Perturbations à Ormuz
La pénurie de pétrole et de gaz provoque «la pire crise industrielle» mondiale

Les perturbations au détroit d'Ormuz pourraient engendrer «la pire crise industrielle de mémoire», alerte John Denton à Yaoundé. La pénurie de pétrole et de gaz touche l'industrie et menace la sécurité alimentaire en Afrique.
La Chambre du commerce internationale (CCI) demande le rétablissement rapide d'un "passage sûr" dans le détroit d'Ormuz (archives).
Photo: Altaf Qadri
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ATS Agence télégraphique suisse

Les conséquences des perturbations à Ormuz pourraient provoquer «la pire crise industrielle de mémoire», selon le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale (CCI) John Denton. De nombreuses entreprises sont affectées, a-t-il dit mercredi.

S'exprimant à Yaoundé à la veille du début de la ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le secrétaire général a relevé que les difficultés ne sont pas dues seulement aux prix énergétiques. Mais à la production industrielle elle-même qui subit la pénurie du pétrole et du gaz. «Des entreprises importantes appliquent un cas de force majeure» et coupent leurs contrats d'approvisionnement, a ajouté le représentant d'environ 50 millions de sociétés dans plus de 170 pays. Et «les conséquences ne se limitent pas aux industries», dit-il.

Un scénario coûteux

Les effets sur les exportations d'engrais depuis le Golfe menacent d'aboutir à des rendements agricoles très bas en Afrique et de provoquer d'importants impacts pour la sécurité alimentaire. Pour cette raison, John Denton implore la communauté internationale de faire tout son possible «pour restaurer un passage sûr» dans le détroit d'Ormuz.

Il a lui-même rejoint l'initiative du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres sur cette voie maritime. «Seule une réponse internationale concertée et active» peut améliorer la situation, selon lui. Raison pour laquelle il exhorte les membres de l'OMC à avancer vers une réforme de l'organisation. Les deux questions ne sont pas séparées, tant les entreprises ont besoin d'un système multilatéral efficace, selon lui.

«Chaque mois» où la réforme est différée, l'OMC est fragilisée. Et il serait «presque impossible» de le rétablir en cas de démantèlement, ajoute John Denton. Selon une étude de la CCI, un ce scénario pourrait coûter 5% de leur Produit intérieur brut (PIB) aux pays en développement.

Cette organisation veut la possibilité de coalitions volontaires à l'OMC et une solution permanente pour le moratoire sur les transactions électroniques. Elle veut aussi être associée aux discussions sur la réforme. Les entreprises veulent un format permanent pour être entendues, a ajouté John Denton.

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