«Il faut que je range mon bureau à domicile à Bursins, dans le canton de Vaud», a plaisanté Guy Parmelin lorsqu’on lui a demandé comment il comptait occuper son temps libre. Après plusieurs années au Conseil fédéral, le ministre de l’Economie démissionnaire laisse aussi plusieurs dossiers en suspens à Berne. Blick fait le point.
Hélène Budliger Artieda
Depuis août 2025, la Suisse négocie avec les Etats-Unis de Donald Trump au sujet des droits de douane. Une déclaration d’intention conjointe existe depuis un certain temps, mais elle doit encore être transformée en accord formel.
Des avancées importantes ont été réalisées. Mais, quel que soit le résultat des négociations, le feu vert final revient à Donald Trump. Jusqu’ici, le président américain ne l’a pas donné, et il paraît peu probable que le dossier soit bouclé avant le départ de Guy Parmelin.
Les loyers
Autre chantier sensible: le logement. Les files d’attente lors des visites s’allongent, tandis que les prix restent élevés. Se loger est devenu compliqué et coûteux.
Sur ce dossier, Guy Parmelin a surtout misé sur des tables rondes. Sans résultats véritablement probants. Son successeur devra donc reprendre le dossier et trouver une approche plus efficace.
La succession d'Hélène Budliger Artieda
Il faudra aussi remplacer Hélène Budliger Artieda, secrétaire d’Etat à l’économie. Dans les négociations sur l’accord européen avec les syndicats comme dans le dossier douanier, son approche peu conventionnelle a souvent permis de débloquer des situations complexes. Longtemps considérée comme un binôme solide avec Guy Parmelin, elle a finalement annoncé sa démission sur fond de désaccords avec le Vaudois. La recherche de son successeur est en cours. Reste à savoir dans quelle mesure Guy Parmelin aura son mot à dire.
L'agriculture
Le Vaudois laisse aussi derrière lui une importante réforme agricole. Dès 2030, les agriculteurs devraient être soumis à moins de règles, mais leurs prestations seraient davantage évaluées à l’aune d’objectifs concrets. La réforme prévoit aussi une simplification administrative et davantage de marges de manœuvre. Le projet suscite toutefois de vives critiques, y compris au sein de l’UDC. Le prochain conseiller fédéral devra le défendre au Parlement.
L'accord avec l'UE
Le futur ministre de l’Economie devra également faire ses preuves lors des prochains scrutins. Les Verts, les socialistes et plusieurs ONG ont déjà annoncé un référendum contre l’accord avec le Mercosur. Guy Parmelin continuera de représenter l’accord avec l’Union européenne devant le Conseil national, avant qu’un autre membre du gouvernement ne reprenne le dossier face au peuple.
Les spéculations vont déjà bon train sur l’identité de cette personne. Rien ne dit non plus que le prochain titulaire reprendra automatiquement le Département de l’économie. L’actuel ministre de la Justice, Beat Jans pourrait par exemple changer de département.