Drame de Crans-Montana
Jean-Claude Savoy choisit de garder le silence

Président de la commune de Chermignon de 2009 à 2016, Jean-Claude Savoy s'est présenté, mercredi, devant le pool de procureures en charge de l'affaire de l'incendie du 1er janvier à Crans-Montana. L'homme a choisi de garder le silence, n'ayant pas eu accès au dossier.
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En 2015, il avait co-signé une autorisation d'exploiter en faveur du bar «Le Constellation».
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

L'ex-président de. Chermignon est arrivé au campus Energypolis de Sion en compagnie de son avocat. L'homme a choisi de ne pas répondre aux questions des membres du Ministère public (MP) en charge de l'affaire et des quelques dizaines d'avocats présents. D'emblée, l'homme a pris la parole pour expliquer ses raisons.

«J'assume mes responsabilités politiques»

«Mon client n'a pas répondu aux questions, car il n'a pas eu accès au dossier», a précisé son avocat Bryan Pitteloud en milieu de matinée. «Pour la suite, il entend participer activement à l'enquête.»

«Ma partie active dans ce dossier date de l'été 2015. Vous pouvez répondre à des questions qui datent de 130 mois? Ce n'est pas possible», a estimé pour sa part le prévenu face à la presse.

Et de rappeler: «ma volonté de coopérer s'est manifestée très vite. Dès le 4 janvier, je me suis mis à disposition de Mme la procureure (générale Béatrice Pilloud). Une fois que j'aurai eu accès au dossier, je répondrai aux questions. J'assume mes responsabilités politiques qui sont évidentes» dans cette affaire.

Co-signataire de l'autorisation d'exploiter du «Constellation»

En 2015, alors qu'il était encore président de Chermignon, Jean-Claude Savoy avait co-signé une autorisation d'exploiter en faveur du bar «Le Constellation», à la suite de travaux mandatés par le nouveau gérant, Jacques Moretti.

«Nous respectons le droit de chaque prévenu de se défendre conformément à la loi», a souligné à Keystone-ATS Sébastien Fanti, avocat de plusieurs parties plaignantes. «Nous escomptons la même posture des condamnés lorsqu’ils devront faire face aux conséquences de leurs actes ou omissions. Humainement les victimes, après avoir dû affronter l’indicible, doivent faire face au mutisme ou à des calembredaines. Leur courroux procédural sera équivalent.»

Faible présence médiatique

«Garder le silence est incompréhensible à l’égard des familles des victimes, qui ont besoin de réponses», a pour sa part estimé Romain Jordan, avocat de plusieurs parties civiles.

La convocation de Jean-Claude Savoy, la dernière prévue par le MP au mois de mai, n'a pas déchainé les foules, ce mercredi. Seuls cinq médias (trois suisses, un français et un italien) se sont déplacés à Sion.

Cette audition a suivi celles de l'actuel conseiller communal en charge de la sécurité de Crans-Montana, Patrick Clivaz (lundi) et de l'actuel adjoint au chef de service de la sécurité publique de la commune de Crans-Montana (mardi).

Pas d'assouplissements des mesures

Dans cette affaire, les prévenus - ils sont actuellement treize - doivent tous répondre d’homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. L'ancien conseiller communal de Chermignon en charge des constructions (2013-2016) sera, lui, convoqué pour la première fois par le MP, le 3 juin, deux jours avant une nouvelle audition de Jacques Moretti.

Selon une information de la RTS confirmée mercredi mati par le MP à Keystone-ATS, les avocats de Jessica et de Jacques Moretti ont demandé, fin avril, à ce que leurs clients ne doivent pointer dans un poste de police qu'une fois par semaine et non quotidiennement comme c'est le cas depuis le mois de janvier.

Statu quo

Le 1er mai dernier, le Tribunal de mesures de contrainte (TMC) a rendu une réponse négative concernant Jacques Moretti. Fin avril, le TMC a déjà pris la même décision concernant Jessica Moretti.

Les mesures de substitution auxquelles sont soumises le couple courent, pour l'heure, jusqu'au 10 juillet pour Jessica Moretti et au 21 juillet pour son époux. Tous deux vont donc devoir continuer à se présenter quotidiennement dans un poste de police. En janvier, ils avaient dû déposer leurs documents d'identité et de séjour auprès du MP. Ils ont l'interdiction de quitter le territoire suisse.

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