ainsi que la propriétaire des lieux. Cette dernière, emmenée dans une autre pièce, était parvenue à s’enfuir et à donner l’alerte. Dans l’enchaînement, l’homme avait tiré à quatre reprises sur son épouse avec son fusil de chasse, provoquant sa mort.

Il avait ensuite répandu de l’essence sur le corps de la victime et dans le séjour de la villa, avant d’y mettre le feu. Puis il était monté à l’étage, où il s’était donné la mort au moyen de son fusil. Les autopsies ont établi que l'homme et sa victime étaient déjà décédés lorsque l’incendie s’est propagé à l’ensemble de la maison. En raison du décès du prévenu, la procédure ouverte contre lui pour assassinat, incendie intentionnel qualifié et infractions à la loi fédérale sur les armes a été classée.

Première plainte déposée en septembre 2024

Le Ministère public a également classé la procédure ouverte avant le féminicide, à la suite d’une plainte déposée par la victime le 18 septembre 2024. Dans cette plainte, l’épouse dénonçait des violences physiques, psychiques et sexuelles exercées depuis de nombreuses années par son mari. Elle expliquait également que leurs enfants avaient subi des violences physiques de la part de leur père.

Cette procédure portait notamment sur des soupçons de lésions corporelles simples, voies de fait, injure, menaces, contrainte, contrainte sexuelle, viol et violation du devoir d’assistance ou d’éducation. Dans ce cadre, le prévenu avait été placé en détention provisoire entre le 18 septembre et le 6 décembre 2024. Il avait ensuite été remis en liberté moyennant des mesures de substitution. Parmi elles figurait notamment l’interdiction d’approcher ou de contacter son épouse.

Cette décision avait suscité de lourdes questions après le féminicide. Dans les jours suivant le drame, le procureur général fribourgeois Fabien Gasser avait reconnu un «échec, malgré le travail accompli», en annonçant que les processus devraient être examinés. Le canton avait ensuite annoncé la constitution d’un groupe de travail chargé d’établir la chronologie des faits et des décisions prises par les autorités.

Les deux ordonnances de classement ne sont pas encore définitives. Elles peuvent faire l’objet d’un recours auprès de la Chambre pénale du Tribunal cantonal.

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