La guerre en Iran fait rage depuis déjà un peu plus d'un mois. Et depuis le début du conflit, le détroit d'Ormuz, contrôlé par l'Iran, est quasiment impraticable. Cet étroit passage maritime est pourtant essentiel pour l'approvisionnement mondial en pétrole: près d'un cinquième des volumes mondiaux y transitent.
Si les pétroliers et les cargos restent immobilisés pendant une période prolongée, des pénuries d'énergie deviendront tôt ou tard inévitables, y compris en Europe. Une récente étude de la banque américaine J. P. Morgan avertir que le Vieux Continent pourrait faire face à une crise d'approvisionnement plus tôt que prévu, dès le 10 avril.
En seulement cinq jours, nous pourrions être confrontés à une «pénurie massive d'essence et de diesel». Selon la banque, c'est ce jour-là qu'arriveront les dernières cargaisons de pétrole expédiées avant le début du conflit. Après cela, les importations seront en grande partie interrompues, selon les prévisions.
La Chine et l'Inde sont particulièrement touchées
Mais selon la banque, d’autres régions sont encore plus durement touchées. L’Asie et l’Afrique australe n’ont quasiment plus reçu de livraisons de pétrole depuis le 1er avril. Des pays comme la Chine et l’Inde, qui dépendent jusqu’à 90% du golfe Persique pour leur approvisionnement, sont particulièrement exposés. En Afrique du Sud, une baisse des livraisons de pétrole est déjà observée depuis la mi-mars.
Aux Etats-Unis, pays d’origine de J.P. Morgan, ainsi qu’au Canada, les effets de la guerre devraient bientôt se faire davantage ressentir: en Amérique du Nord, l’impact est attendu dès le 15 avril, en particulier sur les importations de diesel. Près d’un tiers du diesel commercialisé dans le monde provient du Moyen-Orient. Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pourrait «gravement perturber» les infrastructures mondiales, l’agriculture et le secteur des transports, selon le rapport.
Une situation d'approvisionnement encore stable en Suisse
Pour stabiliser la flambée des prix du pétrole brut, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a décidé le 13 mars de libérer volontairement 400 millions de barils de pétrole provenant des réserves d'urgence de ses pays membres. La Suisse est également membre de l'AIE.
Mais pour l'instant, notre pays s'abstient encore de libérer ses réserves de pétrole, comme Blick l'avais appris à l'époque. Interrogé à ce sujet, l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique national (OFAE) a fait savoir que «Compte tenu de l'approvisionnement actuellement assuré de la Suisse en produits pétroliers et de la marge de manœuvre prévue au niveau national, la Suisse ne participera pas, pour l'instant, à la libéralisation volontaire.»
Pour la Suisse, la situation est donc actuellement stable. Cependant, la Confédération suit de près la situation et prendra des mesures si nécessaire, a annoncé l'Office fédéral de l'approvisionnement économique national (OFEN).