Après le second tout des élections dans les Municipalités des communes vaudoises, ce dimanche 29 mars, l’heure est à la valse des syndics. Au sein des Exécutifs nouvellement élus, les candidates et candidats à la syndicature ont jusqu’au 7 avril prochain pour s’annoncer.
Les deux tours sont prévus pour le 26 avril et le 17 mai, et la législature 2026-2031 débutera le 1er juillet 2026. Alors faisons le point sur les huit plus grandes villes du canton. Qui s’en va? Qui est le favori ou la favorite? Qui a perdu des plumes dans les urnes?
Lausanne: Grégoire Junod, c’est (presque) reparti!
Six à gauche pour un à droite: rien n’a bougé, dans l’équilibre des forces politiques à la Muni de Lausanne. Mais est-ce que ce sera aussi le cas pour son syndic socialiste? En place depuis 2016, Grégoire Junod ne termine «que» troisième au nombre de scrutins (56,69%).
Arrivée en tête avec 57,36% des voix, Emilie Moeschler (PS) est-elle en mesure de candidater à la succession de son camarade PS? Voire le Vert Xavier Company (2e avec 57,19%)? C’est peu probable, au nom de la stabilité de l’alliance de gauche.
Le bon score de la municipale des Sports et de la cohésion sociale annonce peut-être son futur de syndique du chef-lieu vaudois, mais pas avant 2031. Pour le reste, une candidature à droite – donc de Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) – au poste serait très inattendue.
Yverdon-les-Bains: chambardement à venir
Le syndic socialiste Pierre Dessemontet a lâché l’affaire, sa cosyndique Carmen Tanner (Les Vert-e-s) n’a pas été réélue et la droite a renversé la majorité de gauche. Il est donc certain qu’il y aura du mouvement à la tête de la deuxième ville du canton.
Et il serait logique de voir le PLR, fort de trois élus, reprendre le flambeau. Mais le duel s’annonce serré avec les socialistes. En particulier avec Julien Wicki, arrivé deuxième (55,02%), à peine 23 voix derrière le PLR François Armada (55,35%).
Tous deux ont été élus en cours de législature: en 2025 pour le socialiste et en 2022 pour le libéral-radical. Raison pour laquelle le PLR Christian Weiler – arrivé troisième et élu à l’Exécutif depuis 2021 – dit au «Temps» être à disposition «comme un bon soldat». Dans tous les cas, ce sera à la population de décider qui elle souhaite élire syndic.
Montreux: le PS garde le contrôle
A Montreux, la situation est assez simple. Le syndic actuel Olivier Gfeller (PS) est le seul municipal à avoir été réélu dès le premier tour, le 8 mars dernier (avec 55,51% des scrutins). Selon toute vraisemblance, le député au Grand Conseil et municipal depuis 2016 devrait repartir pour un tour comme syndic.
D’autant plus que la majorité de gauche montreusienne n’a pas bougé. Ce second tour n’a laissé place qu’à une élection tacite puisque seulement six candidats se sont proposés pour les six sièges restants: Irina Gote (PS), Romain Pilloud (PS), Florian Chiaradia (Les Vert-e-s) et les trois PLR Julien Chevalley, Olivier Mark et Yanick Hess.
Nyon: qui pour reprendre le flambeau?
Nyon doit trouver une voie après le départ de Daniel Rosselat. Le boss de Paléo, indépendant plutôt à gauche, ne s’est pas représenté après 18 ans au poste de syndic. Mais qui prendra sa suite? La gauche s’en est sortie sans lui et a décroché la majorité de l’Exécutif (4-3). Mais la droite est désormais majoritaire au Conseil communal.
Arrivé deuxième avec 51,27% des suffrages, le Vert Pierre Wahlen se «tien[t] clairement à la disposition de la plateforme rose-verte», a-t-il fait savoir à «La Côte». Le socialiste Alexandre Démetriadès, placé largement en tête par l’électorat (54,94%), peut nourrir des ambitions mais est également engagé comme député au Grand Conseil.
A droite, ce sera probablement Olivier Riesen (PLR) qui mènera la fronde. Le libéral-radical, municipal depuis 2023, est le mieux élu de la plateforme de centre droit (50,07%). Il est arrivé quatrième derrière la socialiste Stéphanie Schmutz et dépasse lui aussi la majorité absolue. Mais sa collègue Roxane Faraut (PLR) pourrait aussi s’y essayer avec ses 49,43% de voix, soit 30 de moins qu’Olivier Riesen.
Renens: continuité en vue
Dans la ville de l’Ouest lausannois, la gauche a perdu des plumes. Mais pas le syndic socialiste Jean-François Clément, réélu à la Municipalité dès le premier tour. Son score «soviétique» de 57,81% le place en excellente position pour rempiler.
A Renens, avec trois municipaux, le PS a une avance confortable sur tous les autres partis. Les Vert-e-s placent tout de même deux élus. Et le Parti ouvrier populaire (POP/Fourmi rouge) perd un siège au profit de la PLR Elodie Golaz Grilli, dont le parti retrouve l’Exécutif.
Vevey: à gauche, mais pas toute
Les déboires du syndic Yvan Luccarini vont vraisemblablement faire perdre la syndicature à son parti Décroissances alternatives (DA). Avec sa non-réélection, la gauche radicale a perdu un siège à la Municipalité. La majorité est toujours largement à gauche, mais le PLR Patrick Bertschy fait une entrée fracassante à l’Exécutif.
Concernant la course au poste de syndic, la socialiste Laure Willommet est favorite. Ses 57,03% de voix la placent première et pourraient faire d’elle une jeune syndique. Elle indique à «24 heures» qu’elle serait «fière d’occuper ce poste en tant que jeune femme de 34 ans».
Deuxième avec 53,6%, le Vert Antoine Dormond a aussi de quoi postuler. Pour ce qui est de DA, pas sûr que Gabriela Kämpf, arrivée dernière avec 1925 voix, se lance dans la course. Le PLR pourrait tenter de jouer les trouble-fêtes dans l’une des villes les plus à gauche de Suisse.
Pully: pour la droite… ou l’entente?
A Pully, la droite a gagné mais pourrait perdre la syndicature. Car le nouveau municipal le mieux élu, c’est Robin Carnello de l’Union Pulliérane. Le parti indépendant d’entente revient à la Municipalité par la grande porte, puisque son candidat a réuni 55,79% des suffrages. Devenir syndic pour son premier mandat? Robin Carnello va y réfléchir, indique-t-il à «24 heures».
Mais le PLR va assurément désigner une candidature parmi ses trois élus, arrivés deuxième, troisième et quatrième. Côté libéral-radical, Nathalie Jaquerod a dépassé les 50%, tandis que Jean-Marc Chevallaz est conseiller communal depuis 2016. Eux, ont leurs chances. Mais à gauche, seul le Vert Lucas Girardet a réussi à se faire élire. Au vu des scores, il semble peu probable qu’il se lance.
Morges: qui en veut vraiment?
La syndique de Morges, c’est Mélanie Wyss (PLR)… mais le restera-t-elle? Réélue dès le premier tour avec 51,29%, la libérale-radicale est favorite. Mais sur trois candidats, elle sera la seule libérale-radicale d’une Municipalité qui s’équilibre: deux socialistes, un Vert, une Entente morgienne, une Vert’libérale, un indépendant (ancien du PLR) et, donc, une PLR.
Pour la syndicature, «L’Equipe du centre et de la droite» – qui rassemble PLR, Vert’libéraux et Entente morgienne – est donc mise au défi par le bloc de gauche. La socialiste Laure Jaton est arrivée en tête du second tour, mais reste plus de 500 voix derrière le score obtenu par la syndique libérale-radicale au premier tour.
Ainsi, la gauche réfléchit encore, mais devrait se lancer dans la course. Et certains évoquent une troisième possibilité: la Vert’libérale Laetitia Morandi, elle aussi très bien élue au premier tour (50,87%). Pour autant, cette dernière indique à «24 heures» qu’elle s’en tiendra à soutenir Mélanie Wyss.