Un déficit de 63 milliards
Le coût hors de contrôle de la guerre fait paniquer les proches de Poutine

La guerre en Ukraine est en train de siphonner les caisses du Kremlin. Le déficit budgétaire a explosé pour atteindre 63 milliards de francs. Face à ce gouffre financier, l'entourage de Vladimir Poutine s'agite, alors que la Défense réclame toujours plus d'argent.
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Le trésor de guerre de Vladimir Poutine est actuellement mis à rude épreuve.
Photo: keystone-sda.ch
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Bernadette Hogg

Le conflit ukrainien coûte une fortune colossale à Vladimir Poutine, et le vernis commence à craquer à Moscou. Selon des révélations de l’agence Bloomberg, la panique gagne les couloirs du pouvoir: de hauts responsables du gouvernement russe ont directement mis en garde le maître du Kremlin, qualifiant cette guerre d'«intenable» sur le plan économique. Leur exigence? Sabrer immédiatement dans les dépenses militaires. Une demande restée lettre morte.

Au ministère de la Défense, pas question de fermer le robinet des milliards. Les généraux campent sur leurs positions, affirmant qu’une baisse des budgets d’armement détruirait l’économie nationale, dont des pans entiers dépendent désormais des commandes de l’Etat. Pire, les hauts gradés réclament des rallonges. Pour trancher, Poutine a ordonné au ministère des Finances de trouver des économies potentielles partout ailleurs, sauf dans l’armée.

La guerre en Ukraine pèse lourdement sur les finances du Kremlin. Selon les chiffres du ministère des Finances, le déficit du budget de l’Etat russe s’élève déjà à 63 milliards de francs suisses pour la période de janvier à avril 2026. C’est près de 50% de plus que prévu pour l’ensemble de l’année – l’objectif était un déficit maximal de 41 milliards de francs suisses.

Un expert fait signe que non

Vasily Astrov, spécialiste de la Russie à l’Institut viennois d’études économiques internationales, relativise la situation. «Le déficit budgétaire était très important en début d’année car les prix du pétrole russe étaient au plus bas», explique-t-il. Depuis, le prix du pétrole a doublé. C’est une bonne nouvelle pour la Russie, qui peut ainsi vendre son pétrole plus cher et générer des recettes supplémentaires.

Mais la situation financière est apparemment si critique que cela ne suffit pas. Comme le rapporte la chaîne de télévision allemande ntv: l’envolée des prix du pétrole, provoquée par la guerre en Iran, ne suffirait pas à résoudre les problèmes. Le prix devrait se maintenir au-dessus de 100 dollars le baril pendant au moins un an pour réellement soulager l’économie russe.

Les oligarques ouvrent leur porte-monnaie

La situation est si dramatique que même les oligarques russes tentent désormais d’améliorer le budget des ménages – ils puisent dans leurs propres poches, comme le rapporte le quotidien britannique «Telegraph».

Poutine va-t-il pour autant se retrouver à court de liquidités demain matin? La réponse est non. Le président russe dispose encore d’un levier de secours imparable: il peut piocher à sa guise et sans limite dans les réserves des banques nationales russes. Mais jusqu’à quand?

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