Attaques contre Israël
Pour ces 5 raisons, l'Iran est désormais plus fort que Trump

Les tirs iraniens contre Israël, et la riposte de l'Etat hébreu, témoignent d'une nouvelle escalade au pire moment pour Donald Trump. Le président des Etats-Unis a en effet besoin d'une trève durable à la veille du 250e anniversaire de l'indépendance de son pays.
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Creuser le fossé entre Israël et les Etats-Unis: le but du régime iranien est évident avec ces nouvelles frappes.
Photo: Getty Images
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Richard WerlyJournaliste Blick

Pourquoi l'Iran a-t-il repris ses attaques contre Israël, au risque de relancer la guerre au Moyen-Orient et de s'exposer à des frappes très meurtrières? Parce que le moment est propice pour mettre en grande difficulté un Donald Trump plus affaibli que jamais. Aux Etats-Unis, le président se retrouve en effet piégé par son calendrier international et domestique, à moins d'un mois des célébrations du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance de son pays, le 4 juillet 1776.

L'Iran a réarmé

C'est une évidence, documentée par plusieurs rapports d'experts et reconnue par les services de renseignement américains et israéliens: le cessez-le-feu décrété unilatéralement par Donald Trump le 8 avril a profité à la République islamique. Y compris sur le plan de son arsenal de missiles et de drones, les deux principales menaces dirigées contre les pays du Golfe persique, contre Israël et contre l'armada aéronavale américaine déployée dans la région. Désormais, les Etats-Unis reconnaissent que l'Iran dispose d'environ 70% de sa capacité ballistique, et les frappes de drones contre les pays voisins démontrent que ses arsenaux de Shahed, ses appareils sans pilote les plus dangereux, sont de nouveau remplis. La Russie et la Chine, via les filières d'approvisionnement terrestres, ont aidé l'Iran. Or, qui dit armes dit capacité à se défendre et à attaquer.

L'Iran tient sa population

L'argument initial de Donald Trump pour attaquer et frapper l'Iran avec Israël, le 28 février, était le soulèvement en cours de la population iranienne. On se souvient du message posté par le président des Etats-Unis: «Quand nous aurons fini, prenez le contrôle de votre gouvernement. Il vous appartiendra. L'Amérique est en route pour vous aider.» Ce message s'adressait aux Iraniens descendus massivement dans les rues des grandes villes de leur pays à la fin décembre et au début janvier pour protester contre la dégradation de leurs conditions de vie. Résultat: entre 10'000 et 30'000 morts à l'issue d'une répression féroce, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Depuis, rien n'a bougé. Les Gardiens de la révolution tiennent leur peuple et abusent de la fibre patriotique.

L'Iran tend un piège

Le conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël a buté sur un premier piège, aussi incontournable que mal anticipé: le blocage du détroit d'Ormuz, toujours en vigueur. C'est aujourd'hui un second piège que Téhéran tend à Washington: celui de l'Etat hébreu, de plus en plus détesté par une partie de l'opinion publique américaine, convaincue que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a entraîné Trump dans ce conflit. Au vu des destructions causées au Liban par l'armée israélienne pour éradiquer le Hezbollah chiite pro-iranien, les Gardiens de la révolution disposent d'une formidable carte politique et médiatique. Ils justifient leur reprise des hostilités par la défense du Liban. Israël apparaît comme l'agresseur. Le piège se referme.

L'Iran sait que Trump en a marre

Le président américain est un impatient chronique. Il aime les «deals» rapides et ne veut pas rester enlisé dans cette région complexe qu'est le Moyen-Orient. Or, les Iraniens sont décidés à profiter de cette situation. Ils ont le temps pour eux et leur diplomatie excelle à jouer la montre. Ils savent qu'ils risquent de nouvelles frappes américaines et israéliennes, mais leurs dirigeants se montrent beaucoup plus prudents dans leurs déplacements afin d'éviter d'être éliminés. Plus Trump en a marre, plus l'Iran peut espérer creuser le fossé entre les États-Unis et Israël, ce qui a pour but de rebattre les cartes en matière d'objectifs militaires. Benjamin Netanyahu en avait trois avant le 28 février : la chute du régime islamique, la destruction totale du complexe militaro-nucléaire et l'arrêt du soutien iranien à ses alliés régionaux, comme le Hezbollah. Triple échec ! Trump, lui, veut seulement une victoire. Ce qui peut se négocier...

L'Iran tient Ormuz

On y revient, et c'est crucial: tant que le détroit d'Ormuz est fermé, l'Iran dispose d'un levier décisif, car ce passage est essentiel à l'économie mondiale. Or, dans les semaines qui viennent, Donald Trump va se retrouver sous une intense pression diplomatique, politique et médiatique. La Coupe du monde de football coorganisée par son pays démarre le 11 juin. Son anniversaire, accompagné d'un grand spectacle de MMA, a lieu le 14 juin. Le G7 d'Evian se réunit les 15 et 16 juin. Puis le sommet de l'OTAN aura lieu à Ankara au début du mois de juillet, juste après la célébration du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, le 4 juillet. Le cauchemar de Trump? Qu'un navire américain coule ou soit gravement touché dans le détroit d'Ormuz durant cette période.

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