Après les déclarations d'Albert Rösti
Même après les votations, le débat sur l'avenir de la SSR reste tendu

Le conseiller fédéral Albert Rösti relance le débat sur la SSR après le rejet de l'initiative de réduction de moitié. La gauche et le Centre s'insurgent contre ses déclarations et déposent une série de questions au Parlement.
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La Suisse a rejeté à près de 62% l'initiative visant à réduire de moitié la redevance de la SSR.
Photo: keystone-sda.ch
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Daniel Ballmer

Le Centre gauche est indigné et l'ivresse de la victoire s'est rapidement dissipée. Dimanche midi encore, les opposants se réjouissaient du net refus de l'initiative de réduction de moitié. Mais dès l'après-midi, le ministre en charge des médias Albert Rösti avait clairement indiqué que la pression sur la SSR ne faiblirait pas pour autant.

Le conseiller fédéral de l'UDC interprète le résultat de la votation comme bon lui semble, s'indignent les partisans de la SSR. Ainsi, Albert Rösti n'a pas seulement souligné que le Conseil fédéral s'en tenait à la réduction de la redevance de 335 à 300 francs. Il a ajouté qu'avec la nouvelle concession, la SSR devait réaliser des économies dans le domaine du divertissement et du sport.

Il est également apparu que la SSR devait retrouver un certain équilibre. Après le rejet de l'initiative No Billag en 2018, elle n'aurait pas suffisamment pris en compte les perdants. La critique d'Albert Rösti à l'égard de la SSR n'est guère surprenante: en tant que président de l'UDC à l'époque, il faisait partie des co-initiateurs de l'initiative.

Contre la Constitution et la loi?

A gauche et au centre, cette interprétation du résultat de la votation ne passe pas. «Le Conseil fédéral prend-il au sérieux les préoccupations des vainqueurs de la votation?», s'interroge le conseiller national PS Jon Pult. «Le redimensionnement des programmes de divertissement dans la concession est-il contraire à la Constitution et à la loi?», demande sa collègue de parti Min Li Marti. Près d'une douzaine de questions ont été déposées au Parlement après les déclarations d'Albert Rösti.

L'ancien responsable de la SRF et actuel conseiller national PS Ueli Schmezer doute que la baisse prévue de la redevance soit compatible avec la loi sur la radio et la télévision, qui stipule que les recettes doivent permettre de remplir le mandat du programme. «Ce besoin de financement a déjà augmenté», rappelle Ueli Schmezer.

Le conseiller national des Verts Michael Töngi s'oppose également à la baisse prévue par Serafe et à la déclaration d'Albert Rösti selon laquelle les arguments des partisans de l'initiative doivent être pris au sérieux. «Le Conseil fédéral considère-t-il cette interprétation du très net rejet de l'initiative comme équilibrée?», demande-t-il.

«Le Conseil fédéral diffuse-t-il des informations erronées?»

Le conseiller national du Centre Martin Candinas s'inquiète pour la diffusion du sport en direct à la télévision. «Le Conseil fédéral partage-t-il l'avis selon lequel des économies dans le sport se feraient au détriment du sport de masse, de la prise en compte des régions rurales ou de la couverture sportive équivalente dans toutes les régions linguistiques?», s'interroge-t-il.

Dans le même temps, la conseillère nationale PS Jacqueline Badran souligne que les associations sportives se sont exprimées de manière cinglante sur la baisse des redevances de la SSR. Elle ne comprend pas que le Conseil fédéral souhaite malgré tout confier davantage de retransmissions sportives à des chaînes privées.

«Le Conseil fédéral diffuse-t-il des informations erronées?», demande le conseiller national PS David Roth. Il souhaite savoir sur quelles bases scientifiques le gouvernement s'appuie lorsqu'il remet en question l'équilibre des reportages de la SSR, comme l'a fait Albert Rösti le dimanche de la votation. La bataille pour la SSR continue.

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