Guy Parmelin et Helene Budliger Artieda étaient considérés comme une équipe de choc, bien rodée. Le président de la Confédération et la directrice du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) se sont rendus à plusieurs reprises à Washington pour les négociations douanières avec l'administration Trump. Leur objectif: obtenir le meilleur accord possible pour la Suisse, ou du moins limiter la casse.
Mais aujourd'hui, l'aventure s'arrête net. La rumeur d'un départ d'Helene Budliger Artieda circulait depuis plusieurs semaines, et les informations de Blick viennent de le confirmer: la patronne du Seco a créé la surprise en annonçant sa démission au ministre de l’Economie. Interrogé à ce sujet, le département n’a ni confirmé ni commenté cette information.
Helene Budliger ne semble pas quitter ses fonctions de son plein gré. Selon des sources bien informées, Guy Parmelin lui aurait directement suggéré d'envisager une retraite anticipée lors d'un entretien tenu il y a quelques semaines déjà.
Aux manettes de l'accord sur les douanes
A la tête du Seco depuis 2022, cette diplomate chevronnée a fait carrière au Département des affaires étrangères et a représenté la Suisse comme ambassadrice aux quatre coins du globe. Mais c’est surtout lors des négociations douanières avec les Etats-Unis qu’elle s’est fait connaître. Après la conversation téléphonique désastreuse entre la ministre des Finances Karin Keller-Sutter et Donald Trump à l’été 2025, le duo Parmelin/Budliger a repris les rênes.
C’est surtout la directrice du Seco qui a négocié en coulisses les détails douaniers avec ses interlocuteurs américains. De plus, Helene Budliger était en contact étroit avec le groupe d’entrepreneurs organisé autour d’Alfred Gantner. Ces milliardaires ont rendu visite à Trump dans le Bureau ovale et ont contribué, à coups de promesses et de cadeaux – dont une Rolex et un lingot d’or –, à améliorer le climat vis-à-vis de la Suisse.
Mais pourquoi Guy Parmelin a-t-il poussé vers la sortie l’une de ses plus précieuses collaboratrices, au cœur d'un dossier aussi crucial? D’autant plus que tous deux formaient depuis longtemps un tandem loyal – se démarquant notamment de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter. La conseillère fédérale et la directrice du Seco n’étaient souvent pas sur la même longueur d’onde.
Les dessous d'une rupture inattendue
Le moment choisi pour cette rupture au sein du département de Parmelin alimente les spéculations des initiés. Certains supposent que le conseiller fédéral de l’UDC souhaite installer à la tête du SECO, en temps utile, une personne qui lui est politiquement proche – avant de démissionner lui-même et que Budliger n’atteigne de toute façon l’âge de la retraite.
D'autres n'excluent pas un lien direct avec l'enquête en cours menée par la Commission de gestion du Conseil national. Celle-ci cherche à déterminer si des informations sensibles ou confidentielles ont été transmises lors des échanges entre le Seco et les milliardaires privés dans le dossier des droits de douane. Un dossier dans lequel le rôle de Helene Budliger Artieda est lui aussi scruté de près.
Une chose est sûre: la pression douce exercée par Parmelin sur Budliger a porté ses fruits. La directrice du Seco a décidé de quitter prématurément le Département fédéral de l'économie et de prendre une retraite anticipée.
Et Guy Parmelin, quand partira-t-il?
Helene Budliger devrait quitter ses fonctions début 2027. La date exacte n’est pas encore fixée.
Détail piquant: il n’est pas exclu que son supérieur vide son bureau avant elle. Ce serait le cas si Guy Parmelin venait lui-même à annoncer sa démission d’ici la fin de l’année. Après onze ans au Conseil fédéral, cela ne surprendrait guère personne à Berne. Ses problèmes de dos pourraient également influencer cette décision.
Au plus tard, l'échéance devrait tomber pour lui en décembre 2027, au terme de la législature.