Un médecin du sport bâlois démonte les mythes sur l'exercice
«Aucun médicament ne peut remplacer le sport»

Les tendances fitness sont partout, alors qu'on ignore souvent les bienfaits du quotidien. Le Pr. Arno Schmidt-Trucksäss, médecin du sport, plaide pour des «encas de mouvement» et explique pourquoi préserver sa masse musculaire compte plus que ce qu'affiche la balance.
Les fameux 10'000 pas par jour sont-ils vraiment indispensables? La réponse à cette question est donnée par le professeur Arno Schmidt-Trucksäss dans l'interview.
Photo: Getty Images
Article rémunéré, présenté par Groupe Mutuel.

Selon un sondage représentatif du Groupe Mutuel, les Suissesses et les Suisses s'entraînent 42 minutes de plus par semaine que l'an dernier. Ressentez-vous cet élan dans votre pratique quotidienne?
Professeur Arno Schmidt-Trucksäss: C'est un signal très encourageant, qui reflète une prise de conscience croissante autour de la santé. Mais il faut nuancer: environ un quart de la population bouge encore trop peu, moins d'une heure par semaine. Ceux qui commencent à intégrer effort et transpiration dans leur routine font pourtant exactement ce qu'il faut. Le corps doit être sollicité pour s'adapter. C'est fondamental pour la santé.

Beaucoup de gens démarrent très motivés, de zéro à cent. Qu'est-ce que ça fait au corps?
Le problème, c'est la différence de vitesse d'adaptation. La musculature progresse vite. Mais l'appareil locomoteur passif — tendons, capsules articulaires, cartilages — a un métabolisme lent. Il lui faut bien plus de temps. Qui en fait trop au départ s'expose aux surcharges et aux douleurs. Une pause s'impose et il est ensuite très difficile de remettre ces personnes au sport. Bien doser ses débuts, c'est décisif.

Notre expert

Le Prof. Arno Schmidt-Trucksäss est professeur de médecine du sport à l'Université de Bâle, où il dirige le département de médecine du sport et de l'exercice. Depuis 2012, il est également médecin-chef de la consultation de médecine du sport du Département des sports, du mouvement et de la santé (DSBG) de l'Université de Bâle.

Le Prof. Arno Schmidt-Trucksäss est professeur de médecine du sport à l'Université de Bâle, où il dirige le département de médecine du sport et de l'exercice. Depuis 2012, il est également médecin-chef de la consultation de médecine du sport du Département des sports, du mouvement et de la santé (DSBG) de l'Université de Bâle.

Où se situe la limite de la surcharge dangereuse, notamment pour le cœur?
Pour un cœur sain, la tolérance est très élevée. Jusqu'à quatre heures d'endurance par semaine, le principal effet est une économisation: le cœur bat plus lentement à effort égal et éjecte davantage de sang par battement. Un vrai «cœur d'athlète» ne se forme qu'au-delà de cinq heures d'entraînement intensif hebdomadaire. Trois séances d'une heure? Aucun risque pour une personne en bonne santé.

Dans le sondage, 90% des participants se disent bien informés sur l'alimentation et l'exercice. Pourtant, beaucoup voient le sport avant tout comme un moyen de brûler des calories. On sous-estime ses vrais effets?
Brûler des calories, c'est en réalité le moindre des bénéfices. Le sport est une véritable pilule miracle, et la seule que nous ayons! Aucune combinaison de médicaments ne peut reproduire les effets de l'endurance et de la musculation. Maigrir uniquement par le mouvement est extrêmement difficile: une heure de jogging brûle moins de calories qu'une pizza. Et la moitié des gens ont plus faim après le sport et compensent aussitôt. La vraie puissance du sport, elle est ailleurs, dans le milieu biologique qu'il crée.

Vous pouvez développer?
Le mouvement réduit les inflammations dans le sang et libère des substances protectrices. Il prévient l'artériosclérose et protège les cellules. On parle de «Healthy Longevity»: vivre longtemps et en bonne santé. La médecine moderne sait réparer ou remplacer des organes. Mais elle ne peut pas reproduire en pilule ce que le mouvement fait au corps.

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En tant que l'une des principales assurances-maladie de Suisse, Groupe Mutuel s'engage pour davantage de sensibilisation et une prévention efficace. Avec cette étude sur l'alimentation et l'exercice, elle met en lumière les lacunes du quotidien et accompagne les personnes assurées vers un équilibre durable entre information et santé.

En tant que l'une des principales assurances-maladie de Suisse, Groupe Mutuel s'engage pour davantage de sensibilisation et une prévention efficace. Avec cette étude sur l'alimentation et l'exercice, elle met en lumière les lacunes du quotidien et accompagne les personnes assurées vers un équilibre durable entre information et santé.

Sur les réseaux, des défis comme «100 burpees par jour» ou «Abdos en 30 jours» cartonnent. Motivant ou dangereux?
Avant 35 ans, on peut généralement y participer sans risque, à condition de n'avoir aucune pathologie. Les objectifs motivent, et la compétition stimule. Ça se corse à partir de 50 ans, surtout en cas d'hypertension ou de tabagisme. Un bilan médico-sportif est alors indispensable avant de s'exposer à des efforts de haute intensité.

Que conseillez-vous à quelqu'un qui n'a jamais vraiment bougé?
Créer des habitudes. Ça peut commencer par enfiler ses chaussures de jogging et faire un tour du quartier. Les recommandations officielles: 150 à 300 minutes de mouvement modéré par semaine. On y va progressivement: la première semaine, trois fois dix minutes de marche, puis on monte en charge. Après un mois, on peut intégrer de courts intervalles de course.

Prendre les escaliers, descendre un arrêt plus tôt: est-ce que ça compte vraiment?
J'appelle ça des encas de mouvement. Pour quelqu'un de sportif, l'apport est marginal. Mais pour une personne totalement inactive, c'est un vrai stimulus. Mon credo: gardez votre escalier à la maison, vous éviterez l'EMS. Chaque marche est un entraînement. Une condition toutefois: l'encas doit durer assez longtemps pour activer la circulation. L'idéal, c'est dix minutes de mouvement d'affilée.

Et les fameux 10'000 pas: sont-ils vraiment indispensables?
La science montre que le risque de maladies chroniques baisse déjà en deçà de ce seuil. Ce qui compte, c'est la qualité. Quelqu'un qui bouge beaucoup au travail cumule des pas sans jamais faire monter son pouls: l'effet quasi nul. 6000 pas de marche rapide d'affilée peuvent valoir bien plus que 10'000 pas éparpillés en petits encas tout au long de la journée.

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Cet article a été réalisé par le Ringier Brand Studio à la demande d'un client. Les contenus ont été préparés de manière rédactionnelle et répondent aux exigences de qualité de Ringier.

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