Les permis de construire pour les infrastructures mutualisées et Micarna ont été octroyés par la Préfecture de la Broye en faveur du Campus AgriCo, à St-Aubin (FR). Toutes les oppositions ont été rejetées concernant le site dédié au secteur agroalimentaire et à la biomasse.
Les permis concernent notamment les équipements d’approvisionnement en eau potable, de l’épuration, de la plateforme de mobilité et de la galerie couverte, ont fait savoir, réjouies, la Direction de l’économie, de l’emploi et de la formation professionnelle (DEEF) et l’Etablissement cantonal de promotion foncière (ECPF) mercredi.
La Préfecture de la Broye a également octroyé le permis de construire à Micarna, entité de Migros, pour son nouvel atelier de traitement de volaille (ATV). Ce dernier, qui a concentré sur lui des centaines d'oppositions, est prévu sur la parcelle d’AgriCo de 95'000 mètres carrés vendue par l’Etat en 2023.
Greenpeace déçue
Greenpeace Suisse a déploré, «malgré l’importante mobilisation citoyenne», la décision en lien avec ce que l'organisation de défense de l'environnement appelle un «méga-abattoir». Elle dit vouloir maintenant «analyser les modalités de ce permis et se prononcera ensuite sur l’éventualité de faire recours».
Le projet va «à l’encontre des recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique et la crise de la biodiversité», a répété Greenpeace dans un communiqué. De son côté, l’ECPF espère commencer les travaux des infrastructures dès que possible. L'idée consiste à livrer un site équipé aux futures entreprises d’ici à 2028.
Le Conseil d'Etat fribourgeois n'a pas manqué de saluer pour sa part l'octroi des permis. «Le Campus AgriCo est un projet d’une envergure exceptionnelle, sans équivalent dans le pays», a relevé le conseiller d’Etat Olivier Curty, directeur de l’économie et de l’emploi ainsi que président de l’ECPF.
500 millions investis
Avec les montants prévus par Micarna, qui y transférera son activité actuelle de Courtepin, AgriCo représente des investissements publics et privés de l'ordre de 500 millions de francs, dont 80 millions pour l’ECPF. Le nombre d’emplois passera alors de 150 actuellement à plus de 700 en 2029, pour un objectif à terme de 1600 emplois.
«Le travail de traitement des dossiers a demandé un engagement extraordinaire des services de l’Etat et des autorités communale et préfectorale», précise le communiqué. La nouvelle constitue la première étape de développement du site conformément au plan d’affectation cantonal (PAC) et du PED général du site AgriCo.
Fort de cette «étape cruciale», l’ECPF veut «aller de l’avant et entre dans une nouvelle phase de réalisation de la vision du campus». Les infrastructures projetées doivent couvrir les besoins du site pour les 40 prochaines années, avec déjà une liaison régionale pour l’approvisionnement en eau potable.
Viabilité du site
Ensuite, il y a l’implantation d’une STEP (traitement des eaux usées) industrielle et régionale, la construction d’une plateforme de mobilité avec parking en silo et infrastructures de mobilité multimodale, l’espace au niveau zéro est dédié à la mobilité douce avec accès piéton (PlaMob) et le prolongement de la galerie couverte.
Enfin, on trouve la réalisation des essais statiques sur les pieux de fondation, dans le cadre du projet d’ATV de Micarna et des projets de l’ECPF. «Les projets assureront la viabilité du site pour ses futures entreprises, tout en renforçant l’attractivité de la région et du canton», a constaté encore Olivier Curty.
André Schoenenweid, directeur de l’ECPF, a insisté de son côté sur «le respect de l’environnement, du développement durable, du patrimoine et de l’économie circulaire». Au vu de la complexité du projet, une coordination a été mise en place par ailleurs avec les communes, les services cantonaux et les différents partenaires.
La société Micarna est également associée dans le cadre de l’implantation de son unité de production, signalent encore l'Etat de Fribourg et l'ECPF.