Les 80 bougies préparées pour l'anniversaire de Donald Trump, ce dimanche 14 juin, pourraient bien être soufflées par cette explosion. Si rien n'est fait, dans les prochaines heures, pour arrêter l'escalade des frappes dans le golfe Persique, l'Iran ne se privera pas de gâcher la cérémonie à laquelle le président des Etats-Unis tient tellement.
Les Gardiens de la Révolution au pouvoir à Téhéran savent en effet comment frapper l'Amérique, pour que celle-ci ne puisse plus prétendre que cette guerre déclenchée le 28 février avec Israël reste sous contrôle. Ils ont besoin pour cela de réactiver une seule bombe: celle qui leur permettra de refermer pour de bon le détroit d'Ormuz.
Happy Birthday!
L'anniversaire d'un président n'est, en théorie, pas un événement majeur. Sa célébration, intime ou pas, n'a – du moins dans les pays démocratiques – guère de conséquences géopolitiques. Sauf que Donald Trump n'est pas un chef de l'Etat comme les autres. C'est sous le signe de la force, dans sa version sportive la plus brutale, que le locataire de la Maison Blanche a choisi de placer les festivités pour ses 80 ans.
La résidence présidentielle, à Washington, accueillera un combat de MMA, dans une arène spécialement construite pour l'occasion. Plusieurs invités, comme le podcasteur Joe Rogan, ancien commentateur de catch, assureront le spectacle. Au menu donc: une cérémonie très masculiniste supposée incarner la virilité de l'Amérique. Soit un excellent moment, pour la République islamique d'Iran, pour démontrer à Donald Trump qu'elle lui résiste et qu'elle peut même le faire plier.
Des mines dans le détroit
Pour cela, deux bombes, pas une seule, sont à la disposition du régime de Téhéran, certes isolé et affaibli, mais très loin d'être KO. La première bombe est évidemment le détroit d'Ormuz, dont la fermeture annoncée a déjà fait prendre quelques dollars de plus au baril de pétrole ces dernières heures. Il suffit, pour mémoire, que l'Iran laisse flotter des mines marines jusque-là stockées et amarrées dans des cavités rocheuses sur la côte, pour que plus personne ne puisse s'aventurer dans le détroit d'Ormuz.
Le fait que des engins explosifs dérivent dans ce passage maritime étroit bordé de falaises est suffisant pour dissuader même les armateurs les plus audacieux. Or le détroit d'Ormuz, en son point le plus étroit entre la péninsule omanaise de Musandam et les côtes iraniennes, est facile à bloquer. Sans doute est-ce pour détruire à nouveau les infrastructures navales des Gardiens de la Révolution que les Etats-Unis ont repris leurs frappes sur le port de Bandar Abbas et sur l'île de Qeshm.
Attaques sur les bases US
La seconde bombe, qui serait encore plus efficace pour ruiner l'anniversaire de Trump puis sa présence au G7 d'Evian les 15 et 16 juin, serait un coup porté contre un navire américain ou une base militaire des Etats-Unis. A priori, cela paraît très difficile. La plupart des bases américaines de la région ont été évacuées. Et jusque-là, les aviateurs tombés au combat à la suite de la destruction d'un avion F-15 (le 3 avril) et d'un hélicoptère Apache (le 8 juin) ont très vite été récupérés.
Le scénario du pire n'en reste pas moins possible: à savoir une attaque par essaim de drones, ou un tir de missile sur un navire de l'US Navy, même si ceux-ci demeurent prudemment éloignés de l'Iran, dans le golfe Persique. Tout changerait alors. La guerre «zéro mort» (seize victimes américaines au total depuis le début du conflit) serait terminée. Trump aurait alors beaucoup plus de mal à «vendre» cette guerre contre l'Iran à sa population, qui l'a élu sur sa promesse de ne plus mener d'opérations militaires extérieures.
Deux bombes pour 80 bougies. D'ici à son gâteau d'anniversaire dimanche, après le combat de MMA qu'il a tant souhaité et alors que le Mondial de football commencera à battre son plein, Donald Trump fait, en réalité, une cible parfaite. L'objectif des frappes iraniennes? C'est lui, l'octogénaire président des Etats-Unis.