«Les cimetières sont remplis de personnes qui se pensaient absolument indispensables», a poétiquement déclaré Guy Parmelin, ce vendredi 2 octobre, au moment d'annoncer sa démission. L'actuel président de la Confédération, âgé de 66 ans, tirera sa révérence le 31 décembre 2026, date de la fin officielle de son mandat, après 11 ans sous la Coupole.
Devant une presse suspendue à ses lèvres, le natif de Bursins (VD) a expliqué son envie de céder la place à une relève plus «vive», d'enfin prendre le temps de «faire de l'ordre sur son bureau» et de se consacrer à son épouse, laquelle a dû réaliser «quelques sacrifices», ces dernières années. Décidé à rester en retrait après son départ («Servir, puis disparaître», résume-t-il), le Vaudois s'est montré discret sur les noms de ses successeurs potentiels, ainsi que sur les dossiers en cours qu'il aurait aimé clôturer.
Les départs en cours de mandat sont rarissimes
A noter que le timing de cette démission reste plutôt exceptionnel dans l'histoire suisse. «Aucun président de la Confédération n’a jamais démissionné pendant son mandat», annonce fièrement le site officiel du Conseil fédéral. Si l'affirmation reste correcte, puisque Guy Parmelin assurera son deuxième mandat jusqu'au bout, l'annonce d'une démission en pleine année présidentielle reste un fait très rare.
En effet, depuis la création du principe de rotation, en 1890, seul Wilhelm Hertenstein, devenu président le 1er janvier 1888 n'a pu terminer son année... puisqu'il est décédé en cours de route, le 27 novembre 1888. De son côté, Victor Ruffy, désigné pour la présidence de l'année 1870, est décédé avant de prendre ses fonctions.
Seuls deux présidents l'ont fait auparavant
Des décennies plus tard, l'UDC Adolf Ogi a également annoncé sa démission durant son année présidentielle, au début du mois d'octobre 2000: cela dit, à l'instar de Guy Parmelin, le Bernois avait assuré son mandat jusqu'au 31 décembre. Idem pour Emil Welti, qui a affirmé son intention de se retirer, quelques semaines avant la fin de son sixième mandat, en 1891, malgré l'insistance du Parlement pour le faire changer d'avis. Cela signifie que seuls trois présidents suisses, dont Guy Parmelin, ont annoncé leur départ en cours de mandat.
En effet, le célèbre Gustave Ador, président de la Confédération en 1919, avait, quant à lui, décrété qu'il ne souhaitait pas assurer de nouveau mandat à la fin de son année présidentielle, pour se dédier au Comité international de la Croix-Rouge.
Le 8e conseiller fédéral le plus âgé à démissionner
Ainsi que le précise Keystone-ATS, Guy Parmelin fait également partie des conseillers fédéraux les plus âgés, au moment de quitter Berne. Au sommet du podium, on trouve notamment l'UDC Ueli Maurer, âgé de 72 ans et trente jours lors de sa démission. Juste derrière se trouvent le socialiste Pierre Graber (69 ans) et le PLR Georges-André Chevallaz (68 ans).
A noter que depuis le début du système, seuls dix mandats présidentiels ont été confiés à un total de sept conseillères fédérales différentes. Ruth Dreifuss a été la pionnière, en 1999. Sur ses pas, on compte également Micheline Calmy-Rey (en 2007 et 2011), Doris Leuthard (en 2010 et 2017), Eveline Widmer-Schlumpf (en 2012), Simonetta Sommaruga (en 2015 et 2020), Viola Amherd (en 2024) et Karin Keller-Sutter (en 2025).