Unia dénonce «l'inaction de la Migros»
Des employés romands de Sushi Mania traités de singes par leur cheffe

Traités de singes, des employés de Sushi Mania à Vuadens (FR) dénoncent un climat de racisme au travail. Soutenus par le syndicat Unia, ils pointent une responsable et critiquent l’inaction de Migros, la maison-mère.
Des employés de Sushi Mania à Vuadens (FR), filiale de Migros, dénonce des propos racistes au travail. (Image d'illustration)
Photo: Shutterstock

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Une vingtaine d'employés de Sushi Mania à Vuadens (FR), filiale de Migros, dénoncent des propos et comportements racistes au travail, soutenus par le syndicat Unia.
  • Une responsable est accusée d'avoir utilisé des termes discriminatoires comme «black monkeys» envers deux salariés lors d'un déjeuner d'entreprise, ou encore «sale noire» et «sale musulman»
  • Unia et les salariés pointent «l'inaction» de Migros, qui assure procéder «aux vérifications nécessaires». Une dénonciation pénale est en cours.
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Léo MichoudJournaliste Blick

«Sale noire», «sale musulman» ou «black monkeys» (en français, «singes noirs»): tels sont les propos qu'a rapporté ce mardi 21 juillet une vingtaine d’employés de Sushi Mania, filiale du groupe Migros. Tous travaillent près de Bulle (FR), sur le site de production de nourriture japonaise de Vuadens.

Soutenus par le syndicat Unia, ils dénoncent un racisme décomplexé au travail. Une responsable est particulièrement pointée du doigt, décrit «La Liberté». Elle est accusée de s’être servi de l’expression «black monkeys» pour désigner deux salariés racisés – et leur reprocher d’avoir pris deux croissants au lieu d’un lors d’un déjeuner d’entreprise.

Des propos racistes… et un système?

Mais c’est surtout un système de discriminations au travail que soulève la section fribourgeoise du syndicat. «Ce qui laisse perplexe, c’est la réaction de Migros, propriétaire de Sushi Mania. Ou plutôt, l’absence de réaction du géant orange», tacle Unia dans son journal. De tels comportements racistes se seraient étalés sur au moins une année, selon les témoignages, sans que des mesures concrètes ne soient prises. Depuis 2025, de nombreux signalements à la hiérarchie et aux ressources humaines de Migros auraient été faits.

«
Elles ont voulu faire confiance à la direction, mais là, elles ne croient plus en la capacité de Sushi Mania à protéger leur personnalité
Le syndicat Unia
»

Pour autant, la responsable serait toujours en poste, auprès des collaborateurs qui l’accusent de racisme. Kamel Galley, secrétaire syndical, évoque la situation des onze salariés qui ont sollicité Unia: «Quand elles nous ont rencontrées, ces personnes étaient dans un état de tristesse, de désarroi et de colère. Il y a un effet de sidération qui s’est installé chez elles. Elles ont voulu faire confiance à la direction, mais là, elles ne croient plus en la capacité de Sushi Mania à protéger leur personnalité.»

Unia évoque en outre des traitements inégaux entre employés, des avertissements douteux donnés aux personnes ayant dénoncé la situation, des menaces de renvois et des sanctions arbitraires. Tout ceci dans un environnement aux conditions de travail «très dures» – avec des bas salaires entre 4200 et 4600 francs bruts à temps plein et le recours à de nombreux travailleurs temporaires peu formés, toujours selon les témoignages récoltés par Unia.

Migros assure faire le nécessaire

De son côté, Migros a fait la même réponse générale à Unia et aux médias qui l’ont contactée: «Nous ne tolérons aucun comportement discriminatoire, raciste ou portant atteinte de quelque manière que ce soit à la personnalité et à la dignité de nos collaboratrices et collaborateurs.»

«
Nous procédons actuellement aux vérifications nécessaires
Migros répond aux critiques
»

Le géant orange indique qu’une procédure interne est en cours et explique procéder «actuellement aux vérifications nécessaires.» En juin, le syndicat a déposé une dénonciation pénale pour faits de racisme auprès du Ministère public fribourgeois.

L’inspection du travail fribourgeoise a également été informée, ajoute «La Liberté». Celle-ci indique avoir pris en main ce dossier et chercher des solutions, car sa compétence n’est pas de l’ordre du pénal.

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