Un effet suspensif est demandé
Les opposants à l'abattoir Micarna de St-Aubin (FR) font recours

Les opposants au futur abattoir Micarna à St-Aubin ont fait recours auprès de la justice fribourgeoise. Ils dénoncent des atteintes à l’environnement et demandent la suspension du début des travaux.
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L'atelier de traitement de volaille de Migros sera dimensionné pour abattre plus de 30 millions de poulets par an.
Photo: Philippe Rossier
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ATS Agence télégraphique suisse

Les opposants à l'abattoir Micarna (Migros) sur le Campus AgriCo, à St-Aubin, recourent auprès du Tribunal cantonal (TC) fribourgeois contre la levée des oppositions concernant le permis de construire. A leurs yeux, le projet ne respecte pas la législation en vigueur.

Le recours commun a été déposé par Greenpeace Suisse, EcoTransition-La Broye et 30 habitants de la commune de St-Aubin et des environs, ont indiqué mercredi les opposants. Il ne concerne pas la STEP, «malgré les ambitions minimales de celle-ci par rapport à la loi», dans la mesure où «la région en a urgemment besoin».

Outre le permis de construire, la procédure engagée devant le TC mentionne le plan d’équipement de détail, les essais statiques des pieux de fondation, la plateforme mobilité et les conduites nécessaires à l’approvisionnement en eau, mentionne le communiqué. Les recourants citent encore la violation de plusieurs lois.

Effet suspensif demandé

Sont mentionnées notamment la protection des eaux, du climat et de la nature. Pour rappel, l'atelier de traitement de volaille (ATV) de Migros sera dimensionné pour abattre plus de 30 millions de poulets par an, dans un contexte où la grande distribution entend répondre à une consommation de volaille en hausse constante.

Un effet suspensif au recours est également demandé par les opposants, qui disent vouloir faire «respecter la loi et donner une voix à la nature», eux qui travaillent ensemble depuis 2022 contre le projet d’abattoir de Micarna. Leur objectif consiste à éviter de voir démarrer la construction avant le verdict du TC.

Les recourants sont représentés par l’avocat et conseiller national Raphaël Mahaim (Vert-e-s/VD). «Ce projet provoquera des nuisances très lourdes pour la région. Le développement économique ne permet pas de justifier tous les impacts pour les riverains et toutes les atteintes à l’environnement», a-t-il relevé, cité dans le communiqué.

Projet unique en Suisse

Le 1er avril, les autorités cantonales et locales s'étaient réjouies de la décision de la Préfecture de la Broye d'octroyer les permis de construire pour les infrastructures mutualisées, dont la STEP, et Micarna. Toutes les oppositions étaient alors rejetées concernant le site dédié au secteur agroalimentaire et à la biomasse.

«Le campus d'AgriCo est un projet d’une envergure exceptionnelle, sans équivalent en Suisse», avait rappelé le conseiller d’Etat Olivier Curty, directeur de l’économie et président de l’Etablissement cantonal de promotion foncière (ECPF). L'ATV est prévu sur une parcelle de 95'000 mètres carrés vendue par l’Etat.

Avec les montants prévus par Micarna, qui y transférera son activité actuelle de Courtepin, AgriCo représente des investissements publics et privés de l'ordre de 500 millions de francs, dont 80 millions pour l’ECPF. Le nombre d’emplois passera alors de 150 actuellement à plus de 700 en 2029, pour un objectif à terme de 1600 emplois.

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