La Russie en mauvaise posture
Poutine appâte ses soldats avec des primes mirobolantes

La guerre en Ukraine tourne mal pour la Russie. Vladimir Poutine doit remplacer 30'000 soldats chaque mois et puise dans ses propres réserves pour recruter de nouveaux combattants. Auparavant, il avait déjà eu recours à des mercenaires étrangers ou à des prisonniers.
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Vladimir Poutine est sous pression face à l'Ukraine.
Photo: keystone-sda.ch
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Sven Schumann

La Russie est en grande difficulté face à l’Ukraine. En quatre ans de conflit, 1,3 million de soldats russes auraient été blessés ou tués. Pour pallier ces pertes sur le front, le Kremlin recherche désespérément des renforts. Mais il devient de plus en plus difficile pour le président russe Vladimir Poutine de recruter de nouveaux soldats. Moscou fait donc pression sur les gouverneurs des différentes régions pour qu’ils atteignent les quotas élevés fixés.

Dans cette course aux recrues, les régions promettent des primes élevées aux «contractniks» (les soldats sous contrat), révèle «Der Spiegel». Les Russes qui s’engagent dans les forces armées peuvent recevoir jusqu’à quatre millions de roubles, soit 41’000 francs suisses. A titre de comparaison, un citoyen russe doit travailler en moyenne plus de trois ans pour toucher cette somme. Dans ce processus de recrutement, tout un secteur économique s’est formé, notamment avec des intermédiaires qui perçoivent des commissions.

Mais Poutine ne se contente pas d’offrir de l’argent. La Russie a aussi pour habitude de recourir à des méthodes non conventionnelles pour recruter de nouveaux soldats, et pas seulement à l’intérieur de ses frontières.

Le front plutôt que la prison

Au début de la guerre, la Russie a prématurément libéré des milliers de criminels de leur cellule pour les envoyer en Ukraine. S’ils acceptaient de se battre sur le front, leur peine serait écourtée. Après un entraînement de seulement quelques jours, les détenus ont été envoyés au combat.

Des mercenaires étrangers

Poutine recrute aussi des combattants à l’étranger. Des agences russes attirent des mercenaires d’autres pays en Russie grâce à des offres d’emploi alléchantes. Une fois sur place, les autorités les contraignent à signer un contrat avec l’armée russe, puis les envoient au front. Cette pratique a provoqué un scandale de politique étrangère en février: le gouvernement kényan, furieux, l’a fermement condamnée.

Des soldats nord-coréens

La Russie et la Corée du Nord sont liées par leur isolement en matière de politique étrangère, mais aussi leur coopération sur le plan militaire: les deux pays ont conclu un accord de coopération militaire il y a deux ans. En plus de munitions et d’artillerie, le dictateur nord-coréen Kim Jong-un a envoyé jusqu’à 15’000 soldats en Russie, selon les estimations des services de renseignement sud-coréens. En contrepartie, la Russie est censée fournir à la Corée du Nord de l’argent, des garanties de sécurité et du matériel militaire.

Des citoyens endettés

En raison des taux d’intérêt élevés et de la conjoncture économique défavorable, de nombreux Russes sont endettés. Cette situation fait le jeu de Poutine. Une loi de 2024 prévoit l’annulation des dettes des recrues à hauteur de 10 millions de roubles, soit environ 104’000 francs suisses.

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