Le soupçon fait grand bruit. Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial (WEF), aurait-il été espionné pendant plusieurs années? Un dispositif d’écoute aurait été découvert lors d’un contrôle de sécurité de routine dans sa propriété de Cologny, située en contrebas du siège du WEF.
Selon des informations recueillies par Blick auprès de sources proches de Klaus Schwab, le matériel se trouvait dans son bureau privé. La maison, où il vit depuis plus de cinquante ans avec son épouse Hilde Schwab, n’est pas le seul endroit où il travaille. Le fondateur du WEF utilise également une petite maison aménagée au fond de son jardin. C’est là qu’il développe ses idées, rédige ses textes et passe ses appels téléphoniques. Il s’y sentait en sécurité. La découverte n’en est que plus troublante.
D’après les recherches menées par Blick, le dispositif aurait été repéré par un spécialiste externe de la sécurité. Celui-ci aurait remis l’ensemble du matériel à la police. Klaus Schwab a déposé plainte et le Ministère public genevois a ouvert une enquête.
Un dispositif mystère
Ces informations n’ont pas encore pu être confirmées de manière indépendante. Plusieurs sources proches de Klaus Schwab estiment toutefois que le dispositif aurait été installé au cours des trois dernières années. On ignore encore s’il était réellement actif et si des conversations ou d’autres informations provenant du bureau ont été enregistrées. Une question centrale reste surtout sans réponse: qui pourrait être à l’origine de cette opération présumée?
Une chose est certaine, cette affaire intervient sur fond de lutte de pouvoir au sein du WEF. Après des accusations anonymes d’abus de pouvoir, Klaus Schwab avait quitté la présidence du Forum au printemps 2025. Une enquête externe menée par un cabinet d’avocats zurichois l’avait ensuite entièrement disculpé.
Ses adversaires internes ont eux aussi quitté leurs fonctions. L’ancien patron de Nestlé Peter Brabeck, a démissionné après la publication du rapport d’enquête. L’ancien directeur général du WEF Børge Brende a, pour sa part, été épinglé par l’affaire Epstein.
Bataille sur l'avenir du WEF
En coulisses, la lutte porte désormais sur l’orientation du Forum. Selon ses propres déclarations, Klaus Schwab souhaitait ancrer plus solidement et durablement le WEF en Suisse. Il soutient la candidature de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, pour lui succéder. Mais cette option suscite des résistances au sein de la direction du Forum.
Les nouveaux coprésidents, le patron de BlackRock Larry Fink, et l’héritier de Roche André Hoffmann, semblent défendre une autre ligne. Lors de la réunion annuelle de janvier 2026 à Davos, l’événement avait été fortement marqué par les Etats-Unis. Larry Fink, originaire de New York, avait même évoqué publiquement la possibilité d’organiser le rendez-vous ailleurs qu’en Suisse.
La direction du WEF a récemment envoyé des signaux d’apaisement au fondateur. Mais le conflit reste entier. Faut-il privilégier l’Europe ou les Etats-Unis? Donner davantage de place aux affaires ou à la politique mondiale? L’avenir du Forum économique mondial continue de diviser.
Dans ce contexte, la découverte présumée d’un dispositif d’écoute prend une dimension particulièrement explosive. Interrogés par Blick, Klaus Schwab et ses collaborateurs ne souhaitent pas s’exprimer pour le moment, ni sur les éventuels auteurs ni sur l’origine du matériel. Ils préfèrent attendre les conclusions de l’enquête pénale afin de ne pas alimenter les spéculations.