En bref
- Une affiche à la gare de Nyon promet que rejoindre paléo en poney ne prend que 15 minutes.
- Avec Horus et Verokio, deux grands et beaux poneys de la région, Blick a testé pour vous.
- A l'arrivée devant l'entrée, les festivaliers ont apprécié la présence des équidés. Mais le moyen de transport, lui, n'est pas particulièrement recommandé.
Comment ça, «15 minutes à poney» pour monter jusqu’à Paléo? C’est une question que beaucoup de festivaliers se sont déjà posée en passant par la gare de Nyon. Juste devant l’entrée de la station du Nyon-Saint-Cergue (le petit train rouge qui mène au festival), une grande affiche jaune indique le temps du parcours jusqu’à l’entrée du festival, à 3 kilomètres de là.
Dix minutes à vélo, ok. 45 minutes à pied, pourquoi pas. Mais seulement un quart d’heure à dos de poney? Un peu ambitieux. Alors ce mardi, premier jour de l’édition 2026, Blick a décidé de prendre cette petite blagounette au sérieux et de la mettre à l’épreuve.
Deux poneys et c’est parti!
Une fois à la gare, nous rencontrons Horus et Verokio: un Irish Cob blanc de 8 ans et un grand poney Connemara de 17 ans, à la robe brune. Patronne de l’Ecurie de la Clairière à Coinsins (VD), Yaelle Dumauthioz a accepté de nous «prêter» deux de ses équidés pour une petite balade.
Pourquoi deux? Car les poneys sont plus tranquilles lorsqu’ils sont en duo. Ses deux apprenties Roxane et Ketsana, plus légères que votre journaliste, chevaucheront pour l’expérience. Une étape inattendue de leur cursus pour devenir professionnelles du cheval.
Il est 14h03, notre petite équipe démarre au petit trot. Si on en croit l’équipe transports de Paléo, nous arriverons devant les portes du festival à 14h18. Rapidement, des festivaliers et des habitants de Nyon nous observent avec curiosité. D’un hennissement, Verokio semble se moquer de nous.
On ne va pas bien vite…
Notre allure est raisonnable, mais ressemble plus à de la marche (presque) rapide qu’à de la course à pied. «Au pas, ils avancent à plus ou moins 5 km/h, estime Yaelle. Et au galop, sur une petite distance, ils peuvent atteindre 20, voire 25 km/h. Mais en ville, comme ici, c’est surtout du bitume. Donc impossible d’aller à une autre allure que le pas.»
La cavalière Roxane est une habituée du festival. «Mais d’habitude, je viens plutôt en bus ou en voiture. Pas sûr que ce soit une bonne idée de venir à cheval», sourit l’apprentie. Sous le soleil, les minutes et les secondes s’égrènent. Nous sommes encore dans les hauteurs de Nyon, en pleine ville, et le chronomètre indique déjà que les 15 minutes sont passées.
Arrivés en lisière de vignoble, nous essayons de les faire courir un peu. A cette vitesse tout du long, peut-être qu’ils auraient pu réussir le défi. Mais impossible pour eux de tenir le rythme si longtemps, même sur de l’herbe. D’autant plus qu’on entame la petite montée qui mène à la plaine de l’Asse.
«Ce ne sont pas des poneys de course», rigole la propriétaire équestre. Ironie de l’histoire, c’est un cheval de course de la région nyonnaise, prénommé Paléo, qui a inspiré Daniel Rossellat et consorts au moment de renommer le Folk Festival.
L’arrivée à Paléo fait son effet
Il est 14h33 et nous arrivons enfin sur la route qui mène à l’entrée du festival. Près d’un rond-point, Horus ne résiste pas à l’envie de lâcher un petit tas de déjections. Nous croisons des bénévoles de l’équipe «Circulation», qui restent incrédules et éclatent de rire lorsqu’on leur explique notre expérience. L’une d’entre eux lance même un coup de talkie-walkie à son responsable, pour être sûre d’être autorisée à nous laisser passer plus loin.
Une petite foule, surtout composée de campeurs et de fans absolus de Twenty One Pilots, sort du train. Direction l’entrée pour tout le monde, nos poneys ont du succès. Les photos et les vidéos se multiplient, un peu comme si une star était apparue. Une festivalière leur offre même une pomme «dont elle n’aura pas besoin ce soir». En contrepartie, elle gagne le droit de caresser leur encolure.
Nous réussissons à nous frayer un chemin jusqu’à devant l’entrée. Au lieu de 15 minutes, nous avons mis… 40 minutes. Presque le triple: autant dire que le jour où les 250’000 festivaliers attendus feront le trajet en poney n’est pas encore venu. D’ailleurs, Yaelle espère que cela n’arrivera pas, pour le bien-être des congénères de Horus et Verokio. Reste à voir si Paléo changera ses affiches.