Collaboration unique
The Cure fait un retour très attendu sur la scène de Paléo

The Cure revient au Paléo ce mercredi pour un cinquième concert sur la Grande Scène de Nyon. Fidèle au festival depuis 1985, le groupe britannique s'inscrit dans une collaboration unique avec les organisateurs.
Robert Smith et son groupe mythique The Cure s'apprêtent à retrouver le Paléo ce mercredi.
Photo: IMAGO/newspix
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ATS Agence télégraphique suisse

Tous les grands festivals rêvent de retrouver leurs têtes d'affiche. A Paléo, The Cure fait partie de ces rares groupes qui reviennent d'eux-mêmes. Mercredi, Robert Smith déambulera sur la Grande Scène du festival nyonnais pour un cinquième concert.

«J'ai programmé le groupe lors des trois dernières éditions où il est venu», explique Dany Hassenstein, directeur artistes & scènes du Paléo mardi à Keystone-ATS. Selon lui, le lien dépasse le simple cadre contractuel. «Le groupe tient à nous voir lorsqu'il vient au festival. Nous avons toujours eu des échanges directs avec Robert Smith et les membres du groupe.»

Cette fidélité se construit aussi en coulisses. Depuis près de trois ans, les organisateurs échangent avec Martin Hopewell, l'agent historique du groupe. «Pendant longtemps, les Cures ne savaient pas quand ils repartiraient en tournée. Chaque année, Martin Hopewell me disait: 'N'oublie pas qu'ils aimeraient revenir au Paléo'», raconte Dany Hassenstein.

Tignasse ébouriffée, khôl et rouge à lèvres

Figure majeure de la new wave, The Cure a construit depuis la fin des années 1970 une identité musicale immédiatement reconnaissable, entre guitares aériennes, lignes de basse hypnotiques et textes mélancoliques. Des chansons comme «Boys Don't Cry», «Just Like Heaven», «Lullaby» ou «Friday I'm in Love» ont fait du groupe une référence mondiale, capable de réunir aujourd'hui plusieurs générations de spectateurs.

Longtemps associé à l'esthétique gothique des années 1980, le groupe connaît depuis quelques années un regain de popularité auprès d'un public beaucoup plus jeune. Sur TikTok, dans les playlists des adolescents ou grâce à des artistes comme Olivia Rodrigo, qui avait invité Robert Smith sur scène au Primavera Sound à Barcelone en 2024, l'univers du chanteur britannique trouve un nouvel écho auprès de la génération Z.

Le groupe ne vit pas uniquement de son héritage. En 2024, il a publié «Songs of a Lost World», son premier album studio en seize ans, salué par la critique pour son atmosphère sombre et contemplative. Robert Smith a également laissé entendre que les tournées pourraient s'achever autour de 2029, à l'âge de 70 ans et 50 ans après le premier album «Three Imaginary Boys», ce qui donne une saveur particulière aux concerts actuels.

Derrière cette nouvelle venue à Nyon se cache une organisation qui fonctionne quasiment sans interruption. Depuis dimanche, les équipes techniques se relaient autour des six scènes.

Un ballet de véhicules

«C'est un véritable ballet de véhicules près de la Grande Scène. Un groupe joue, ensuite on recharge les camions, ils repartent, pendant que ceux du groupe suivant attendent déjà pour décharger», résume le responsable. Au moment de l'ouverture du festival mardi, une douzaine de camions occupaient déjà le site, tandis que l'équipe technique de The Cure devait être accueillie dans la nuit de mardi à mercredi, dès 03h00, afin de commencer le montage.

Le groupe britannique, qui est venu pour la première fois au Paléo en 1985, voyage avec quatre camions transportant notamment ses décors, ses effets de scène, une partie de son éclairage et son matériel technique. «C'est beaucoup, mais ce n'est pas non plus exceptionnel», souligne le responsable, rappelant que la sonorisation principale est assurée par le festival.

La configuration du site impose néanmoins une organisation précise. «La gestion des camions est un vrai défi, notamment parce que les accès sont limités», explique-t-il. «Avec le pont et les voies d'accès, ce n'est pas simple.»

Présent au Paléo depuis début 2000, Dany Hassenstein estime que l'expérience des deux équipes facilite le travail. «On sent clairement l'expérience des deux côtés. L'entourage de The Cure est déjà venu plusieurs fois, donc nous nous connaissons bien. Honnêtement, pour nous, demain sera plutôt une journée tranquille.»

Ces collaborations répétées créent parfois des liens qui dépassent le simple cadre professionnel. «Parfois, de vraies amitiés naissent au fil des concerts. Selon la météo ou les difficultés rencontrées, certaines situations créent des souvenirs communs. C'est aussi cela qui nourrit les relations», confie-t-il.

Après Paléo, The Cure poursuivra sa tournée estivale avec trois concerts dans les arènes de Nîmes, avant de se produire dans plusieurs villes d'Europe et du Royaume-Uni puis de revenir à Paris à la fin du mois d'août.

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