Chaque été, un territoire un peu particulier émerge au cœur de la Plaine de l’Asse. Pendant six jours, Paléo devient la troisième ville romande, avec ses 50’000 festivaliers quotidiens, ses rues de copeaux, ses bars éphémères et ses scènes électrisées. Cette communauté spontanée, où tout est pensé pour vibrer ensemble, mérite qu’on s’y attarde. Cette année, Blick est allé à la rencontre de ces «habitants», pour récolter leurs histoires, leurs rituels… et parfois, leurs souvenirs les plus inattendus.
«Pendant le concert, c’est passé tellement vite… J’ai un peu l’impression d’avoir pris un coup de Neurolaser, la petite machine qui fait tout oublier dans le film 'Men in Black'», raconte Lea Marmolejo. Stagiaire dans l’équipe de production en 2025, la jeune femme de 25 ans a joué un rôle inattendu dans le très attendu concert de Will Smith, superstar américaine.
«Pour chaque date de sa tournée, il cherchait une cinquantaine de personnes pour chanter sur sa chanson mythique 'Men in Black', histoire de créer un moment fort», raconte Lea, redevenue simple bénévole en 2026. Sa cheffe, responsable de prod', a la responsabilité de trouver des danseurs. «Elle a proposé à notre équipe de stagiaires, on était une dizaine, et à un groupe de bénévoles de la Golden Team, l’équipe derrière la Grande Scène.»
Une répétition, et c’est parti!
Le jour du concert, les inexpérimentés danseurs d’un soir reçoivent des instructions à lire. Leur mission: apprendre quelques pas de danse et, surtout, ne rien divulguer de ces manigances. Le dress code? «On devait tous prévoir un costume noir et une chemise blanche avec cravate noire. Et l’équipe de Will Smith fournissait les mêmes lunettes de soleil que dans le film.»
A l’heure du soundcheck, la troupe improvisée a droit à une répétition en présence de l’acteur américain et de ses danseuses – professionnelles, elles. «On était nombreux, il y avait pas mal de gens qui nous encadraient. Et Will Smith était entouré de gardes du corps, se souvient Lea. Bon, les mouvements étaient assez simples à retenir: en gros, on devait être statiques, les bras croisés devant la foule. Et au moment du drop, on sautait un peu partout.»
Sympa, le gars
Et alors, il était comment Will Smith, en vrai? «On n’a pas eu des masses de contact avec lui, mais il avait l’air très sympa. C’était le stéréotype de l’Américain, super friendly et avenant, en mode 'Hey guys, how are you?'» Après une petite photo, tous ensemble avec l’acteur américain, il faut attendre l’heure – tardive – du show.
La tension monte. «On a attendu dans les backstages le temps que la chanson arrive. J’étais méga stressée. Et enfin, on a débarqué sur scène pour faire cette choré. Mais j’ai fait comme un black-out, c’est passé en trois secondes.» Même si le secret était bien gardé, la rumeur d’une surprise avait couru dans les allées du festival et beaucoup ont eu le bonheur de reconnaître leurs potes sur scène.
Une expérience fondatrice
Un moment fondateur pour l’équipe des stagiaires de cette année-là, après des mois de travail. «Pendant toute la préparation du festival, on avait déjà une bonne alchimie. Avoir l’opportunité de finir par un moment aussi fort et fun, sur la Grande Scène devant des dizaines de milliers de personnes, ça a marqué le coup.»
Des bons souvenirs en commun, et des amitiés parties pour durer. «Avec l’équipe des stagiaires, on est resté hyper copains. On se voit encore plusieurs fois par année. Moi qui viens depuis toute petite, c’est le souvenir le plus marquant que j’ai de Paléo.» Désormais, Lea rêve de continuer à travailler dans les festivals «pour vivre chaque année des trucs comme ça, un peu fous».