La Migros l'accuse de vol
Une aînée utilise pour la première fois la caisse automatique, elle finit au poste

A 70 ans, Therese Stooss a voulu, pour la première fois, scanner elle-même ses achats afin de gagner du temps. Sauf qu'elle se retrouve désormais soupçonnée de vol.
«J'avais l'impression d'être une criminelle», confie Therese Stooss, 70 ans.
Photo: Devin Schürch

En bref

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  • Therese Stooss, 70 ans, a été convoquée par la police pour un soupçon de vol dans une caisse automatique de Migros à Münchenbuchsee (BE).
  • On lui reproche de ne pas avoir scanné un sac plastique et un article, pour un total d'environ 24 francs.
  • La retraitée bernoise se dit choquée par les mesures prises, y compris un fichage complet et une réclamation de 300 francs par Migros. Elle affirme que son erreur n’était pas intentionnelle et critique la procédure qu’elle considère comme disproportionnée.
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Devin Schürch

«Je me suis sentie comme une criminelle», raconte Therese Stooss, 70 ans. Ce qui préoccupe particulièrement cette Bernoise, ce n'est pas tant la peine éventuelle qu'elle encourt, mais l'ampleur de la procédure.

L'affaire remonte à plusieurs mois. Le 31 mars dernier, cette retraitée achète sept articles dans une succursale Migros du centre commercial de Shoppyland, à Schönbühl. Pressée pour son rendez-vous chez le dentiste et au vu de l'affluence dans les caisses automatiques, elle opte exceptionnellement pour celles en libre-service. 

«Je n'ai jamais utilisé une telle caisse de toute ma vie», confie la senior. Une expérience qu'elle ne risque pas de renouveler, puisqu'elle a terminé au poste de police. 

De la caisse en libre-service au poste de police

La séniore raconte: elle explique avoir scanné ses achats et réglé par carte. Elle a aussi pris sur le présentoir un sac en plastique pour transporter ses affaires. Et c'est là que le bât blesse. «Je n’aurais jamais pensé que ce petit sac devait lui aussi passer au scanner pour que ces cinq centimes soient payés.»

Mais ce n'était pas là sa seule erreur: elle n'aurait pas correctement scanné un produit. «Je n’ai malheureusement pas vérifié le ticket de caisse. Je n’ai jamais fait ça de ma vie.» Therese Stooss ignore quel article n’a pas été scanné. Le montant total de ses achats s’élevait à environ 24 francs.

Quatre mois plus tard, son téléphone sonne: la police la convoque pour un interrogatoire à Münchenbuchsee (BE). «Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une arnaque. Je n’aurais jamais pu imaginer que j’étais soupçonnée d’avoir volé quelque chose.»

Au poste, on l'interroge pour suspicion de vol à l’étalage. On lui montre une vidéo de surveillance. Therese Stooss ne conteste pas son erreur: « Avec le recul, je vois très bien ce que j’ai fait de faux.» On lui annonce que la Migros lui réclame 300 francs.

Empreintes digitales, photos et risque d'amende

Mais ce n’est pas tout. «J’ai été photographiée sous tous les angles. Même mon tatouage au pied a été pris en photo», raconte la septuagénaire. D’après elle, on lui a également pris ses empreintes digitales et celles de la paume de ses mains. Une incompréhension totale pour cette Bernoise: «Je trouve ces mesures complètement exagérées.»

Interrogée par Blick, la police cantonale de Berne ne s’est pas exprimée sur ce cas précis. Mais elle précise que «les fichages dans le cadre d’infractions de vol à l’étalage ne sont pas inhabituels». Ils permettraient d’identifier les suspects et de les relier à des infractions déjà commises ou à venir.

Therese Stooss souligne que la valeur des marchandises n’est pas déterminante dans l’évaluation. «Ce qui compte, c’est plutôt l’ensemble des circonstances et, en particulier, la présence d’indices laissant penser à une action intentionnelle.» A ce stade de la procédure, il n’est pas possible de déterminer de manière définitive ce qui a précisément conduit à soupçonner une action intentionnelle.

«A l’avenir, j’éviterai ces caisses»

Cette aînée explique que ce n'est pas tant l'amende qui la bouleverse, mais la procédure qui en a découlé. «Je me retrouve prise dans cet engrenage, mes données sont enregistrées parce que j’ai commis une erreur.»

La procédure est toujours en cours. Elle se dit prête à payer une éventuelle amende, mais regrette que Migros ne l’ait pas contactée au préalable. «J’aurais reconnu mon erreur et accepté la sanction, afin que l’affaire puisse être rapidement réglée.»

Le géant orange ne s’exprime pas non plus sur ce cas précis, qu'il justifie par la procédure pénale en cours. «Migros ne porte pas plainte à la légère», précise-t-elle toutefois à Blick. Pour cette femme de 70 ans, une seule chose est claire: «A l’avenir, j’éviterai ces caisses automatiques!»

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