Démission de Parmelin
Entre tacles et félicitations: les réactions contrastées des partis

Les partis suisses ont réagi à la démission de Guy Parmelin. L'UDC salue son mandat, les Vert-e-s critiquent sa politique de libre-échange, et le PS émet des réserves sur son bilan.
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La classe politique réagit à l'annonce du départ du conseiller fédéral Guy Parmelin.
Photo: PETER SCHNEIDER
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ATS Agence télégraphique suisse

Les différents partis ont, dans leur majorité, salué vendredi le bilan du conseiller fédéral démissionnaire Guy Parmelin, les Verts se montrant toutefois très critiques sur sa politique de libre-échange et le PS faisant part de sentiments mitigés. Le PLR demande à l'UDC d'inclure des personnalités issues de la Suisse latine dans la liste des candidats à sa succession, tandis que le Centre, le PVL et le PS attendent de son successeur qu'il soit capable de favoriser une collaboration constructive, d'assumer des responsabilités et de respecter la collégialité.

Le PLR a formulé cette exigence vendredi dans une publication sur la plateforme X, tout en saluant le travail accompli par le ministre de l'Économie sortant. «Au nom du PLR, je remercie le conseiller fédéral Guy Parmelin pour son engagement de longue date au service de notre pays. Je lui souhaite le meilleur pour l'avenir et beaucoup de succès à son successeur», a déclaré le coprésident Benjamin Mühlemann.

Favoriser une collaboration constructive

De son côté, le conseiller national neuchâtelois et chef du groupe PLR, Damien Cottier, a souligné que Guy Parmelin avait su rester modeste et accessible, incarnant ainsi parfaitement l'esprit suisse.

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Le Centre reconnaît le droit de l'UDC à deux sièges au Conseil fédéral. Il pose toutefois des exigences à l'égard du successeur ou de la successeure du ministre de l'Economie sortant, Guy Parmelin.

Le parti attend de la personne qui succédera à Parmelin qu'elle assume la responsabilité de favoriser une collaboration constructive au sein du Conseil fédéral, a-t-il indiqué vendredi sur la plateforme X. L'objectif est de permettre de relever les défis actuels et futurs.

«Politique dépassée et néfaste»

Les Verts remercient le président de la Confédération sortant, Guy Parmelin, pour son engagement de longue date. Toutefois, ils ne mâchent pas leurs mots et critiquent sa politique de libre-échange «ratée».

Son mandat incarne la politique de régression de la droite bourgeoise et a été marqué par une politique de libre-échange dépassée et néfaste pour l'avenir, ainsi que par une volonté de plaire aux Etats-Unis via des accords contestables, a indiqué le parti dans un communiqué vendredi. Des réformes écologiques de la politique agricole ont été bloquées.

Au mépris de la durabilité, de la protection du climat et des normes en matière de droits humains, une politique de libre-échange néolibérale a été menée avec le Mercosur, la Chine ou la Malaisie, affaiblissant considérablement le principe d'un commerce équitable et durable, ont-ils ajouté.

La législature actuelle, marquée par de nombreux référendums, montre que le «cartel au pouvoir au sein du Conseil fédéral mène une politique déconnectée de la population», accuse encore la formation écologiste. «Il mise sur l'armée, les autoroutes et les centrales nucléaires plutôt que de progresser enfin en matière de protection du climat ou d'égalité», assènent enfin les Verts.

Bilan en demi-teinte, selon le PS

Le Parti socialiste (PS) dresse un bilan contrasté après la démission de Guy Parmelin. D'un côté, le Vaudois a obtenu un compromis important sur la protection des salaires dans le cadre des Bilatérales III.

Mais de l'autre, «bien trop peu a été fait» en matière de loyers abordables, a indiqué vendredi le président du PS Suisse Cédric Wermuth à Keystone-ATS. De plus, dans le cadre d'accords de libre-échange comme ceux signés avec le Mercosur et avec la Malaisie, Parmelin n'a pas réussi à imposer des normes contraignantes en matière de droits humains et de protection de l'environnement.

Le PS souhaite que la personne qui lui succédera reconnaisse la collégialité et respecte les décisions démocratiques. Selon le parti, Albert Rösti, l'autre élu UDC au Conseil fédéral, a négligé ces aspects ces dernières années.

Apprécié pour son humour

Le Parti Vert'libéral (PVL) attend du successeur de Guy Parmelin qu'il agisse dans l'intérêt du bien commun et qu'il soit prêt à assumer des responsabilités pour le pays. Le PVL auditionnera les candidats au Conseil fédéral et décidera ensuite de son soutien. Car «la Suisse se situe à un moment charnière», explique le parti dans un communiqué, en citant les relations avec l'Europe, la protection du climat et les relations commerciales dans un contexte géopolitique difficile.

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«J'ai beaucoup apprécié la collaboration avec toi, notamment ton humour», a écrit sur X la conseillère nationale Katja Christ (PVL/BS). Le président du parti Jürg Grossen a également salué sur X sa collaboration avec Parmelin.

«Remarquable engagement»

L'UDC félicite son conseiller fédéral «pour son remarquable engagement en faveur de notre pays». Lorsqu'il était à la tête du Département fédéral de la défense, de la population et des sports (DDPS), le Vaudois «a fait progresser le renforcement de l'armée et de la défense nationale», souligne son parti. Puis, une fois à la tête du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) «il a consolidé la place économique, éducative et scientifique suisse».

L'UDC salue en particulier son engagement en faveur de marchés ouverts et de bonnes conditions-cadres. «Sous sa direction, la Suisse, nation exportatrice, a pu améliorer, diversifier et développer ses relations commerciales.»

Il est fort probable que soit le DFJP, soit le DDPS devienne vacant et soit attribué au successeur de Parmelin. Or ce sont précisément ces deux départements qui sont aujourd'hui confrontés aux plus grands défis, selon le parti. L'UDC accordera donc une attention particulière, dans le cadre de sa succession, à la capacité d'assumer la responsabilité de direction du DFPJ ou du DDPS.

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